Sénégal : la 2e conférence des Mardis du Numérique axée sur le rôle de l’Etat dans la transformation digitale

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Professeur agrégé Abdoulaye Sakho

(CIO Mag) – Les Mardis du Numérique se sont poursuivis aujourd’hui après la première rencontre qui a porté sur le e-commerce au Sénégal. Pour cette deuxième conférence, il a été question du rôle de l’Etat dans la transformation digitale. Et le professeur agrégé de droit à l’Université Cheikh  Anta Diop de Dakar Abdoulaye Sakho, qui a prononcé la leçon inaugurale n’y est pas allé par quatre chemins. D’après lui, il existe un véritable gap juridique concernant l’économie numérique puisque la plupart des textes actuels ne prennent pas en charge les dernières innovations. Pour lui, il faut rapidement « se mettre à niveau » en ne se contentant pas de « prendre une norme et de se dire je suis à niveau parce qu’on serait en train de normer un domaine qui évolue très vite ». Ce qui s’impose de son point de vue, c’est « de trouver un moyen de faire en sorte que la norme que l’on va prendre ne soit pas une norme qui puisse être dépassée très vite parce que, en la matière aujourd’hui, c’est un peu comme en matière financière, le droit évolue moins rapidement que la technologie ou que la finance ». L’universitaire a décrit par ailleurs de nouvelles réalités technologiques qui s’accélèrent très vite. Ce qui fait qu’il récuse l’appellation de secteur qui tendrait à en délimiter le champ alors que le digital est partout, dans tous les domaines. Et partant de cette analyse, il a préconisé la mise sur place d’un « ministère transversal » pour prendre en charge cette « économie immatérielle ».

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De son côté, l’administrateur général de Gainde 2000 tout en invitant l’Etat à faire confiance aux nationaux pour l’attribution des grands marchés, a fait savoir que l’expertise existe bel et bien, contrairement à ce que prétendent certaines personnes. Pour le président de l’African Performance Institute, organisatrice des Mardis du Numérique, en tournant le dos au privé national pour des entreprises étrangères soit-disant plus expérimentées, les autorités sénégalaises font un très mauvais choix puisqu’elles ne permettent pas aux acteurs locaux de se fabriquer une expérience solide dans le domaine. Et à son avis, cela ne fait aucun doute, l’Etat ne peut être champion en ce qui concerne l’économie numérique s’il ne participe pas à créer des champions économiques. Il n’a pas manqué de souligner l’insuffisance des moyens mis à la disposition de l’Agence de l’informatique de l’Etat. « Il faudrait que l’Etat puisse de façon volontaire et affirmée donner les moyens à l’ADIE » non sans appeler à la mise au point de « mécanismes pour encadrer les jeunes entreprises numériques, mais également donner des marchés à des entreprises qui sont solidement installées au Sénégal et qui ont vocation à faire de l’exportation ». Une doléance qui interpelle sûrement le représentant de l’Agence pour le développement et l’encadrement des PME (ADEPME). Souhaibou Ndao a profité de la rencontre pour révéler qu’un fonds a été créé dernièrement par la direction pour l’accompagnement des start-up en terme de formation et d’assistance technique notamment.

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