FinTech et open banking : vers une DSP2 « Tunisifiée »

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(De g. à d.) Kais Sellami, Président de la Fédération Nationale du Numérique, Samir Majoul, Président de l’UTICA, Marouane Abbassi, Gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie, Habib Debbabi, Secrétaire d'état à l'économie numérique, Ahmed El Karm, Président de l’Association Professionnelle Tunisienne des Banques et des Établissements Financiers.

La 2ème version de la directive européenne sur les services de paiement (DSP2) est entrée en vigueur le 13 janvier 2018. Toutefois, les clauses de la DSP2 obligeant les banques à ouvrir les données de leurs clients à des intervenants tierces, le plus souvent des FinTechs, ne font pas l’unanimité. Les grandes banques historiques font de la résistance. En attendant, des voix s’élèvent en Tunisie pour prêcher en faveur d’une DSP2 « tunisifiée » permettant d’accélérer la croissance de l’écosystème des FinTechs tunisiennes et d’offrir aux clients des solutions et des services plus innovants.       

(CIO Mag) – La Fédération Nationale du Numérique a co-organisé avec la Banque Centrale de Tunisie et l’Association Professionnelle Tunisienne des Banques et des Etablissements Financiers, le 9 octobre au siège de l’UTICA, une conférence sur le Digital Banking afin de discuter du Decashing, du mobile payment et de l’open banking. Dans ce cadre, des voix de la FinTech Tunisienne se sont élevées pour réclamer l’adoption d’une réglementation à la DSP2, et ce pour booster la FinTech Tunisienne.

En effet, certains volets de la DSP2 obligent les banques à fournir l’accès aux données de leurs clients à deux sortes d’intervenants tierces qui sont (i) les initiateurs de services de paiement (PSP en anglais, citons Bankin’, Hipay ou Paypal) qui jouent le rôle d’établissement de paiement et (ii) les agrégateurs de comptes qui offrent des services internet et mobile qui permettent de gérer d’une manière centralisée plusieurs comptes issus de différentes banques (exemples Fido, Figor, Xignite).

Les agrégateurs offrent, également, aux clients et / ou aux banques, des services innovants et à forte valeur ajoutée en matière d’accès aux données bancaires. Cette valeur ajoutée est basée essentiellement sur des technologies avancées comme l’Intelligence Artificielle, le datamining, le big data, etc., et est portée, justement, par les FinTechs.

Khaled Triki, fondateur de MPSoft et modérateur du panel sur l’open banking a lourdement insisté sur le rôle crucial que doit jouer la banque centrale de Tunisie dans la mise en application imminente d’une directive inspirée de la DSP2. Ceci permettra aux banques tunisiennes de sortir de leur isolement et de s’ouvrir sur leur environnement immédiat et global.

Il a souligné que certaines banques continuent à s’équiper de solutions fermées ! En effet, pour ouvrir leurs comptes clients, les banques devront soit « retoucher » leurs services web existants, soit créer un middleware Banques / Agrégateurs – initiateurs, consistant en une API (Application Programming Interface) assurant d’une manière sécurisée les opérations de lecture et d’écriture sur leurs bases de données. Se pose alors la question de standardisation de ces API.

A cette question, Olivier Thirion de Briel, Global Solution Marketing Director chez HID Global, et membre du pannel susmentionné, a insisté sur l’importance d’opter dès le départ pour une API standard, réunissant toutes les banques autour d’un même Framework technique. Ceci facilitera la tâche aux FinTechs et évitera l’éparpillement des efforts de développement.

Il a cité à ce sujet l’expérience anglaise qui a opté pour une API standard pour l’open banking et a souligné que l’Europe va revenir, sans doute, prochainement sur sa décision de laisser chaque banque décider de sa propre API. Il a également soutenu l’idée de recourir à une DSP2 « tunisifiée » pour ne pas « réinventer la roue » tout en évitant de faire un copier-coller puisque les problèmes et les contraintes des banques européennes ne sont pas celles des banques tunisiennes.

La balle est donc dans le camp de la Banque centrale de Tunisie et des banques tunisiennes qui doivent statuer au plus vite sur cette question puisque le train de la technologie n’attendra pas.

Faouzi Moussa, Tunisie

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