SIMA : le digital pour provoquer l’essor des industries musicales africaines

SIMA : le digital pour provoquer l’essor des industries musicales africaines

Mamby Diomandé, co-fondateur du Salon des industries musicales d’Afrique francophone (Sima)

Des acteurs de la culture africaine se sont invités à Abidjan les 17 et 18 novembre, à l’occasion du SIMA 2022 pour discuter des enjeux de l’industrie musicale d’Afrique francophone à l’ère de la digitalisation.

(Cio Mag) – Américano-gabonais, Virgile Boulendet est à la tête de Startosphere Inc. une startup basée à Seattle aux USA. Le cœur de métier de cette jeune entreprise consiste à développer un écosystème digital avec l’objectif d’aider les communautés mondiales à mieux se promouvoir à l’échelle internationale par le brassage culturel. Sa première cible, la musique africaine. Alors que se déroule à Abidjan la 1ère édition du Salon des industries musicales d’Afrique francophone (Sima), il fallait « naturellement » que Virgile soit présent à ce rendez-vous, dit-il, « pour rencontrer d’autres acteurs, faire des contacts et voir comment ensemble projeter la culture africaine et l’entrepreneuriat à l’échelle internationale ».

Provoquer l’essor de la musique

Encourager, provoquer la création et l’essor de la musique africaine, c’est tout le sens du Sima 2022 : « Premier événement dédié à promouvoir la musique africaine et à instaurer une plateforme d’affaires entre des acteurs africains et internationaux », a souligné Me Adama Kamara, ministre de l’Emploi et de la Protection sociale, représentant le gouvernement de Côte d’Ivoire à cette édition.

Le Sima, dira-t-il, « est une invitation à promouvoir une Afrique solidaire et consciente de son immense potentiel, et des défis à relever en matière d’entrepreneuriat, de ses richesses et du rôle désormais clé du digital ».

Sima 2022 – Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire

Tirer profit de la digitalisation

L’ère de la digitalisation : les enjeux pour lindustrie musicale africaine“, c’est le thème qui a réuni durant ces deux jours du Sima, des maisons de production internationales et des distributeurs de musique. A ceux-là, il faut ajouter des médias sociaux, des artistes, des producteurs internationaux et africains, des professionnels de la musique, le grand public et bien d’autres acteurs du secteur privé.

Selon Mamby Diomandé, co-fondateur du Sima, l’ambition recherchée était de nourrir la réflexion des acteurs du secteur de la musique d’Afrique francophone. Et de dégager des pistes de solutions concrètes quant à la possibilité pour cette industrie de tirer pleinement profit de la digitalisation. En ligne de mire, la valorisation de la musique africaine et la sensibilisation des acteurs à saisir les possibilités que charrie le digital pour les industries musicales.

En effet et comme l’explique Pit Baccardi, co-fondateur du Sima, les artistes ne sont pas suffisamment outillés pour pouvoir saisir ces opportunités parce que beaucoup ne comprennent pas cet environnement. « C’est la raison pour laquelle on crée le Sima pour que les experts viennent expliquer en quoi il est important de connaître l’avantage de streamer, de connaître ses droits, comment gérer ses plateformes pour avoir une communauté suffisamment importante et avoir son auto gestion », soutient le rappeur et producteur français, qui insiste sur les avantages du digital dans cet écosystème. « Aujourd’hui tu as ta propre plateforme Snapchat ou tik-tok, et le fait de publier du contenu original sur ces plateformes permet de fidéliser le maximum de personnes qui demain se redirigent naturellement vers tes œuvres. »

Un champ de possibilités et d’emplois via le numérique

Pour les mélomanes, la digitalisation ouvre également un champ plus large de possibilités d’accéder à des œuvres musicales. « Un CD à l’époque coûtait 15 euros en France. Aujourd’hui avec 12 euros, vous avez un abonnement Spotify où vous avez le catalogue de plusieurs artistes. Avec le prix moins cher qu’un CD à l’époque tu as donc la possibilité d’avoir Michael Jackson, Wengue Musica et Fally Ipupa. C’est en cela que la digitalisation a son importance », renchérit Pit Baccardi.

Depuis de nombreuses années maintenant, le monde du travail connaît de grands changements. Notamment avec le développement des industries créatives et surtout l’avènement du numérique. De nombreux nouveaux métiers viennent étoffer ce monde en plein bouleversement, et bien sûr le secteur de l’industrie musicale n’y échappe pas. Outre les métiers traditionnels comme le musicien, le producteur, d’autres métiers, à la faveur du boom du numérique, voient le jour parmi lesquels le podcasteur, le rédacteur en ligne, l’ergonome, le web planer et bien d’autres.

Travailler ensemble sur une même plateforme permettra à ces acteurs de mieux se connaître. Mais surtout de débloquer des marchés et déployer de nouvelles idées qui viendront régler des problèmes, y compris ceux qui ne sont pas encore appréhendés aujourd’hui. C’est en tout cas ce qu’en pense Virgile Boulendet, à l’instar des participants venus de partout pour prendre part à cette 1ère édition du Salon des industries musicales d’Afrique francophone (Sima 2022).

Anselme AKEKO

Responsable Editorial Cio Mag Online

Journaliste économie numérique. Passionné de web journalisme, Anselme Akéko est Responsable Editorial Cio Mag Online et Correspondant en Côte d'Ivoire.
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