De gauche à droite : Ouattara Lakoun (Directeur général de l’ARTCI), Roger Félix Adom (Président du Conseil de Régulation de l’ARTCI), Adamou Iro (Président du RAPDP et de l’Autorité de protection du Niger) et Vladimir Aman (Secrétaire de séance et lecteur de la Déclaration finale d’Abidjan). Abidjan, le mardi 19 mai 2026.
Réunies à Abidjan, les 24 délégations du Réseau africain des autorités de protection des données personnelles (RAPDP) ont acté l’adoption de la Déclaration finale d’Abidjan. Cette feuille de route ambitieuse engage le continent vers une régulation stricte et une souveraineté numérique partagée.
(CIO Mag) – Ce mardi 19 mai à Abidjan, la 9e Conférence du RAPDP a solennellement adopté sa Déclaration finale. Ce document de rupture engage l’ensemble des acteurs du continent à opérer une profonde mutation, les exhortant à abandonner les déclarations d’intention pour s’ancrer dans une culture d’effectivité. Les régulateurs africains exigent désormais que la gestion de l’information respecte les droits fondamentaux des populations, marquant ainsi la fin d’une approche purement technique de la régulation.
Cette dynamique collective fait directement écho à la formule marquante de Roger Félix Adom, président du conseil de régulation de l’Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC de Côte d’Ivoire (ARTCI), partagée lors de la cérémonie d’inauguration de cette neuvième conférence. Le premier responsable du régulateur ivoirien avait vigoureusement rappelé qu’il ne peut y avoir de souveraineté numérique sans maîtrise des données.
En clôturant ces deux journées d’intenses réflexions au Radisson Blu Hotel d’Abidjan, les participants ont transformé cette vision en une feuille de route opérationnelle à l’horizon 2026–2030, destinée à guider les administrations et les entreprises du continent.
Au cours de la cérémonie de clôture qui s’est tenue ce mardi 19 mai 2026, Ouattara Lakoun, directeur général de l’ARTCI, a salué la qualité exceptionnelle des contributions. Il a officiellement souligné la réussite de ces assises en déclarant que la neuvième conférence du RAPDP s’achève, mais le travail commence.
Pour le directeur général de l’autorité ivoirienne, la portée réelle de cet événement international se mesurera uniquement à l’aune d’une mise en œuvre patiente, rigoureuse et coordonnée des orientations stratégiques dégagées par les experts. L’ARTCI a d’ailleurs pris l’engagement ferme devant l’assemblée d’en être l’un des artisans les plus actifs et fidèles du continent.
En tout état de cause, le texte de la Déclaration finale d’Abidjan consacre la protection des données personnelles comme une véritable affaire d’État et un enjeu de sécurité nationale. Face à la prolifération des systèmes d’intelligence artificielle, du cloud et de la gestion de données de masse, le réseau panafricain ne tolère plus les approximations réglementaires.
L’appel d’Abidjan cible directement les gouvernements, le secteur privé, les opérateurs de services et les sous-traitants techniques. Il leur impose de concevoir des cadres transparents permettant aux citoyens de garder le contrôle de leur identité et de leur dignité.
La mise en application de ces principes exigera une coopération interinstitutionnelle renforcée pour briser les barrières juridiques et linguistiques qui freinent le développement harmonieux du marché unique numérique africain. Ouattara Lakoun a tenu à exprimer sa profonde gratitude envers les présidentes et présidents des autorités africaines de protection des données, saluant l’implication de leurs équipes.
Le directeur général de l’ARTCI a réaffirmé la volonté ivoirienne de soutenir activement ce mouvement fédérateur en formulant le vœu que la dynamique née à Abidjan se prolonge durablement dans les États et dans les coopérations futures.
Si l’adoption de ce document stratégique constitue un signal fort envoyé aux géants mondiaux de la technologie qui opèrent sur le sol africain, c’est parce que son contenu interpelle les régulateurs. Ces derniers sont invités à partager désormais une vision unifiée, déterminés, à imposer le respect des réglementations locales et à défendre les droits des utilisateurs africains dans le cyberespace.
En prononçant la clôture officielle des assises, Ouattara Lakoun a conclu son allocution par un vibrant hommage à la synergie continentale, en proclamant avec force un message d’espoir pour l’écosystème numérique africain : vive la coopération africaine en matière de protection des données, vive la souveraineté numérique africaine.
C’est sur cette note d’engagement collectif que les délégations ferment le chapitre de la neuvième Conférence du Réseau africain des autorités de protection des données personnelles. Pour autant, les travaux ne s’arrêtent pas là sur les bords de la lagune Ébrié. L’agenda des décideurs africains se poursuit dès le lendemain avec la tenue de l’Assemblée générale le 20 mai, avant de laisser place, le 21 mai, à des rencontres stratégiques privées à huis clos.





