Sénégal : l’ASUTIC pas rassurée par la future loi intérieure qui pourrait surveiller Internet

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Ndiaga Gueye
(Cio Mag) – L’annonce phare du président de la République portant sur un projet de loi concernant la sécurité intérieure avec une surveillance d’Internet est loin de rassurer
l’ASUTIC. Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, l’Association des usagers des TIC parle d’un précédent dangereux pour les libertés fondamentales des Sénégalais. « Ce dispositif légal anti-terroriste, avec de puissants moyens d’investigation, donne la possibilité aux services spéciaux lorsqu’ils disposent d’indices de menace terroriste, d’utiliser des procédés techniques intrusifs de surveillance et de localisation », rappelle le texte, constatant qu’il n’y a « aucun encadrement des mesures intrusives qu’ils peuvent prendre pour neutraliser une menace terroriste ».
Une possible censure d’Internet
Aux yeux du président Ndiaga Gueye (photo), « le mal étant Internet, dès lors, il se pourrait que cette lutte repose sur des dispositifs légaux de censure d’Internet », estimant qu’un « tel texte contiendrait certainement des dispositions extrêmement dangereuses pour nos droits et libertés d’Internet en particulier la liberté d’expression en ligne, le droit à l’accès à l’information, la liberté d’association et de réunion sur Internet ». L’Association des usagers des TIC prévient qu’elle n’accepterait pas que, « sous-couvert de lutte contre le terrorisme », qu’un tel projet de loi, « instrumentalisant la peur », soit concrétisé au Sénégal. L’ASUTIC explique que la définition du terrorisme est « tellement vague » que plus que jamais l’opinion serait fondée à prendre ses distances.
Des tentatives légales de contrôler la Toile
L’association de défense des intérêts des usagers voit dès lors dans le futur projet de loi une tentative à peine voilée de mettre la main sur la Toile, très utilisée par les jeunes au Sénégal, et particulièrement, les activistes et autres entrepreneurs du Web. L’affaire est d’autant plus scandalisante que « les protections associées à nos droits et libertés reculent partout dans ce pays » qui évoquent des cas concrets, « dans la rue, dans la presse et de plus en plus sur Internet », avant de plaider « aussi, si l’on se soucie de nos droits et libertés d’Internet, de préserver un espace où le pouvoir pourra être critiqué, où nous pourrons nous réunir pour débattre et nous organiser, nous devons tous nous mobiliser pour tenir en échec un projet de loi sur la sécurité intérieure qui pourrait être liberticide ».
Elimane, Dakar

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