Dioully Oumar Diallo : une entrepreneuse en lutte pour les droits de femmes en Mauritanie

L’ingénieure de 40 ans se bat au quotidien pour aider les femmes de son pays. Elle a développé une application mobile pour assurer les déplacements des femmes mauritaniennes. Et a aussi créé une association qui dispense des cours d’autodéfense.  

Née à Nouakchott, Dioully Oumar Diallo a fait ses études secondaires au Sénégal, où elle a obtenu son diplôme d’Ingénieure en Réseaux et télécommunications, à l’université de Dakar. À son retour au pays, en 2012, la capitale est frappée par une série d’évènements tragiques au cours desquels des femmes sont kidnappées, violées et parfois tuées. Elle prend alors conscience qu’elle peut aider ses compatriotes à éviter de telles situations. « J’avais des petites sœurs qui allaient à l’école, je m’inquiétais. Ma mère s’inquiétait. Il fallait que je réagisse ».   

A l’origine de son engagement militant, la conception d’une solution technologique pour sécuriser les trajets des femmes mauritaniennes. Grâce à sa formation d’ingénieure télécoms, elle créée « Taxi Secure ». L’application gratuite permet, depuis un téléphone portable, d’identifier un taxi grâce à la plaque d’immatriculation, d’envoyer rapidement un message d’alerte si le chauffeur devient menaçant et de géo-localiser le véhicule. « Taxi Secure » remporte le Prix de l’engagement associatif de l’ambassade de France, puis se distingue lors d’une compétition organisée par Hadina Rimtic, un incubateur de projets technologiques et innovants en Mauritanie.   

Mais, Dioully Oumar Diallo ne tarde pas à identifier les limites de son application mobile. Toutes les femmes mauritaniennes n’ont en effet pas accès à Internet ou ne disposent pas d’un Smartphone. Ce constat la pousse à imaginer une solution alternative. En 2016, elle crée « RIM Self Defense », une association qui dispense des cours d’autodéfense aux femmes et aux jeunes filles pour qu’elles puissent parer aux agressions.  

Dioully Oumar Diallo milite activement pour favoriser un accès équitable aux TIC aux jeunes femmes. Elle est membre de l’ONG InnovRIM, qui œuvre à la promotion de l’innovation technologique en Mauritanie.