Covid-19 : l’administration en mode télétravail grâce à des outils mis en place par l’ADIE au Sénégal

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Cheikh Bakhoum, Directeur Général de l'Agence de l'informatique de l'Etat du Sénégal (ADIE)

La lutte contre le Covid19 n’est pas que sanitaire. En cette période, le numérique est d’une grande nécessité aussi bien au niveau de la sensibilisation, de l’information que du mode organisationnel des différents acteurs. L’Agence de l’informatique de l’Etat (ADIE), actrice majeure dans le secteur numérique au Sénégal, a tenu à jouer sa partition dans la guerre contre le coronavirus. Elle a mis à la disposition du ministère de la Santé et de l’Action sociale une plateforme, un chatbot et des outils pour une communication à distance. Ces outils de communication et de coordination permettent aux ministres et aux autorités impliquées dans cette lutte, de voir à distance, ce qui se passe sur le théâtre des opérations. L’ADIE a doté les forces de défense et de sécurité, le SAMU, de téléphones intelligents offrant des options de communication par voix ou vidéo, avec partage de documents et intégration de la géolocalisation.

Dans cette période, le télétravail devient une alternative pour l’administration sénégalaise. Beaucoup d’hôpitaux sur l’ensemble du territoire, sont actuellement interconnectés à l’intranet administratif. Le conseil des ministres est en mode visioconférence depuis l’apparition de la maladie au mois de mars dernier.

Le télétravail au service de l’administration, entretien avec Cheikh Bakhoum, Directeur Général de l’ADIE

Réalisé par Joe Marone à Dakar

Cio Mag : Dans ce contexte de coronavirus, moins de déplacement, contact physique déconseillé, quelle méthode de travail propose l’ADIE ?

Cheikh Bakhoum : D’abord, je dis que notre pays vit une crise sans précédent, une crise qui ne ménage aucun pays. Et aujourd’hui nos États doivent repenser et s’adapter au contexte actuel parce que le travail ne doit pas s’arrêter. Nous devons prendre des initiatives pour permettre aux Sénégalais de continuer les activités. C’est ce que l’État a fait à travers l’ADIE que j’ai l’honneur de diriger. Nous avons proposé un certain nombre d’outils pour permettre à l’administration et au plus haut sommet de l’État de continuer le travail. C’est la raison pour laquelle nous avons initié avec l’accord du président  de la République le smart conseil ou le télé conseil. Ça permet au président d’animer sa réunion hebdomadaire du conseil des ministres en vidéoconférence dans l’intranet administratif avec du très haut débit. Nous avons souvent des rencontres de plus de 9 heures de temps en visioconférence dans les infrastructures de l’ADIE.

Concrètement, dans cette lutte contre le Covid-19, quel est le dispositif  de  riposte ?

L’ADIE depuis quand même plusieurs décennies travaille à digitaliser l’administration, à faire du numérique un levier essentiel de notre développement. C’est à ce titre que  nous avons mis à disposition toutes nos infrastructures pour lutter contre le coronavirus. C’est d’abord toutes les plateformes qui sont développées par les sectoriels. Nous avons par exemple le ministère de la formation professionnelle qui a un outil digital pour permettre aux apprenants d’avoir des cours en ligne « e-jangue ». C’est le cas du ministère de l’éducation, de l’enseignement supérieur. Au-delà d’ouvrir nos plateformes pour l ‘ensemble des ministères, nous aidons les institutions à se doter d’outils permettant de faire du télétravail. C’est ce qui justifie d’ailleurs le lancement de la plateforme téléconférence.gouv.sn. Elle aide dans la vidéoconférence. C’est l’exemple de l’outil optica qui facilite la gestion des projets à distance mais aussi le suivi de l’ensemble des activités des structures, de même que l’usage systématique du e-mail gouvernemental ou administratif dans le but de continuer les échanges au sein de l’administration via la voie électronique de manière sécuritaire sur des plateformes hébergées dans nos data center.

Les téléphones intelligents, la plateforme covid19.gouv.sn, un chabot entre autres outils mis en place, quelle utilisation le citoyen peut en faire dans le cadre de la prévention ?

Aujourd’hui, il faut que l’équipe qui gère la crise sanitaire puisse communiquer.  C’est la raison pour laquelle nous avons mis à sa disposition des outils et autres équipements qui fonctionnent sur de la 4G que nous avons déployée, et qui est un réseau interne sécurisé permettant de partager des textes, des images et des vidéos à temps réel. Objectif, faire en sorte que les autorités administratives puissent prendre les décisions à chaque fois que de besoin. La plateforme covid19.gouv.sn donne aux citoyens toutes les informations relatives au coronavirus, l’évolution, les statistiques, les conseils dans le cadre de la prévention. Notre chatbot est utilisable par les populations qui peuvent avoir des informations utiles et poser des questions par exemple.

Aujourd’hui, on parle de plus en plus de demandes pour les autorisations de déplacement, mais puisque le contact direct est déconseillé, l’attestation numérique  peut-elle être une alternative ?

Là, nous remercions le ministère de l’intérieur qui travaille avec nous déjà. Ses équipes, ses informaticiens collaborent avec les nôtres. Nous avons formé une task force pour développer la plateforme en ligne que nous allons lancer très bientôt pour les citoyens qui vont se déplacer malgré le couvre-feu et l’état d’urgence. Donc les demandes pourront se faire en ligne. Nous allons nous interconnecter directement aux bases de données des passeports ou de la carte nationale d’identité pour les vérifications. Le citoyen demandeur pourra se faire délivrer par les autorités compétentes comme les préfets, les gouverneurs, le ministère de l’intérieur, l’attestation qui donne droit à la circulation des personnes autorisées. Le lancement de cette plateforme est prévu la semaine prochaine.

Cheikh Bakhoum, Directeur Général de l’ADIE, merci d’avoir répondu à nos questions.

Je vous remercie et je demande à l’ensemble des Sénégalais d’être extrêmement vigilants parce que la maladie est grave, et à notre niveau même si la situation est maitrisée, nous ne devons pas baisser les bras.

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