Tadjeddine Bachir, président du GAAN-Algérie : « Nous nous devons d’être acteurs des changements que nous souhaitons voir »

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A la tête du Groupement algérien des acteurs du numérique (GAAN), Tadjeddine Bachir exprime ses ambitions pour son pays.

Entretien réalisé par Youcef Maallemi – Alger

CIO Mag : Les opérateurs et professionnels du secteur des nouvelles technologies ont créé le Groupement algérien des acteurs du numérique (GAAN), en votre qualité de président, pouvez-vous nous dire comment l’idée de créer ce groupement vous est-elle venue ?

Tadjeddine Bachir : Vous connaissez probablement l’adage : « De la discussion jaillit la lumière ! » Il est parfaitement adapté au contexte de création du GAAN. En effet, étant pour la plupart d’anciens locataires du Cyber Parc Sidi Abdellah, nous nous rencontrions tous les jeudis en fin d’après-midi autour d’un café, afin de discuter des problématiques que nous rencontrions chacun dans son secteur d’activité et tentions de nous entraider à dépasser ces entraves qui pouvaient être de différentes natures.  Au fil des discussions, des personnes se sont montrées plus actives et plus motivées que d’autres. Les discussions se sont affinées au cours du temps, et près de deux années après le démarrage du premier « café », le GAAN a officiellement vu le jour.

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées lors du lancement de votre groupement ?

Nous n’en avons pas rencontrées de particulières à vrai dire. Cependant, réussir à constituer un groupe d’individus, capables de mettre tous leurs efforts et leurs connaissances au service d’un collectif, a été un véritable challenge. Je suis particulièrement fier de la cohésion et de l’entente entre les membres de l’équipe, et de notre capacité à fédérer d’autres professionnels de talents autours des mêmes valeurs d’inclusion et de partage.

Selon vous, est-ce qu’avec la création du GAAN, l’Algérie pourrait-elle à la fois rattraper son retard numérique et technologique ?

Il est certain que le pays est capable de rattraper son retard technologique, et ce sera avant tout grâce au talent et à l’abnégation de nos jeunes et moins jeunes courageux acteurs du secteur. Le GAAN est né du constat qu’il y avait une rupture entre les décideurs, et les acteurs du secteur. Notre objectif principal est de nous positionner comme trait d’union entre les deux parties, en étant porte-voix pour les uns, et fenêtre sur les réalités de terrain pour les autres. Nous continuerons à œuvrer dans ce sens, et espérons que d’autres acteurs nous rejoindront pour donner encore plus de force et d’élan au mouvement.

Y a-t-il un vide juridique dans le cadre réglementaire pour l’écosystème numérique en Algérie ?

Permettez-moi svp d’apporter quelques éclaircissements sur cette question, afin qu’il n’y ait pas de malentendu. L’écosystème numérique est constitué d’acteurs dans ces différentes branches. Chacune d’entre elles rencontre des problématiques différentes, spécifiques au métier en termes de régulation. Ce chantier est colossal, mais nous ne pouvons pas rester les mains croisées à attendre que des solutions tombent du ciel. Nous nous devons d’être acteurs des changements que nous souhaitons voir. Nous avons donc procédé à la création de commissions sectorielles, coordonnées par des professionnels de chaque branche de l’écosystème, afin qu’elles puissent travailler sur des diagnostics et des plans d’actions ciblées.

Le groupement GAAN vient de publier une contribution intitulée « Le Numérique moteur de la croissance économique ». Pouvez-vous nous dire davantage sur cette contribution ?

Ce document décrit une vision que nous pensons réaliste, car visant des objectifs clairs en fonction des tendances technologiques d’aujourd’hui, mais en démarrant des problèmes et des freins que connait notre pays dans son chemin vers la numérisation. Dans un contexte économique mondial difficile, l’Algérie se doit de diversifier son économie. Nous sommes persuadés que la technologie est un levier stratégique pour cette transformation, et que notre jeunesse en est un atout majeur. Ce document a pour but de partager notre vision d’un futur réalisable, il est la propriété de tout citoyen souhaitant participer à la construction d’une Algérie moderne, qui vit avec son temps.

Quels sont les projets du GAAN pour l’avenir ?

Nous aspirons former d’autres commissions sectorielles, actives dans la dynamisation et l’émergence de leurs métiers respectifs. Nous travaillons également à la réalisation d’un observatoire national du secteur de la Tech DZ, construit et alimenté par nos adhérents, acteurs du numérique. Nous renforçons nos partenariats stratégiques avec d’autres entités souhaitant travailler avec nous et apporter leur pierre à l’édifice. Nous avons également d’autres projets en cours de réalisation, mais il est encore trop tôt pour vous en parler.

Bio expresse

Du haut de ses 50 printemps, Tadjeddine Bachir est le fondateur de la société Leadersoft qu’il a créée en 1997. Fraîchement diplômé de l’Ecole Supérieure d’Informatique, Tadjeddine a d’abord emprunté le chemin de l’APC pour exercer son premier boulot de chef de service informatique, sans savoir qu’il allait en sortir quelque temps après pour lancer sa propre entreprise. C’est l’aboutissement relativement rapide de l’esprit d’initiative de notre manager que rien ne prédestinait à une carrière dans le privé, sinon l’atout matière grise comme il l’aime à le dire, dont Dieu l’a doté et qu’il a su développer et fructifier sur les bancs de l’Institut National d’Informatique (ESI actuellement). Leadersoft compte aujourd’hui une vingtaine d’employés tous chevronnés, chacun dans son domaine. C’est grâce à ce capital humain que la société est présente au niveau national et international ; en effet, Leadersoft a ouvert des bureaux à Tunis pour le marché tunisien, elle a aussi des représentations au Mali, Niger, Côte d’Ivoire, Cameroun et Togo. Tadjeddine BACHIR est un mari comblé et le papa heureux de 2 filles et un garçon qui font son bonheur. Il est aussi un fervent joueur d’Echecs depuis son plus jeune âge, une carrière qu’il a terminée en étant Vice-Président de la Fédération Algérienne de Jeu d’Echecs.

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