Sénégal : les opérateurs explorent les SIM virtuelles 

  • Par CIO MAG
  • 10 octobre 2022
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eSIM

Tous les trois opérateurs de téléphonie au Sénégal ont décidé de lancer des SIM virtuelles. Une offre qui ne suscite pas beaucoup d’engouement du côté des consommateurs pour plusieurs raisons.

(Cio mag) – A l’époque des SIM physiques, il faut désormais ajouter celle des SIM virtuelles communément appelées eSIM. L’usager n’est plus obligé d’avoir un téléphone qui prend deux cartes SIM. Il lui suffit juste d’aller chez son opérateur muni de 2000 FCfa pour se voir installer une SIM virtuelle. Aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est le dernier du classement en termes de parts de marchés Expresso qui a ouvert le bal. « Les consommateurs ne voyaient pas trop l’intérêt ou n’avaient pas bien compris surtout que ça venait d’un opérateur dont la couverture du pays reste encore à parfaire. En plus de cela, il n’y a pas eu de réelles campagnes pour vendre l’offre », analyse Bass N’diaye, expert Telecoms qui a expérimenté l’offre. Ce n’était pas mal, dit-il.

Après Expresso, Orange et Free ont suivi. Mais selon l’expert télécoms, l’offre, même si elle comporte des avantages, n’est pas connu. Sur sa page Facebook, il dit recevoir énormément de demandes d’informations. « C’est comme si je devais me substituer aux services clients des opérateurs. Cela prouve qu’ils intègrent cette offre juste pour ne pas être largués par la concurrence. Les sociétés de téléphonie sont par essence très attachées au marketing. Si elles n’estiment pas nécessaires de faire de campagne autour de ça, c’est parce qu’elles n’en attendent pas beaucoup », analyse-t-il. 

Une offre venue trop tard?

Si cette offre semble faire l’affaire de certains usagers de smartphones, c’est bien ceux qui utilisent la marque Apple qui ne commercialise pas souvent les téléphones double SIM. « Je n’avais pas trop compris ce qu’était la sim virtuelle, mais depuis que je l’ai expérimentée, je ne le regrette pas. Je n’utilise qu’un seul Telephone et l’usage est très simple », dit Mame Momar Fall, jeune banquier. 

Mais à y voir de plus près, l’offre ne suscite pas autant d’engouement. Ce, pour plusieurs raisons. Par exemple, beaucoup estiment que la SIM virtuelle n’est pas joignable si la connexion n’est pas activée. Ce qui ne correspond pas avec la réalité, si l’on en croit un agent du service client d’un opérateur.

L’autre souci, selon Seydou Tall, militaire à la retraite, c’est qu’il n’y a pratiquement plus de grandes différences entre les offres des différents opérateurs. « Que ça soit pour les forfaits voix ou internet, les prix ont été considérablement revus à la baisse par tous les opérateurs. Et les tarifs sont les mêmes vers tous les opérateurs. Il n’y a pas trop d’intérêt pour le consommateur de se casser la tête avec les sims virtuelles », analyse-t-il. 

Quoiqu’il en soit, du côté des consommateurs, beaucoup de zones d’ombre subsistent. Et les opérateurs semblent avoir misé sur bien d’autres chevaux. 

Mamadou Diop