Economie mobile / Afrique de l’Ouest : « Le marché devrait se stabiliser mais l’horizon reste incertain »

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(CIO Mag) – La contribution vitale de l’écosystème mobile à la croissance économique, au développement social et à la création d’emplois en Afrique de l’Ouest est soulignée dans le dernier rapport de la GSMA intitulé « L’économie mobile, Afrique de l’Ouest 2019 – The Mobile Economy, West Africa 2019 », présenté en marge du « Mobile 360 – Afrique de l’Ouest » qui a eu lieu du 16 au 17 avril à Abidjan. S’il note une amélioration des perspectives macroéconomiques de la sous-région, il observe cependant que « les pressions financières se poursuivent ».

Le Nigeria et la Côte d’Ivoire sous les projecteurs

« Le marché devrait se stabiliser mais l’horizon reste incertain », peut-on lire dans ce rapport qui place le Nigeria et la Côte d’Ivoire sous les projecteurs, notamment dans le domaine des services financiers mobiles.

« Pendant des années, la Banque centrale du Nigeria (CBN) a exclu les opérateurs de réseaux mobiles d’offrir des services d’argent mobile dans le pays. Cette politique a eu pour effet une pénétration et une adoption faibles des services d’argent mobile, limitant considérablement les chances d’atteindre l’objectif national d’inclusion financière du Nigeria de 80% d’ici 2020 », constate le rapport. Il ajoute que les réformes réglementaires entreprises en 2018 sont riches en promesses pour changer cette trajectoire. En effet, le nouveau cadre accorde des droits aux opérateurs de téléphonie mobile de participer, par l’intermédiaire de filiales qu’ils peuvent détenir à 100%, pour fournir des services financiers numériques.

« En Côte d’Ivoire, souligne le rapport, l’introduction d’une taxe sur les transactions d’argent mobile risque de compromettre les améliorations obtenues en matière d’inclusion financière et limiter l’impact positif des services financiers mobiles sur la mise en oeuvre de la stratégie de développement du gouvernement ivoirien et sa Vision 2040 et la réalisation des ODD en Côte d’Ivoire. » Pour la GSMA, au lieu de taxer l’argent mobile, le gouvernement peut encourager les paiements de gouvernement à personne (G2P) et d’entreprise à personne (B2P), ce qui pourrait générer environ 1,3 million de nouveaux comptes d’argent mobile d’ici 2020.

Abonnés mobiles

Selon les données tirées du rapport, il y avait 185 millions d’abonnés mobiles uniques en Afrique de l’Ouest, à la fin de 2018, soit une augmentation de près de 10 millions par rapport à l’année précédente. Plus de 60 millions de nouveaux abonnés sont annoncés d’ici 2025 dont la moitié viendra du Nigeria.

Internet mobile

Les indicateurs de la GSMA soulignent, par ailleurs, que la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est en tête des autres sous-régions dans l’adoption de l’internet mobile. Plus de 80 millions de personnes supplémentaires utiliseront l’Internet mobile d’ici 2025. La 3G s’impose en 2019 comme la technologie la plus utilisée pendant que la 4G prend son élan : le nombre de connexions en 4G surpassera celui en 2G. Les connexions par smartphone vont plus que doubler au cours de la même période.

Montée de la Fintech

Le développement de la finance digitale a été sondé par les spécialistes de la GSMA qui observent que les nouvelles entreprises de technologie financière ont tendance à venir concurrencer et offrir une alternative aux services financiers existants tels que le crédit, les hypothèques et les assurances, afin de fournir des services plus efficaces et de réduire les coûts pour les utilisateurs finaux.

Selon la GSMA, le Nigeria possède l’un des marchés de la fintech les plus actifs dans toute la région de l’Afrique subsaharienne. D’autres pays d’Afrique de l’Ouest, notamment le Ghana et le Sénégal, observent des tendances similaires dans le paysage des technologies financières.

Au total, l’augmentation du nombre de propriétaires de téléphones mobiles et la migration continue vers les réseaux et les services mobiles à haut débit dans la région entraîneront une hausse régulière de la contribution économique de l’écosystème mobile au cours des prochaines années, hausse qui devrait atteindre près de 70 milliards de dollars (9,5 % du PIB) d’ici 2023. En 2018, elle a été de 50 milliards de dollars.

L’écosystème mobile a également généré 1,6 million d’emplois (directs et indirects) et a apporté une contribution substantielle aux finances publiques , plus de 4 milliards de dollars ayant été collectés grâce à la fiscalité par le biais de taxes sur les consommateurs et les opérateurs.

Anselme AKEKO

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