Covid-19 / Sénégal : le contrôle de la mobilité et des tests massifs pour faire face à la pandémie (rapport)

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(Cio Mag) – Avec plus de 1 million 600 mille personnes contaminées et plus de 95 mille 800 morts dans le monde, la pandémie de Coronavirus devient la crise sanitaire la plus importante du troisième millénaire. A travers le monde, chercheurs, décideurs, acteurs de tous ordres se mobilisent pour explorer les pistes de solutions. Dans cette lutte, la rapide propagation du virus du Covid-19 est un facteur aggravant de la situation. Transmis d’homme à homme, le Covid-19 se révèle donc comme une véritable menace pour la race humaine. Au Sénégal, 250 cas sont recensés avec deux morts sur 123 rétablis. C’est dans ce contexte qu’un rapport vient proposer des voies de gestion de la crise. Il est produit par un statisticien et un élève ingénieur. De leur analyse, il ressort que la mobilité reste un réel véhicule du virus.

Dans un rapport d’une dizaine de pages, Amsata Niang, statisticien consultant à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à Rome, et Ndiaye Dia, élève ingénieur à l’Ecole polytechnique de Paris, exposent les résultats de leurs simulations basées sur des données de la pandémie au Sénégal. A travers des exercices mathématiques de modélisation, les auteurs du rapport ont dégagé des idées claires pouvant aider à lutter contre la propagation du virus. « Coronavirus au Sénégal : quels modèles mathématiques et quel rôle pour le numérique dans le plan de riposte national ? » C’est le titre de leur œuvre.

Les villes urbaines particulièrement exposées

Sans disposer des données les plus exactes possibles (à cause du faible taux de dépistage) au Sénégal comme dans d’autres pays, l’analyse d’Amsata et Dia montre à suffisance la vulnérabilité des villes urbaines. Cette situation s’explique par la densité de celles-ci, synonyme de fortes interactions. Que ce soit par la mobilité ou les habitudes quotidiennes, les habitants des centres urbains sont les plus exposés à la contamination au Covid-19.

L’impact de la mobilité reste tout de même fonction des villes et varie donc d’une ville à une autre, souligne le rapport. Ainsi, les deux chercheurs font observer qu’ « une subdivision compartimentale de la population dans des endroits clés, ou la prise de mesures draconiennes pour freiner la mobilité, peut être déterminante » dans la gestion de cette crise sanitaire du Covid-19. Ce que propose le rapport, c’est aussi la prise en compte des réalités socio-économiques de chaque région. Et c’est en cela que la gestion de cette crise s’avère particulièrement compliquées dans des pays comme le Sénégal. Car, le défi reste de lutter contre le virus tout en continuant par assurer le bien-être social et préserver autant que possible les emplois et donc l’économie fortement dominée par l’informel.

Des tests à grande échelle pour être efficace

Maîtriser l’expansion du Covid-19 est un challenge pour tous les pays. Dans leurs recherches, Amsata Niang et Ndiaye Dia ont simulé une vitesse de contamination sur la base selon laquelle une personne contaminerait en moyenne cinq autres. « Comme nous pouvons le voir, si des mesures barrières limitant les interactions entre les personnes ne sont pas prises et respectées, plus de 60% de la population de la ville considérée peut être infecté au bout de 50 jours pour R0 (nombre de personnes contaminées par une autre) = 10, alors que pour R0 = 5, il n’y a que 50% qui est infecté », démontre le rapport. « À ce stade, une stratégie qui serait intéressante est de tester massivement la population », insistent les auteurs ; en précisant que « le nombre de cas déclarés positifs est fortement corrélé avec le nombre de tests réalisés ». Face au manque de statistiques précises, le mal risque de se généraliser à une vitesse exponentielle, surtout qu’il existe des personnes asymptomatiques.

L’anticipation exigerait alors que le Sénégal aille au dépistage de masse. Cette stratégie permettra de classifier la population comme le propose ce rapport dans sa modélisation. Selon le rapport, le modèle consiste à subdiviser la population totale de chaque ville en cinq groupes :

S : le groupe des Sains regroupant l’ensemble des personnes saines dans la population considérée
C : ce compartiment regroupe toutes les personnes susceptibles d’être porteuses (contaminées) ou capables de développer des symptômes, car ayant été en contact avec une personne infectée.
I : le compartiment des Infectés regroupe l’ensemble des personnes testées positives
R : les Rétablies qui sont l’ensemble des personnes guéries après avoir été infectées
F : le groupe des cas critiques (fatal) regroupant les personnes déclarées positives et développant la forme la plus grave (fatale) de l’infection.

Cette subdivision pourrait être le point de départ de la définition d’une stratégie optimale de lutte contre le virus.

Souleyman Tobias

1 commentaire

  1. Qu’en est-il du test mis au point par l’institut Pasteur de Dakar début mars ? Qu’en est-il des association telle que le COFLEC qui au plus près de la population œuvre pour lutter contre la pandémie ? Qu’en est-il des tailleurs qui cousent des masques ? Et qu’en est-il de l’intérêt que porte la France à tous ces efforts ? J’ai un peu honte de mon confort

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