Mpay Forum 2018 : gros plan sur les bourses de sécurité familiale initiées par le Sénégal

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De gauche à droite, Mohamadou Diallo, DG de CIO Mag, président du comité d'organisation du Mpay Forum, Birima Mangara, ministre du Budget du Sénégal, et Saloua Karkri Belkeziz, présidente de la Fédération des technologies de l'information, des télécommunications et de l'offshoring (APEBI).

(CIO Mag) – Invité d’honneur de la deuxième édition du Mpay forum qui se déroule à Casablanca ? Le maître de cérémonie ne l’a pas annoncé comme tel, mais à bien observer l’attention du public, Birima Mangara en était forcément un. Le ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances du Sénégal a fait le déplacement dans la ville portuaire du Maroc pour une présentation sur la digitalisation du paiement de la bourse de sécurité familiale, un mécanisme mis en place par le régime de Macky Sall pour aider les plus démunis. C’est une enveloppe, au total, de 30 milliards FCFA qui est versée à 300.000 familles par le biais de la Poste et du mobile money. « Aujourd’hui, la plupart des personnes reçoivent leurs bourses à partir de leur propre téléphone« , déclare Monsieur Mangara qui précise toutefois qu’avant « l’adoption de la solution technologique, il fallait passer par la Poste ».

Une solution qui fait déjà rêver des pays comme le Maroc et le Congo

Occasion ne pouvait être plus profitable que le Mpay forum, « creuset de réflexion sur les nouvelles technologies de rupture et leur impact social et sociétal sur la population » pour Birima Mangara afin de communiquer sur cette solution initiée par les autorités de Dakar. D’autres pays comme le Maroc et la République du Congo se sont montrés intéressés et pourraient s’en inspirer dans les prochaines années. Le président de la commission Economie et Finances du Conseil départemental et municipal de Pointe-Noire, Albert Saboga, d’ailleurs, ne s’en cache pas. Ce qu’encourage le ministre sénégalais qui note que le « paiement mobile est encore timidement utilisé dans notre administration« , mais tout en reconnaissant que « les préludes sont posés et le démarrage prochain de la phase test de paiement des pensions de retraités de la fonction publique constituera un jalon important dans cet élan« .

La grosse équation marocaine

Le royaume chérifien compte plus de 42 millions d’abonnés au mobile et plus de 20 millions pour l’Internet mobile en plus d’avoir une vocation sérieuse de leader continental en matière de digital et pourtant, le cash y est encore important. D’après la présidente de la Fédération des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring (APEBI) du Maroc, le cash « domine encore nos habitudes » avec un taux de 80 % pour un pays qui dispose d’un important réseau de banques et d’opérateurs télécoms bien implantés en Afrique. Seulement, pour Saloua Karkri Belkeziz, « il n’est jamais trop tard pour bien faire et nous sommes confiants dans la réussite de ce nouveau moyen de paiement, qui, probablement, bouleversera dans un très proche avenir, le paysage du règlement en Europe » en espérant faire du forum « une plateforme incontournable d’échange sur toutes les tendances et nouveautés du mobile banking ».

L’Afrique, très en avance dans le domaine de la digitalisation des paiements

Si le Maroc comme d’autres pays trainent parfois le pas, ce n’est pas le cas pour le grand champion africain, le Kenya, qui a su imposer le respect. Madame Belkeziz a donné l’exemple de la plateforme de paiement mobile M-Pesa de l’opérateur kenyan Safaricom qui a réalisé des « progrès fulgurants » 10 ans seulement après son lancement avec « 24 millions d’utilisateurs, un Kenyan sur deux, et une valeur des transactions de plus de 40 milliards d’euros ». Ce qui fait que le pays est devenu en l’espace de quelques années seulement, le « leader incontesté du mobile payment« . De son côté, Jean-Michel Huet, ancien de France Télécoms, associé BearingPoint, auteur d’un livre sur le e-commerce en Afrique, a mis l’accent sur le secteur du commerce en ligne « où tout est encore à construire » parce qu’il « faut développer les moyens de paiement même s’il ya des choses qui existent déjà et les aspects logistiques et le « comment livrer le client » parce que « envoyer un vrai colis, ça reste une problématique » tout le contraire tant qu’on reste sur la dématérialisation.

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