Francis Meston, ATOS : « La blockchain pourra être une chance pour l’Afrique »

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Francis Meston – Directeur Exécutif de ATOS

(CIO Mag) – Du 1er au 3 décembre 2017, Abidjan la capitale ivoirienne a abrité la 3e édition du Land African Business. Ce rendez-vous portait sur le thème : Bancarisation, du cash à la banque avec un panel sur « la blockchain, un graal pour l’Afrique ». En introduisant cette thématique, le vice-président Exécutif de Atos, Francis Meston, est revenu sur cette technologie qui tend à révolutionner plusieurs secteurs. Dans son mot introductif des échanges autour de la thématique, Francis Meston s’est appesanti sur les crypto monnaies notamment le bitcoin. Le vice-président Exécutif de Atos à démystifier la technologie de la blockchain pour ouvrir un débat accessible à tous sur cette technologie. Comme l’indiquait le thème, sur le continent africain, la blockchain reste encore une technologie étrange, inaccessible et entourée de tous les mystères. Ce qui amplifie la méfiance vis-à-vis de cette technologie qui aurait pu révolutionner le continent. Comment alors permettre à l’Afrique de bénéficier de cette technologie ? En de termes simples et clairs, Francis Meston a peint le tableau. « Le bitcoin qui était à 1000 dollars début d’année est passé cette semaine (ndlr : la semaine du 1er au 3 décembre), à 10.000 dollars », pouvait-il lancé à la salle dès les premiers propos. De quoi susciter tout de suite la curiosité et capter l’attention de son auditoire.

Faire tomber les préjugés autour des crypto monnaies

Selon Francis Meston, « la blockchain finalement c’est quelque chose d’assez simple, c’est un protocole informatique. Ce n’est rien d’autre qu’un programme informatique entièrement exécutable automatiquement. Il a une particularité, c’est qu’il permet d’exécuter les transactions de pairs à pairs ; c’est-à-dire, d’ordinateur à ordinateur.» Une notion que le conférencier voulait simple pour faire tomber les appréhensions. Avec la blockchain, et donc la crypto monnaie, « les échanges sont facilités, souligne Francis Meston, car dit-il, ce qui est énorme, c’est que la blockchain devient significative au niveau mondial. Le bitcoin va même plus loin dans les échanges, parce que le but d’une monnaie, c’est de faire des échanges ». Et d’ajouter : « Le volume journalier d’échanges atteint plus de 20 à 25 milliards de dollars. » Un volume qui était de moins de 20 milliards en janvier et qui, aujourd’hui, est à 320. « Le volume, c’était quelques centaines de millions par jour ; aujourd’hui, c’est plus de 20 à 25 milliards par jours. Multiplier par 365 jours par an, c’est mille milliards par an ; c’est le PIB des Etats-Unis », a fait observer Francis Meston.

Les chiffres qui devraient convaincre en Afrique : 600 milliards de dollars de PNB supplémentaires

Si l’Afrique pouvait se saisir de la technologie de la blockchain et utiliser les crypto monnaies (il y en a environ 700, même si l’on ne parle plus souvent que du bitcoin) ; alors Francis Meston dit croire que d’ici 2025, le continent pourrait se faire 600 milliards de dollars de PNB supplémentaires. Ceci, parce que la blockchain est une puissante technologie qui facilite le paiement électronique. Et l’Afrique mise en ce moment sur le mobile money et donc le Mpaiement. Sur les 22,5% du PIB mondial venant du paiement mobile, l’Afrique à elle seule fait 5%, a fait remarquer Francis Meston ! La crypto monnaie accélère le paiement mobile et accélère par ricochet la bancarisation. L’Afrique enregistre un faible taux de bancarisation. La blockchain avec la crypto monnaie est une solution qui permet d’inclure un plus grand nombre de personnes dans le système bancaire. Conséquence, l’économie du continent sera dynamisée.  « C’est tellement simple qu’aujourd’hui le code source est en open source et tout le monde peut y avoir accès. Le bitcoin est la première blockchain que vous connaissez tous ; la blockchain, c’est 80 mille lignes de codes ; ce n’est pas grand-chose ; tous en open source. Des techniques de biométrie, de cryptologie, d’authentification…des techniques d’action par consensus », rappelle le vice-président Exécutif d’Atos pour inciter toutes les startups, les jeunes entrepreneurs et développeurs de solutions à se saisir de cette opportunité et à créer des solutions innovantes pour le continent. Et il poursuivra, toujours persuasif : « La blockchain, c’est la technique qui vous permet de sécuriser, de certifier les transactions sans intermédiaire, de façon automatique, ça permet de réduire les coûts. Un virement, c’est peut-être 0,1% sur une bockchain. »

La cybercriminalité n’est pas une menace fatale pour la blockchain

Sur le continent, la crise de confiance peut être identifiée comme un frein à l’essor de la blockchain. Mais Francis Meston dont la société est l’une des championnes de la sécurité rassure : « L’aspect de cybercriminalité, c’est un fléau, mais ce n’est pas une fatalité. On sait s’en protéger. Et de donner un exemple concret avec la maitrise des attaques lors des JO.  Depuis les années 2000, Atos est le partenaire informatique des Jeux olympiques. A ce titre, le groupe dirigé par Thierry Breton, s’occupe de toute l’informatique des J.O. De Barcelone, à Rio en passant par Pékin, Sotchi, Vancouver ou encore  Londres, il n’a jamais été question de faire recourir le 100m aux champions, parce qu’il y avait un hacking des chronomètres ou des transmissions », se félicite Francis Meston. Si un tel résultat est atteint, c’est parce que le niveau de maitrise des risques de cybercriminels assuré par Atos est quasi infaillible. Pour conclure, il invite les jeunes et les startups à s’intéresser davantage à cette technologie. « La Blockchain est un terreau à startups, parce que d’abord c’est en open source, et les développeurs de solutions n’en demandent pas mieux », insiste Francis Meston qui reste d’avis que « la blockchain peut transformer toutes les industries : l’énergie, la distribution de la musique, de l’immobilier etc…. C’est un enjeu pour des startups, pour des entreprises, de venir avec des idées nouvelles, quelques soient les industries et de proposer des changements. La blockchain pourra être une chance pour le monde, et encore plus une chance pour l’Afrique », a-t-il conclu.

Souleyman Tobias, avec l’équipe de Cio Mag à Abidjan

 

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