Côte d’Ivoire/Télévision numérique : plus de 200 chaînes disponibles via les bouquets satellitaires dès 2018

0
1709
Bruno Nabagné Koné, ministre de la Communication, de l’Economie numérique et de la Poste, Porte-parole du Gouvernement de Côte d’Ivoire.

(CIO Mag) – « Plus de 200 chaînes seront disponibles via les bouquets satellitaires dès 2018, avec l’ambition affichée, d’offrir encore plus d’opportunités dans les prochaines années », a déclaré le ministre de la Communication, de l’Economie numérique et de la Poste, Porte-parole du Gouvernement de Côte d’Ivoire, au cours de la conférence de presse/bilan organisée lundi 26 février dans les locaux dudit ministère. Bruno Nabagné Koné a affirmé que la Société ivoirienne de télédiffusion, qui a désormais en charge la conduite du processus de migration vers la Télévision numérique terrestre, œuvre au lancement de la diffusion numérique des programmes dans les 4 prochains mois. Dans la ligne de mire, 78% de couverture TNT à la fin 2018.

La Côte d’Ivoire sera prête avant la date limite

Selon un chronogramme initial, la TNT devrait être opérationnelle depuis 2016. Mais l’appel d’offres lancé par le Comité national de migration vers la TNT (CNM-TNT) en vue de la sélection d’un opérateur technique pour financer, installer et exploiter le réseau de diffusion TNT, a été infructueux. Ce qui a contraint le Gouvernement à prendre, en 2017, le lead sur ce dossier, en décidant de financer le processus de migration, qui suit son cours. « La Côte d’Ivoire, assure M. Bruno Koné, sera donc prête, bien avant sa date limite de migration fixée à juin 2020. » Date établie par l’UIT pour tous les pays qui, à l’instar de la Côte d’Ivoire, émettent déjà en VHF (Très haute fréquence).

« Je rappelle également, qu’après une première phase pilote réussie, la zone du grand Abidjan, soit environ 25% de la population, est couverte depuis juin 2015 », a poursuivi le ministre Bruno Koné. Convaincu que le processus de migration vers la TNT se traduira par une numérisation intégrale de la chaîne de valeur de la production télévisuelle. « Cette numérisation de l’espace audiovisuel, a continué le ministre, est mise en œuvre en même temps que la libéralisation tant attendue de ce secteur, libéralisation engagée en 2017 avec les licences d’exploitation accordées à 4 nouvelles chaînes de télévision. » A quoi s’ajoutent trois opérateurs additionnels de bouquets satellitaires, de même que deux opérateurs de bouquets TNT.

Sans se tromper, on peut donc affirmer avec le ministre de la Communication, de l’Economie numérique et de la Poste de Côte d’Ivoire que 2018 sera l’année de la diffusion des chaînes en mode TNT, et que le secteur de l’audiovisuel sera effectivement libéralisé.

Des tarifs orientés à la baisse

Cette conférence de presse a aussi donné l’occasion à M. Bruno Nabagné Koné de présenter les acquis de l’année écoulée. Notamment, dans le secteur du numérique où la téléphonie mobile affiche 32 millions de connexions, avec un accroissement de près de 6 millions au cours des deux dernière années. « Les tarifs, depuis plusieurs années, sont orientés à la baisse, pour le grand profit de nos populations. A titre d’illustration, du fait des bonus pratiqués en abondance sur les réseaux, le prix moyen de la minute d’appel en Côte d’Ivoire s’est établi en 2017 autour de 19,25 F.CFA / minutes, pour des tarifs affichés de 60 à 90 FCFA/Min », a déclaré le ministre. Non sans indiquer que le prix moyen du service SMS a, lui-aussi, connu une orientation à la baisse, passant de 4,75 FCFA à 0,84 FCFA sur la même période (3 dernières années), soit une baisse de plus de 80%.

Les cinq dernières années ont, en outre, été marquées par une forte utilisation des services de mobile money. A ce jour, ils sont environ 9 millions d’abonnés à la téléphonie mobile à avoir souscrit à ce service. Lequel permet à la Côte d’Ivoire d’améliorer sensiblement le taux d’inclusion financière des populations. « Il y a aujourd’hui plus d’Ivoiriens titulaires d’un compte bancaire mobile que d’un compte bancaire classique (auprès d’une banque commerciale traditionnelle) », a affirmé M. Bruno Nabagné Koné.

Les coûts d’accès à l’Internet ont également chuté au cours des trois dernières années, passant de 3,5 FHT le Méga Octet à 1,07 francs/ Méga Octet, soit une baisse de 70% en 3 ans. Grand motif de réjouissance pour les quelques 17 millions d’internautes, contre 10 millions en début d’année 2017 (+70% en un an), et seulement 200 000 en 2011.

Qualité de service

Mais voilà, tous les clignotants ne sont pas au vert. Selon le ministre, l’audit de la qualité de service ou QoS (Quality of service) réalisé en 2017 a révélé des défauts de QoS chez les trois opérateurs mobiles : Orange, MTN et Moov. Ce qui  a conduit l’ARTCI à leur infliger des pénalités d’un montant total de 5 milliards de FCFA.

« Il convient de reconnaître toutefois, que les changements de générations de technologies dans notre pays se sont opérés a un rythme très accéléré (3G en 2013 et 2014 ; 4G en 2016 et 2017), ce qui, inévitablement, crée des perturbations dans le fonctionnement des réseaux de communications électroniques », a expliqué le ministre Bruno Koné. Ajoutant : « Dans le même temps, l’accroissement continu du nombre d’abonnés induit des travaux en permanence pour adapter et optimiser les réseaux et les cellules du last mile. Nous déplorons également les trop fréquentes coupures des réseaux de fibre (du fait de travaux sur les voies urbaines ou rurales), et les perturbations liées aux réseaux électriques. »

Classement et perspectives 2018

Malgré cela, la Côte d’Ivoire a amélioré son rang dans les classements en Afrique : 8ème en matière de cyber sécurité (Global Cybersecurity Index) ; 2ème dans le classement Open signal sur le débit de l’internet mobile ; 9ème dans l’indice de développement de l’UIT. De quoi satisfaire le ministre Bruno Koné qui a salué les efforts d’investissements réalisés par les acteurs du secteur. Avant de s’engager à poursuivre les chantiers en cours. A savoir l’achèvement de la phase 2 de l’identification des abonnés à la téléphonie mobile ; l’achèvement du Réseau national haut débit à base de fibre optique, dont 4995 Km ont été posés à ce jour sur 7000 Km ; la dématérialisation de 200 services administratifs ; et le projet « 1 citoyen, 1 ordinateur, 1 connexion internet ».

Anselme AKEKO
anselme.akeko@cio-mag.com

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here