Les rêves de Silicon Valley africaine d’un ministre sud-africain

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David Makhura, premier ministre du Gauteng dans le nord de l’Afrique du Sud (photo), vient de dévoiler ses ambitions et stratégies pour faire de la province qu’il dirige, le pôle des industries de pointe dans le continent, « une plaque tournante des compétences de la quatrième révolution industrielle et un centre d’excellence pour les percées de l’économie numérique telles que l’intelligence artificielle, la crypto-monnaie et le big data ».

(CIO MAG) – C’est lors de son allocution sur l’état de Gauteng, hier, sur le campus de l’Université de Johannesburg à Soweto que le ministre Makhura a exprimé son projet de déployer une couverture large bande d’un mur à l’autre sur tout le territoire en privilégiant les communautés défavorisées.

D’après lui, l’investissement dans la connectivité internet augmentera le PIB de 1,5%, améliorera la prestation de services aux citoyens, créera de nouvelles industries et fournira de nouvelles plateformes aux petites entreprises pour leur permettre de s’intégrer à l’économie traditionnelle. Il a aussi annoncé que les années à venir verront une infrastructure élargie et des offres du Gauteng Innovation Hub pour la relance du développement de l’économie de cette ville qui, pour lui, deviendra la Silicon Valley africaine.

Rappelons que ledit Hub a été développé pour créer un espace unique permettant de réunir des entrepreneurs de haute technologie, des industriels, des universitaires, des chercheurs et des investisseurs en capital de risque. Il vise le développement socio-économique et la compétitivité du Gauteng par le biais de l’innovation.

Stratégie

Afin de mener à bien cette digitalisation, le ministre sud-africain mise sur la création d’un comité consultatif chargé de conseiller le gouvernement provincial. Il a dévoilé qu’à cet effet, Nomantu Nkomo-Ralehoko, la directrice financière du Gauteng présentera dès les 100 premiers jours des travaux, un plan détaillé sur la manière de fournir intégralement des services gouvernementaux sur des plateformes numériques au cours des cinq prochaines années.

A ce sujet, il a également déclaré que dans douze mois il souhaite voir davantage de services publics numériques intelligents et efficaces dans des domaines tels que la collecte des recettes, le paiement des fournisseurs de services dans les 15 à 30 jours, la prestation de services d’éducation et de santé, les services de bibliothèque, la surveillance et le suivi de projets d’infrastructure. Le péage électronique qui n’a pour Makhura aucun avenir pour sa province n’est tout de même pas en reste des préoccupations de ce dernier.

Plus de la moitié des populations n’assurent pas les frais de péage électronique. Lesquels frais sont presqu’intégralement recouverts par le gouvernement avec beaucoup de difficultés. Plus tôt au cours de cette année, l’Agence nationale des routes d’Afrique du Sud avait sous l’impulsion du président Cyril Ramaphosa cessé de courir après les dettes sur l’e-péage.  Une décision qu’avaient salué les autorités de Gauteng, qui aujourd’hui se disent prêtes à contribuer à régler la dette de péage électronique ainsi à se porter garants pour les automobilistes qui rejettent et refusent de payer pour ces péages.

« Premièrement, notre position sur les péages électroniques n’a pas changé. Ce n’était pas pour les élections. Les péages électroniques n’ont pas d’avenir à Gauteng. C’est quelque chose en quoi nous croyons », a déclaré David Makhura.

« Mais en vérité, cette affaire est entre les mains du gouvernement national. Le ministre des Transports et moi-même avons discuté de la manière de faire progresser les travaux du président sur les péages électroniques et il y aura une avancée significative de cette matière », a-t-il ajouté.

En pratique

Concernant l’évolution de la transformation digitale dans cette zone sud-africaine, le ministre a laissé savoir que depuis plusieurs décennies, ses autorités s’emploient à construire une région intelligente dotée d’un écosystème d’innovation.

L’année dernière, le premier ministre Makhura dévoilait déjà que dans le cadre des préparatifs de la quatrième révolution industrielle, le gouvernement de la province du Gauteng a investi des fonds publics dans la création d’une infrastructure à large bande afin d’atteindre l’objectif d’une connectivité à large bande à 100% d’ici à 2020. À cette occasion, plus de 1 500 kilomètres réseau de fibres, avec 1 066 sites d’accès, reliant les écoles, les établissements de santé, les bibliothèques et les centres communautaires avaient été déployés.

Il avait aussi annoncé des alliances nouées avec des innovateurs de pointe basés dans la Silicon Valley à San Francisco, aux États-Unis, dans le cadre de l’amélioration de l’écosystème de l’innovation de sa ville.

Son équipe dirigeante et lui ont également sollicité le soutien de l’Afro-Américain d’origine ghanéenne, Thomas Mensah, un inventeur mondialement reconnu qui a été le pionnier du déploiement de la technologie de la fibre optique dans les systèmes d’information et de communication, à l’origine de la révolution numérique actuelle. « Le Dr Mensah nous aidera à faire passer le Gauteng Innovation Hub au niveau supérieur », avait déclaré Makhura.

Il a cité de nombreux innovateurs dans la ville et des entrepreneurs et hommes d’affaires avec lesquelles ils travaillent pour y parvenir. Il faut dire que pour son territoire, il rêve grand. Notamment d’une économie provinciale où les besoins, les aspirations et les énergies de la majorité de ses populations constituent la force créatrice du changement et de la croissance économique transformatrice. Il dit rêver que les townships soient des espaces où règnent une culture et des économies locales dynamiques soutenues par une infrastructure à la pointe de la technologie.

Aurore Bonny

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