e-Commerce : quand l’art camerounais fait recette sur la toile!

(CIO Mag) – Ils sont plus de 70 artisans qui ont déjà reçu les revenus de la vente de leurs œuvres sur la plateforme e-commerce rendu à cette date au quartier Bastos à Yaoundé Princesse Botinyui rêve du fond de sa galerie d’art conquérir le monde avec ses œuvres. Elle vient en effet de remporter pas moins de 250 mille FCfa grâce à la vente en ligne de ses produits exposés sur le site e-commerce cameroon.galery.com en deux mois seulement d’activités. Une recette qu’elle estime ne pouvoir jamais réaliser en boutique. « En ligne, ça s’écoule vite », témoigne-t-elle. Il faut par exemple à peu près cinq mois puis pour écouler ses chapeaux de plumes, alors que la galerie virtuelle a réussi l’exploit de vendre beaucoup d’exemplaires en l’espace de deux mois. Un autre artisan, Bernard Visoh, a aussi déjà perçu les premières retombées de la vente en ligne de ses tabourets fabriqués à base du Kodia. Un bois qu’il prélève dans son Nord-Ouest natal. Pour comprendre ce succès, il faut recourir aux prix pratiqués sur la plateforme. Le chapeau à plumes de pintades coûte 100 mille FCfa sur la toile alors qu’il faut débourser 150 mille FCfa pour l’acquérir en boutique. Le tabouret royal dont le coût s’élève à 49 dollars coûte beaucoup plus cher dans la boutique de Princess. La raison : tenir une galerie d’envergure dans un quartier huppé que Bastos nécessite certainement de gros investissement notamment pour le loyer, les impôts, les factures d’électricité. Ce qui n’est pas forcément le cas sur la toile.

Il faut souligner que plus de 70 artisans ont déjà reçu les revenus de la vente de leurs œuvres sur la plateforme e-commerce à la date du 23 janvier 2017. C’est presque 75% des produits qui ont été écoulés sur la galerie virtuelle depuis son lancement en octobre 2016 par Bridge Africa Group Initiave, l’organisation qui pilote ce projet sous l’encadrement du ministère des PME, de l’Economie sociale et de l’Artisanat (Miinpmeesa). Les Etats-Unis sont la principale destination de ces objets d’art fabriqués au Cameroun et vendus sur cette plateforme. Les clients peuvent commander en ligne et faire l’expérience de visiter le magasin de Bidge Africa Group initiative dans l’Etat de l’Illinois aux États-Unis. Les objets d’art sont collectés et rassemblés avant d’être acheminés via les bateaux au destinataire final. Toute cette logistique est prise en charge par le Minpemeesa. Ce dernier prélève 5% du montant total des ventes et les reverse au Trésor public. Tout ce que l’artisan a à faire c’est de fabriquer ses œuvres, s’inscrire sur la plateforme et les acheminer au point de ramassage.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que du réel au virtuel, il fallait faire le pas. La plateforme accessible en ligne à l’adresse www.cameroon.gallery.com et qui se donne pour slogan « achetez l’Afrique en miniature » propose une diversité d’objets d’art issus des cultures camerounaises. Le chapeau à base de plumes, le tabouret royal, le sac à dos fait à base de tissu local, les fourchettes et cuillères en bois sont soigneusement exposés sur la plateforme. Le visiteur peut opter pour une catégorie particulière, à savoir l’l’habillement pour hommes, femmes ou enfants, les fournitures, la décoration, et les sculptures. Sur chaque produit, figurent le prix et le nom de l’artisan accompagné de sa photo. Dans la rubrique « Meet the Artists », les artisans prennent la parole, se présentent et expliquent leurs procédés. La galerie se présente en effet comme le premier site e-Commerce qui relie directement à l’artisanat d’origine camerounaise. Il est question de promouvoir l’art local dans le monde grâce à Internet, expliquent les responsables de la plateforme de commerce électronique. Bridge Africa Group initiative demande un certain nombre de pièces pour enregistrer l’artisan sur la plateforme.

Selon le ministre des PME, de l’Economie sociale et de l’Artisanat, les objets sélectionnés sont perquisitionnés par le ministère des Arts et de la Culture afin de mettre de côté ceux qui représentent le patrimoine culturel. Maxime Moffet, responsable de la galerie, précise que ce sont les artisans qui fixent eux-mêmes les prix de leurs produits. Mais la galerie veille à ce que ces prix soient raisonnables, ceci pour écouler les marchandises le plus vite possible et éviter de stocker sur une longue période. Sur la toile, il y a la concurrence d’autres sites qui proposent des objets d’arts d’autres pays. Cameroon Gallery a donc du pain sur la planche pour parvenir à imposer l’art camerounais.

Jean-Claude NOUBISSIE, Cameroun

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