Cameroun : « Les réseaux sociaux sont un allié précieux », Minette Libom Li likeng

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Minette Libom Likeng, ministre camerounaise des Postes et Télécommunications

Une Conférence sur la communication gouvernementale à l’ère des réseaux sociaux a été organisée par les étudiants de l’Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la Communication (ESSTIC) mercredi 29 mai au Campus Hervé Bourges de cet institut situé à Yaoundé en présence de membres du gouvernement camerounais.

(CIO Mag) – L’assemblée du jour visait « une utilisation réussie des réseaux sociaux dans la communication des Institutions Publiques ». Elle s’inscrit en droite ligne des prescriptions du Chef de l’Etat, en vue du développement du secteur du numérique au Cameroun et « rentre dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie gouvernementale de développement de l’économie numérique dans son axe relatif à la gouvernance digitale » a rapporté Minette Libom Likeng, la ministre en charge des postes et télécommunication (Minpostel).

Elle a meublé la journée par un discours intégralement porté sur les enjeux des réseaux sociaux et l’action gouvernementale pour la réalisation d’un meilleur environnement digital pour le Cameroun.

Redéfinissant la communication publique comme étant une communication d’intérêt général émise par les administrations, les collectivités territoriales et les organismes publics, la patronne des postes et télécommunications au Cameroun a souligné qu’il s’agit d’un outil de la vie démocratique.

Les réseaux sociaux

Elle en a fait le lien avec l’essor des réseaux sociaux. Lesquels ont multiplié les possibilités de prise de parole et constitue un allié précieux et un moyen d’interaction privilégié. Cependant, pour elle, tant il y a d’avantages à en retirer, tant il y a des inconvénients. Notamment la diffusion et la circulation de l’information aux fins de désinformation et distorsion de la réalité dans l’espace publique. Elle accuse un comportement qui « est de nature à créer la psychose au sein de l’opinion publique et à rompre l’équilibre social ».

La chargée du ministère des télécommunications a abordé la question de l’univers des TIC et des réseaux sociaux au Cameroun en rappelant les initiatives du gouvernement dans le cadre des stratégies définies pour les enjeux du numérique. Notamment la construction des infrastructures de télécommunications et des TIC de qualité, appelées à supporter l’économie numérique, mais aussi la promotion de l’accès aux réseaux et services modernes de qualité, et à moindre coût, à toutes les couches de la population, quelle que soit leur position géographique.

Elle a également appuyé l’argument de la croissance de la pénétration du téléphone mobile et d’internet à travers la baisse significative des coûts d’accès aux services par quelques statistiques.

Le Cameroun en Chiffres

En effet, le Cameroun totalise 18.819.852 abonnés mobiles en 2016, soit un taux de pénétration de 83% (contre 44% en 2010), un accès à Internet passé de 0,24% en 2011 à 35,43% environ en 2016 et un indice de développement des TIC (IDI), selon la méthode de calcul de l’UIT passé de 2,030 à 3,852 entre 2014 et 2017.

Toujours en termes de chiffres sur le numérique, le pays compte selon la ministre « 90% d’entreprises utilisant un ordinateur en 2016 (93% pour les Petites Entreprises) et 76% d’entreprises disposant d’une connexion Internet en 2017 (73% pour les Petites Entreprises) ».

D’après une étude de Hootsuite en début d’année 2019, sur les 25 millions d’habitants que compte le Cameroun, l’on dénombre : un peu plus de 6 millions d’internautes, soit une pénétration de 25 %, 3.6 millions utilisateurs actifs des réseaux sociaux, soit une pénétration de 14% sur ce segment et 3.4 millions d’utilisateurs actifs sur le mobile, soit 14 % de pénétration sur ce segment.

En ce qui concerne l’usage des réseaux sociaux, le pays compte 3 400 000 abonnés dont 2 millions d’hommes, et 1,4 million de femmes. En octobre 2017, 440 000 internautes étaient abonnés à Instagram, plus de 2 million inscrits sur Whatssap, 560 000 sur Linkedin et 77 600 sur Twitter.

Le rapport des instances publiques et du numérique a également été abordée au cours de cette journée par la Minpostel. « Dans un contexte d’évolution des modes de gouvernance, le numérique s’impose comme un levier incontournable dans l’accompagnement et dans la définition de la relation entre les services publics et les citoyens », a-t-elle déclaré.

« Le Gouvernement s’est donc engagé, selon la ministre, dans un processus d’administration électronique, avec des services délivrés en ligne. C’est dans ce cadre qu’a été créé le projet e-government, qui est un plan permettant à l’Etat du Cameroun d’introduire des innovations dans son administration. »

Cybercriminalité

Dans son allocution elle n’a pas manqué d’évoquer la cybercriminalité. « Plus un pays est connecté, plus sa vulnérabilité aux cyber–attaques, à la cybercriminalité et à la cyber–dissidence est grande », a dit la ministre. Pour y faire face, elle a noté que le principal défi des Etats est la conquête de la souveraineté de leur cyberspace national.

A cet effet, elle a souligné la nécessité de l’adoption de lois et réglementations appropriées ainsi que la délimitation, le contrôle du cyber espace national, la mise en place d’infrastructures appropriées et l’élaboration d’actions qui visent non seulement à sensibiliser, mais surtout à former les principaux acteurs de la chaine, pour un bon usage des réseaux sociaux.

Dans cet élan, sur le plan national, quelques actions engagées et en cours ont également été citées. Il s’agit, entre autres, de : la création de l’Agence Nationale des Technologies de l’Information et de la Communication (ANTIC); la mise en place de deux laboratoires de cyber sécurité à la Direction de la Police Judiciaire de la Délégation Générale à la Sûreté Nationale et à l’Ecole Nationale Supérieure Polytechnique ; une campagne d’identification des abonnés des réseaux téléphoniques commencée en 2016; un audit de la qualité du service offert par les opérateurs de téléphonie mobile afin de s’assurer de la fiabilité de leurs équipements tout en proposant des mesures correctives.

Enfin, Minette Libom Li likeng a ajouté que « ces actions vont être renforcées et consolidées tout au long de cette année avec notamment la poursuite de l’organisation des Camps TIC, des rencontres de sensibilisation de masse, des séminaires de formation et l’acquisition des équipements nécessaires ».

Aurore Bonny, Yaoundé

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