AITEX 2017 / Moulay Hafid Elalamy : « Mettons-nous au travail, nous avons perdu du temps et du terrain »

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Le ministre de l’Industrie, de l’Investissement, du Commerce et de l’Economie numérique du Maroc, Moulay Hafid Elalamy, à la cérémonie inaugurale de l'AITEX 2017.

Highlight des tendances avancées en technologie et de leur influence sur le développement des nations, le Salon AITEX – Africa IT Expo a lancé sa 2ème édition mercredi 27 septembre à la Foire internationale de Casablanca, au Maroc, autour du thème « L’innovation numérique au service des organisations ». La cérémonie inaugurale a été rehaussée de la présence du ministre de l’Industrie, de l’Investissement, du Commerce et de l’Economie numérique du Maroc, Moulay Hafid Elalamy, du ministre délégué auprès du chef du Gouvernement, chargé de la Réforme de l’Administration et de la Fonction publique, Mohamed Ben Abdelkader, et du ministre des Postes, Télécoms et de l’Economie numérique du Congo, Léon Juste Ibombo.

Seize États africains sont représentés à l’AITEX 2017 qui consacre deux pays à l’honneur : le Cameroun et le Nigeria.

(CIO Mag) – « Nous avons une chance inouïe ; il va falloir se retrousser les manches pour donner à notre jeunesse un terreau fertile pour se développer. Mettons-nous au travail, nous avons perdu du temps et du terrain ! » Voilà qui en dit long sur la détermination du ministre de l’Industrie, de l’Investissement, du Commerce et de l’Economie numérique du Maroc, Moulay Hafid Elalamy, à saisir les opportunités offertes par le numérique pour rattraper le retard du royaume chérifien et de l’Afrique en général sur les pays dits développés. Ainsi, mercredi 27 septembre, la deuxième édition de l’AITEX a été mise à profit par le ministre Elalamy pour inviter les acteurs du secteur à sortir du wagon de la consommation pour faire véritablement partie de la transformation digitale du continent.

Remettre le royaume sur les rails

« L’Etat marocain a été un peu timide ; le Maroc n’a pas bénéficié de son potentiel ; nous avons voulu faire de l’incrémental dans un secteur où il fallait un changement de paradigme ; nos ressources sont montées en compétence à notre insu ; le secteur privé n’est pas homogène ! » a déploré successivement le ministre Moulay Hafid Elalamy. Pour autant, il ne se laisse pas ébranler par les défis à relever afin de remettre le Maroc sur les rails au niveau du digital. « On est capable de faire mieux ; c’est aux entreprises de prendre conscience de la transformation qui les attend ; la volonté royale ne nous lâchera pas ! » a-t-il dit. Ensuite, il a mis en relief quelques avancées notables réalisées au niveau de l’Etat.

Agence de développement du numérique

« Nous avons mis en place un dispositif érigé en Agence de développement du numérique ; un accouchement compliqué, un peu douloureux ! » a avoué le ministre, avant de citer quelques missions claires à mettre en œuvre par l’Agence. Il s’agit, entre autres, de concevoir et faire réaliser le projet eGouv ; encourager la recherche, l’entrepreneuriat digital. Objectif : faire entrer le Maroc dans la modernité via des partenariats sud-sud et sud-nord.

Modernisation de l’administration 

Mohamed Ben Abdelkader, ministre délégué auprès du chef du Gouvernement marocain, chargé de la Réforme de l’Administration et de la Fonction publique.

Les enjeux sont nombreux. Parmi eux, la modernisation de l’administration en vue d’améliorer l’accessibilité et la qualité des services publics rendus au citoyen. Pour en parler, la Fédération marocaine des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring (APEBI), qui organise le Salon AITEX, a convié à cette deuxième édition le ministre Mohamed Ben Abdelkader délégué auprès du chef du Gouvernement, chargé de la Réforme de l’Administration et de la Fonction publique.

S’adapter à cette nouvelle ère du numérique. Sujet d’ « importance cruciale » qui invite l’Etat marocain à « repenser et redéfinir sa stratégie » pour exploiter au mieux les potentialités du digital. Selon le ministre Mohamed Ben Abdelkader, le Gouvernement a placé les technologies de l’information au cœur de sa politique. Réforme globale de l’administration ; mise en place d’un cadre réglementaire pour la simplification des procédures et leur dématérialisation ; adoption d’un régime intégré de gestion des réclamations des citoyens. Outre cela, le Maroc travaille à la mise en œuvre d’un système intégré de gestion des ressources humaines de l’Etat, ainsi qu’au développement d’un accès commun à la plateforme gouvernementale.

Des solutions innovantes

Autant de mesures qui donnent sens à la détermination des autorités publiques, mues par la volonté de répondre aux aspirations et attentes des citoyens. Aux dires du ministre de la réforme de l’Administration, les outils numériques se sont démocratisés. Au Maroc, 95 % des ménages a un accès à la téléphonie mobile ; 44,9% est équipé d’une tablette numérique. De plus en plus connectés, « les citoyens attendent de l’administration d’intégrer à son tour le numérique » dans la fourniture des services publics. C’est là, tout l’enjeu de la transformation numérique de l’administration qui invite les acteurs publics et privés à y apporter des solutions innovantes et des outils nouveaux.

Léon Juste Ibombo, ministre des Postes, Télécoms et de l’Economie numérique du Congo.

Dix thématiques

Pour relever ce pari, l’AITEX 2017 a choisi de développer dix thématiques où l’innovation numérique joue un rôle central. « Comment peser dans la cartographie régionale, voire mondiale ? Quels types d’acteurs ? Quelles mutations ? Quelles conditions pour réussir ? » ; « Les tendances numériques desruptives pour l’entreprise… User expérience, Big Data, Internet des objets, intelligence artificielle… » ; « L’innovation numérique : un catalyseur pour les transformations sociales ? » ; « Services au citoyen et rupture numérique : sommes-nous au rendez-vous ? » Tous ces sujets et bien d’autres sont au menu de cette rencontre placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

Selon la présidente de l’APEBI, Saloua Karkri-Belkeziz, le Salon Africa IT Expo, c’est aussi 20 ateliers dédiés aux solutions innovantes ; un speech consacré aux femmes, des rencontres BtoB entre une centaine de donneurs d’ordre venus de 16 pays africains, de la France et des Etats-Unis ; des évènements variés tels qu’un hackathon sur deux jours réunissant 60 participants et l’inauguration de la Factory Technopark, nouvel espace d’innovation unique en Afrique.

Signature de convention entre l’APEBI et le représentant malien.

L’AITEX 2017, qui consacre le Cameroun et le Nigeria comme pays invités d’honneur, est organisé en partenariat avec l’Association des utilisateurs des systèmes d’information du Maroc (AUSIM). Il se poursuivra jusqu’au vendredi 29 septembre, avec l’objectif d’essaimer la culture du digital au sein des entreprises et placer le numérique comme accélérateur du développement des économies marocaines et africaines. A ce titre, des conventions de partenariat ont été signées entre l’APEBI et les associations de professionnels IT du Cameroun, du Nigeria, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Congo-Brazzaville et du Mali.

Anselme AKEKO
Depuis Casablanca au Maroc
anselme.akeko@cio-mag.com

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