E-conf Challenge : formation et E-learning en Afrique au programme

Comment le digital transforme la formation en Afrique ? La réponse a été fournie le 17 juin, lors de la dernière édition de l’E-conf Challenge sur « L’e-learning et la formation en Afrique ». Un panel de spécialistes s’est exprimé sur le thème lors du rendez-vous virtuel autour des tendances du digital sur le continent africain, organisé par Cio Mag.    

(Cio mag) – La crise sanitaire mondiale liée au Covid-19 n’en finit pas et ses conséquences sont désastreuses, mais parfois aussi opportunes dans le domaine du digital. Ce qui n’était alors que tendance a été amplifié et les réflexions sur les manières de les aborder se sont multipliées, voire améliorées. A commencer par le E-learning, une méthode convenant à la distanciation sociale et qui est requise dans le contexte de prévention sanitaire pour assurer la continuité éducative.   

Sur le sujet du E-learning, une tribune d’experts a pris la parole le 17 juin. Parmi eux, Abossé Akue-Kpakpo, Directeur de l’Economie numérique à la Commission de l’UEMOA, Salah Baïna, Chercheur et Consultant en transformation numérique, Trésor Bapre, Cofondateur de Sewelo Africa Digital Training et Adnane Ben Halima, Vice-président chargé des relations publiques de Huawei Northern Africa Region. La modération a été assurée par Mohamadou Diallo, Fondateur de Cio Mag.  

« Avec la crise, le format du E-learning est passé d’un « Nice to have » à un « Must have », grâce auquel les universités ont assuré la continuité pédagogique. La formation est en train de changer complètement. Elle a profondément été touchée par la digitalisation et c’est du jamais vu », a déclaré Salah Baïna. A plusieurs reprises, il a pris la parole pour expliquer cette métamorphose et a reconnu que le digital offre une nouvelle façon d’étudier. De son point de vue, le présentiel sera bientôt réservé à l’expérience concrète et au Networking. Pour le chercheur, le contenu même de la formation a changé. Il a été revisité avec de nouveaux outils interactifs digitaux, comme le Learning by doing ou via de nouvelles applications. Salah Baïna estime que les besoins éducatifs des enseignants et des apprenants vont changer après la crise. « La formation traditionnelle n’a plus de sens. Elle ne sera pas restaurée. Apres avoir profité des avantages de l’apprentissage en ligne, les étudiants auront de nouvelles attentes sur le model éducationnel », a-t-il expliqué. « Ce qui va se passer pour l’éducation sera semblable à ce qui se produit au travail. Les gens reviendront pour faire de nouvelles expériences, sinon, ils iront chercher ailleurs. Tel est le nouveau challenge du monde éducatif ».  

Education et formation en Afrique 

Trésor Bapre, Fondateur de Sewelo Africa Digital Training, une start-up éducative du domaine, a également constaté le changement des usages. Il dit du micro learning que c’est « une des meilleures solutions pour intégrer l’innovation ». Pour autant, il constate que les diverses initiatives et solutions employées pour la formation, sur le continent, restent encore traditionnelles. Elles sont soit ancrées dans des pratiques antérieures, soit bloquées par les problèmes structurels du terrain. Et sont donc tournés vers des besoins ou des métiers correspondant aux nécessités antérieures. Pour Trésor Bapre, l’engagement et l’implication des parties-prenantes de l’éducation en Afrique va de pair avec la transformation de la formation.  

« Avec l’éducation digitalisée, les universités africaines devront être au niveau des universités internationales pour rester compétitives », prévient Salah Baïna. « Pour survivre, il faut de nouvelles alliances. L’université moderne doit avoir un partenaire digital et un partenaire télécom ». Pour le Cofondateur de Sewelo Africa Digital Training, il faudra créer du contenu adapté aux organismes de formation, car la conception pédagogique ne s’improvise pas. « L’Afrique a besoin de solutions éducatives digitales basées sur l’apprentissage mobile. C’est ce que permet Sewelo. Les utilisateurs accèdent à des microformats de formation téléchargeables sur mobile ».  

Pour Huawei, représenté par Adnane Ben Halima, la conception du développement de la formation en ligne nécessite l’assurance d’un accès équitable pour tous et l’implication des infrastructures pour cette démocratisation. Pour accompagner cette transition numérique et amorcer ce processus, il faudra un appui politique très fort et clair dans plusieurs secteurs. « Pour la transformation digitale d’un pays et pour empêcher les gros clivages, tout doit se baser sur une stratégie claire. L’appui politique est nécessaire pour préparer les pays et rester compétitif sur le marché international ».  

Recherche & Développement 

Le responsable du groupe chinois, leader mondial des technologies, a exposé les actions entreprises et réalisées par Huawei dans le domaine de la formation en ligne. « Plus de 94 000 ingénieurs font de la R&D chez Huawei et 20 milliards dollars sont dépensés chaque année. Nous croyons énormément à la recherche et à la formation. Notre engagement a impacté positivement le système dans lequel nous évoluons. Nous avons lancé un bon nombre de projets éducatifs, lesquels sont à présent vulgarisés et devenus tendance. Notre vision est de préparer le terrain au profit de tous ». Adnane Ben Halima a confirmé que Huawei prenait très au sérieux sa « première responsabilité de continuité et de qualité de services ».  

Abossé Akue-Kpakpo, Directeur de l’Economie numérique à la Commission de l’UEMOA, s’est dit préoccupé par l’accès des populations aux cours en ligne. Et par les moyens qui leur permettent d’y accéder. Il entrevoit d’ores et déjà le risque possible « de creuser davantage le fossé entre ceux qui auront les moyens de suivre des cours en ligne et ceux qui ne l’auront pas ». Ses diverses réactions ont également permis de découvrir la stratégie de l’UEMOA en faveur de l’apprentissage en ligne et les actions y afférentes. « Nous travaillons sur deux volets. D’abord sur un programme d’assistance à l’enseignement supérieur, conçu en six ans, qui a permis d’interconnecter une cinquantaine d’institutions d’enseignements supérieurs en les mettant en réseau. Ensuite, sur le projet d’appui au développement des technologies de l’innovation, dans le cadre de la mise en œuvre du format LMD dans les universités. Nous avons dialogué avec les Etats et les opérateurs pour que le coût d’accès au haut débit soit plus compétitif pour les universités et les étudiants. Et avons négocié jusqu’à 30% de réduction avec les Fournisseurs d’accès internet. »  

L’E-conférence Challenge sur « L’e-learning et la formation en Afrique » a donné l’occasion aux intervenants et aux participants de s’entretenir sur bon nombre de sujets. Fetah Ouzzani,  un professionnel de l’Industrie Electronique et Telecom sur le marché opérateurs et les grands comptes en Europe et Maghreb, a pu apprécier le « formidable outil » qu’est le digital pour la multiplication et la facilitation. Le public connecté a également répondu au sondage traditionnel de Cio Mag. Sur 20 votants, 53% préfèrent la formation en ligne au présentiel et 95% ont déjà suivi des cours à distance.  

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Aurore Bonny

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