Cameroun /Désinformation, enquête: les fake news, la cote d’alerte interpelle les camerounais

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(Cio Mag) – Le ministre de la communication Issa Tchiroma Bakari, le réseau des professionnels des communicateurs et les personnels du ministère de la communication et assimilés (PMA) ont décidé ne plus se taire sur les fausses informations diffusées à travers les réseaux sociaux. Parce qu’il ne se passe plus un jour sans qu’une information non avérée ne soit publiée sur Internet. Et à pratiquement cinq mois des prochaines élections législatives, municipales et présidentielles, la désinformation à presque droit de cité sur les réseaux sociaux. Tous les camerounais condamnent avec la dernière énergie ce que certains camerounais en mal de sensation font diffuser sur Internet. Les « vraies-fausses » informations sans vérification sont diffusées sur certaines personnes dans le seul but de nuire à leur réputation.

Les  fake news, informations fausses, truquées ou tronquées, sont désormais un phénomène mondial et leur impact est planétaire. A l’observation, les fausses nouvelles sont répandues par les réseaux sociaux et des sites Internet qui se spécialisent dans la création de contenus attirant l’attention et imitant le format de sources établies. Les producteurs de ces fausses nouvelles le font généralement pour des raisons idéologiques ou mercantiles. C’est le cas de certains organes  de presse et plus particulièrement certains journalistes qui excellent dans cette opération de diffusion de fausses informations assorties des montages vidéo taillés sur mesure.

Il  n’y a pas longtemps, une information annonçant le massacre d’une centaine d’éléments des forces de défense camerounaise dans la  région du Sud-ouest a fait le tour des réseaux sociaux.  Information démentie quelques temps après par les responsables du ministère de la défense. Quelques jours plus tôt, c’est l’annonce du décès du colonel médecin Abeng Mbazo’o qui avait également fait le buzz sur la toile. Comme démenti, il a fallu que des organes de presse suivent le médecin alors qu’il assurait son service à l’l’hôpital militaire de Douala.

C’est  en début de cette même semaine, que les musiciens du groupe X-Maleya ont été obligés de faire une vidéo en live sur facebook pour démentir leur séparation. Que dire alors de ce « mercato » de journalistes  camerounais annoncé de manière « fracassante » à la télévision nationale à des postes de responsabilité. On a même parlé des entretiens préalables à leur installation avec le président du conseil d’administration de l’office de radio et télé (le ministre Issa Tchiroma Bakari), alors que les concernés affirment n’avoir jamais été approchés à de telles fins. Un des journalistes qu’on annonçait même déjà sur le terrain pour ses prochaines émissions, affirmait être à son domicile au moment où l’information faisait le tour de la planète Internet.

Certains ont poussé le vice jusqu’à annoncer le suicide d’une ancienne gloire du football camerounais. C’est le directeur de la communication et de la documentation de la chambre  de commerce qui à son tour n’a pas échappé à la diffusion de fausses informations pour avoir détourné de l’argent, pour la simple raison qu’il fallait proposer quelqu’un à son poste. C’est dire que personne au Cameroun n’échappe à ce vent du faux qui souffle sur la toile depuis quelque temps.

Conscient du phénomène, les personnels du ministère de la communication et assimilés (PMA), ont organisé une table-ronde sur « les fake news ». Autour du modérateur Elvis Mbimba, le Dr George Bell Bitjoka, expert judiciaire en cybercriminalité, le colonel Didier Badjeck, chef de la division de la communication au ministère de la défense, le Dr Raoul Sumo, spécialiste en géostratégie et Dorothée  Danedjo Fouda, journaliste multimédia. Ils ont débattu avec les autres participants sur : « le journalisme à l’ère des fake news », «  Fake news : une réponse technologique est possible face à la globalisation du phénomène » et «  Fake news :  que vaut cette arme de destruction dans un contexte de diversification des menaces sécuritaires ? ».

La dite table-ronde a donné l’occasion d’exalter la communication citoyenne et responsable à l’aune du développement de l’économie numérique et du flux d’informations à travers les réseaux sociaux. On retiendra des différents exposés que les fake news ont de tout temps existé. Mais  avec le développement du numérique, ils connaissent un développement exponentiel aux conséquences sociales graves et désorganisatrices. Sur la toile, la désinformation est délibérée, avec cette fois-ci, une dimension stratégique. Elle affecte la politique extérieure des États, et est appelée à être l’élément central des conflits à venir et la tête de proue des ingérences étrangères.

Au regard de l’actualité qui a cours au Cameroun, les réseaux sociaux sont devenus de véritables outils de désinformation, d’intimidation, d’appel à la haine, aux meurtres, à la violence… Ce qui oblige le journaliste à être plus responsable, à faire la part des choses pour être crédible.

Selon Ebot Ebot Enaw, DG de l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication(Antic), «  des sanctions sont prévues par la loi du 21 décembre 2010 relative à la cyber-sécurité et à la cybercriminalité. Est prévu un emprisonnement allant jusqu’à 2 ans et 10 millions de francs d’amende contre celui qui publie ou propage par voie de communication électronique une nouvelle sans pouvoir en rapporter la preuve de véracité. En l’état actuel de la réglementation, l’Antic, grâce à son laboratoire d’analyse de preuve et ses agents assermentés est chargée, quant à elle, de rechercher et de trouver la preuve numérique qui permettrait au juge de prononcer à l’endroit d’un quelconque prévenu, la sanction prévue par la loi ». Quant au communicateur sociopolitique, Djafar Garga, « une fausse nouvelle est un crime. Sa propagation dans les réseaux sociaux est un double crime. Les auteurs de ces actes scandaleux doivent être jugés et condamnés sévèrement selon la loi en vigueur sur la propagation des fausses nouvelles. Car cette dernière peut conduire à tous les dangers.»

Jean-Claude NOUBISSIE

 

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