Les Rencontres Africa : le numérique pour une transformation structurelle de l’économie togolaise

Le Togo continue de professer son engagement à transformer structurellement son économie par le numérique. Le Premier ministre Victoire Dogbé à réaffirmer cette ambition togolaises, ce 30 novembre, lors des ‘’Rencontres Africa’’. Un panel consacré aux services digitaux a été animé par des acteurs de l’écosystème togolais.

(Cio mag) – La vision du Togo pour le numérique découle d’une volonté politique à transformer structurellement le pays et à en faire un pôle de services par excellence. Des réformes à la mise en place d’infrastructures critiques nécessaires, le Togo n’a qu’un objectif : « créer un environnement attractif pour les investisseurs afin de les amener à créer des emplois », a soutenu la cheffe du gouvernement, Victoire Dogbé. Le pays a alors identifié le numérique comme un levier de sa transformation.

Une vision politique clairement définie

Le numérique est au cœur du plan national de développement du Togo. Il est identifié comme un levier transversal des trois axes stratégiques de développement que sont : l’inclusion, la création de richesse et la digitalisation pour la modernisation de l’économie.

Au rang des réformes que le pays brandit, la digitalisation complète du processus de création d’entreprises, avec un délai d’aboutissement de 24h des formalités ; la plateforme industrielle d’Adétikopé inscrite au programme de l’expérimentation de la 5G, de même que le Port Autonome de Lomé dont toute la logistique est en passe d’être digitalisée…

Le pays s’est récemment doté de son premier datacenter de tiers 3 et contibue d’améliorer le cadre législatif et réglementaire devant booster l’écosystème du numérique.

De quoi susciter un panel sur les services digitaux au cours de ces ‘’Rencontres Africa’’ à Lomé.

Construire un écosystème inclusif

Etablir la confiance, prouver la capacité à délivrer, tel est le challenge des acteurs de la digitalisation au Togo.  Appelés à être à la hauteur des attentes avec les solutions proposées,  ces acteurs ont conscience de leur complémentarité. Ils sont : de grands groupes comme Ecobank-Togo pour des solutions bancaires innovantes ; GVA-Togo, fournisseur d’accès Internet, FAI ; des Fintech comme SEMOA Group et Koosmik Togo pour entre autres la digitalisation des paiements ; et des acteurs qui répondent aux besoins de compétences comme Digital Skills Fondation. Ce panel d’acteurs de terrain a formulé des propositions pour le développement des services digitaux au Togo et au-delà.

Et pour cause, pour Souleymane Touré, DG Ecobank Togo, « avec le numérique, les frontières physiques n’existent plus ».

Il a essentiellement mis en exergue le partenariat entre son groupe et des acteurs comme les fintech. De ce partenariat, Ecobank tire le maximum pour proposer des solutions innovantes. « La banque n’est plus un lieu où on va. Mais il faut réfléchir en termes de ce qui est possible de faire lorsqu’on a un besoin de transaction !». Souleymane Touré résume ainsi la vision de son groupe et qui lui permet de revendiquer la posture de leader de la digitalisation des services bancaires au Togo.

Armand Sato, CEO de GVA Togo, a rappelé que l’offre de son groupe au Togo reste à ce jour la mieux structurée pour l’accès à la FTTH, comparée aux autres capitales de la sous-région. « Un des atouts formidables du Togo, c’est que Lomé est l’une des capitales la plus fibrée d’Afrique, ce qui est un facteur très attractif pour les entreprises et qui permet de soutenir des initiatives de transformation digitale du pays ».

Que ce soit la volonté de devenir un hub logistique et de services, le nœud reste l’accès au haut débit, a souligné le CEO de GVA. En ce sens, le Togo travaille sur un schéma directeur pour définir la meilleure méthode de couverture intégrale du pays en Internet.

Si les infrastructures semblent évoluer, il reste encore à améliorer les process. Foli Adanlété, Directeur de Koosmick Togo, acteur de digitalisation de paiement à la base et de la logistique, a fait ressortir les difficultés liées aux espaces (économiques et habitudes, selon les environnements). De son expérience, il a attiré l’attention sur la nécessité de repenser les cadres réglementaires qui bloquent trop souvent les initiatives. L’agilité, pour lui, est un facteur déterminant pour la construction d’un écosystème réellement innovant.

Le panel sur les services digitaux. ”Les Rencontres Africa” 2021 à Lomé

Quid du financement ?

Le financement de l’écosystème digital du Togo reste l’un des sujets critiques. Le pays travaille à labéliser les acteurs du système. L’enjeu, trouver les mécanismes appropriés pour, entre autres, répondre aux enjeux de financement, a rassuré Kafui Ekouhoho de l’Agence nationale du numérique, chargée de mission au ministère de l’Economie numérique et de la Transformation digitale.

Le ‘’Startup act’’ togolais devrait baliser la voie.

Edem Adjamagbo, CEO de SEMOA, a donc proposé aux autorités togolaises d’associer les fintech et autres acteurs de l’écosystème à l’élaboration des mécanismes vivant à accélérer leur développement. Si les acteurs des services digitaux ne manquent pas d’initiatives, il n’en demeure pas moins que l’environnement global n’a pas encore atteint la maturité nécessaire favorable à l’émergence de ‘’champions locaux’’. « Venir avec un angle de digitalisation tout en apportant de la valeur à ceux à qui l’on s’adresse », voilà qui est l’essence des services proposés par SEMOA. La fintech propose également la mise en place de fonds de financement de la tech togolaise. De quoi susciter davantage de solutions innovantes.

A juste titre, pour rentabiliser ses services, le vœu de Foli Adanlété de Koosmick, c’est « qu’on arrive à un nombre critique d’utilisateurs pour amortir les coûts et les infrastructures ». Cette masse critique permettrait aussi à une meilleure accessibilité des solutions.

La formation digitale, la base

La digitalisation pour être inclusive, a besoin aussi bien d’acteurs que d’utilisateurs finaux capables de s’adapter. Occasion pour Annemijn Perrin, CEO de Digital Skills Fondation, plateforme de formation aux compétences du digital d’appeler à une refonte des formations. Sa proposition va au-delà des cibles classiques et formelles. Annemijn Perrin insiste sur la nécessité de former à l’échelle, et surtout de toutes les couches sociales.

Le challenge pour elle, c’est aussi d’adapter le contenu des formations aux infrastructures accessibles et à l’environnement dans lequel évoluent les bénéficiaires. « Ce qui rend abordable les coûts et accessibles ces formations », a-t-elle soutenu.

« Il faut qu’il y ait une réforme globale même de notre éducatif, de définir un nouveau model et se fixer de nouveaux objectifs puisque les emplois d’aujourd’hui ne seront plus forcément ceux de demain », a renchéri Souleymane Touré, DG Ecobank Togo.

Services bancaires, accès à Internet, digitalisation des moyens de paiements et dématérialisation, le chantier de la digitalisation du Togo est vaste. Ce qui fait dire à Kafui Ekouhoho de l’Agence nationale du digital qu’il s’agit d’un voyage. Un voyage à entreprendre de concert avec les acteurs de l’écosystème, avec des objectifs clairs adaptés aux besoins de demain. Ce qui revient pour les panélistes à collaborer et à établir un dialogue permanent entre acteurs.

Souleyman Tobias

Journaliste multimédia. L’Opendata, la transformation digitale et la cybersécurité retiennent particulièrement mon attention. Je suis correspondant de Cio mag au Togo.

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