Le Salon des téléphones et applications mobiles d’Afrique (STAM), prévu en juillet 2026 à Abidjan, vise à transformer l’économie continentale en propulsant la construction locale de smartphones souverains.
(CIO Mag) – Le Salon des téléphones et applications mobiles d’Afrique (STAM) se positionne désormais comme le catalyseur d’une révolution industrielle majeure pour le continent. Réunis le mercredi 13 mai dernier à la Maison de l’Entreprise au Plateau pour le lancement officiel, les acteurs clés de l’écosystème technologique ont posé les fondations de la troisième édition de cet événement continental. Prévu pour se dérouler les 8 et 9 juillet 2026 au Sofitel Hôtel Ivoire d’Abidjan, ce salon suscite déjà un immense espoir à l’échelle régionale.
Kodioro Fofana, commissaire général de l’événement, a indiqué que le STAM s’inscrit en droite ligne de la vision stratégique de transformation structurelle de l’économie ivoirienne, portée avec force par les autorités nationales. Face aux invités, il a donné le ton de cette édition en rappelant l’urgence de dépasser les sentiers battus du simple usage numérique. Selon ses propres termes, limiter notre attention aux questions de la digitalisation serait limiter l’industrie créative et l’esprit des Ivoiriens.
Cette déclaration forte traduit une volonté ferme de ne plus cantonner l’Afrique au rôle de spectatrice ou de consommatrice passive des technologies mondiales. L’ambition affichée est donc de faire basculer durablement le pays du statut réducteur de simple consommateur à celui hautement stratégique de constructeur technologique. Un engagement matérialisé par la participation de la guinéenne Fadima Diawara, PDG de Kunfabo, au STAM 2026.
En tout état de cause, cette transition vers l’autonomie industrielle a reçu un écho particulièrement puissant lors de l’intervention de Coulibaly Lamine, venu représenter le ministre du Commerce et de l’Industrie, Ibrahim Kalil Konaté. Le représentant étatique a livré un plaidoyer vibrant et sans concession en faveur d’un changement radical de paradigme économique. Il a d’abord souligné la vitesse vertigineuse à laquelle évolue le monde moderne, affirmant que le développement actuel ne progresse pas à une vitesse de vélo, mais s’apparente plutôt au vol d’un avion dans le ciel. Face à cette accélération planétaire, l’Afrique ne peut plus se permettre de rester en marge des dynamiques de production réelle.
M. Coulibaly a ensuite axé son argumentaire sur l’histoire des civilisations et le fondement même de la puissance des nations. Pour lui, la problématique centrale de l’existence humaine repose fondamentalement sur la capacité de l’homme à transformer son environnement pour en bénéficier activement. Il regrette que les nations africaines se soient trop longtemps habituées seulement à jouir du confort né des inventions des autres pays.
Établissant une distinction nette entre l’essentiel et l’accessoire, il a rappelé que l’industrie sportive ou les concours de divertissement ne constituent que des aspects secondaires créés historiquement pour contenter les travailleurs des usines. En magnifiant ces aspects secondaires au détriment de l’appareil de production, l’essentiel a échappé à l’Afrique.
Le représentant du ministre a ainsi martelé une vérité économique cruciale : « Ce qui fonde la force d’un pays, la capacité à fabriquer, le système productif, ce qui vous fait vivre, c’est ce qui nous a manqué », a-t-il déclaré, non sans exhorter les acteurs locaux à suivre l’exemple inspirant des pays d’Asie du Sud-Est. En l’espace de quelques décennies, ces nations, à l’instar de la Chine, ont su importer, parquer, comprendre puis fabriquer les technologies pour se hisser au même niveau d’égalité que les grandes puissances mondiales.
Dès lors, posséder des richesses naturelles dans son sous-sol demeure totalement stérile si l’on s’avère incapable de fabriquer au moins 80% des objets qui régissent notre existence quotidienne, a-t-il martelé, justifiant ainsi le soutien du ministère du Commerce et de l’Industrie à l’initiative du projet porté par le commissaire général.
Être capable de fabriquer son propre smartphone sur le continent représente la voie royale vers la souveraineté technologique, économique et politique. Ce rêve partagé doit devenir une réalité concrète grâce à la synergie de tous les ministères impliqués, notamment le ministère de la Transition Numérique et de l’Innovation Technologique sous le haut patronage de M. Djibril Ouattara.
Le projet vise à transformer le terminal mobile en un écosystème dynamique où les développeurs africains collaborent directement avec les grands constructeurs mondiaux pour concevoir des outils parfaitement adaptés aux réalités, au climat et aux usages du continent.
Dix pays invités et plus de 5000 participants sont attendus au STAM 2026.





