Elections au Cameroun : les réseaux sociaux font courir les partis politiques

(CIO Mag) – Les Camerounais se préparent pour les élections sénatoriales prévues le 25 mars prochains. Celles-ci seront suivies des Municipales, des Législatives et des Présidentielles. Les leaders des partis politiques et les futurs candidats investissent les réseaux sociaux (Facebook, Twitter WhatsApp, site web et autres) pour mieux communiquer et toucher le vivier électoral.

En charge de la gestion des élections, Elections Cameroon (Elecam) n’est pas en reste. Afin de mobiliser les électeurs et mieux les servir, Elecam a mis à contribution les TIC pour partager les informations y relatives. « Pour vérifier si vous êtes effectivement inscrit sur les listes électorales d’Elecam ou contrôler si vos données personnelles sont correctes, tapez le lien : http//file.elecam.cm. » C’est l’information qui circule dans les réseaux sociaux. Cette plateforme de consultation du fichier électoral permet à tous les Camerounais en âge de voter de savoir si son inscription est conforme aux informations qu’il a préalablement fournies. C’est un espace créé par Elecam pour faciliter les vérifications et renforcer le contact avec les électeurs.

D’autres moyens tels que la flotte téléphonique, la plateforme Zimbra et le fax permettent aussi de communiquer avec l’extérieur. « Aujourd’hui pour connaître ma situation, j’entre seulement sur le site et j’ai les informations souhaitées sans faire le déplacement de l’agence. J’économise de l’argent et je gagne en temps. C’est un grand avantage », fait remarquer un habitant de Bafang.

« Le toilettage du fichier électoral est en cours. Nous allons publier et mettre à la disposition des inscrits et du peuple camerounais des listes électorales provisoires. Dès lors, il sera possible à tout inscrit de vérifier à partir de sa carte d’électeur, ou en ligne, s’il est véritablement inscrit et s’il est dans le bureau de vote où il est censé aller voter.  Depuis le mois dernier, dans chacune des dix régions du Cameroun, pourrons publier les listes électorales définitives pour les élections de 2018. Ce sont des listes qui concernent chacun des bureaux de vote de la région », précise Abdoulaye Babalé, directeur général des Elections à Cameroon Tribune.

Les partis politiques et la Toile

Facebook est le support utilisé par les internautes pour partager leurs activités personnelles, leurs émotions, leurs loisirs, etc. Plusieurs internautes affectionnent bien la page des personnalités politiques.  Le 30 décembre dernier, les internautes ainsi que les 805 081 suiveurs du compte Facebook du président Paul Biya pouvaient revoir la vidéo du message à la Nation délivré l’an dernier.

Maurice Kamto, président national du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), Cabral Libii, président du  «  Mouvement 11 millions de citoyens » ou Olivier Bilé, président de l’Union pour la Fraternité et la Prospérité (UFP) ont enregistré et diffusé chacun son « adresse à la Nation » par ce même canal le 31 décembre 2017. Sur You Tube, plateforme de partage et diffusion de vidéos, le président de l’UFP a d’ailleurs créé toute une chaîne pour la diffusion de ses vidéos ou des spots publicitaires de son parti. Il y publie des prises de position de son mouvement.

D’autres acteurs comme Alice Sadio de l’Alliance des forces progressistes, l’ingénieur polytechnicien Dieudonné Kameni Djouteu de l’Union des démocrates pour le travail au Cameroun (UDT), Kah Walla du Cameroon people’s party (CPP), Bernard Njonga du « croire au Cameroun », Anicet Ekane du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (MANIDEM), profitent aussi d’une grande exposition médiatique grâce aux multiples vidéos postées par des internautes ou eux-mêmes, après leurs participations à des émissions ou débats télévisés.

Sur Twitter, la page du président Paul Biya met en valeur tous les actes (décrets, arrêtés) ainsi que des vidéos et photos prises à diverses occasions. Comme le font d’autres avec des photos de leurs meetings, des vidéos d’allocutions ou même des réactions sur des sujets d’intérêts divers. Ces personnalités politiques peuvent instantanément interagir avec leurs suiveurs. Et être à mesure de savoir ce que pense leur cible de leurs diverses  prises de position à travers les « j’aime » et « je n’aime pas ».

Ainsi va la vie sur la Toile, qui s’accentue dans le contexte préélectoral actuel. Les hommes politiques considérant la Toile comme un nouveau terrain de conquête de l’électorat. Ils y déploient donc une véritable stratégie de communication digitale, orientée vers les millions d’internautes, à la faveur grandissante d’internet.

Relevons qu’en 2017, l’Union internationale des télécommunications (UIT) estimait le taux de pénétration d’internet au Cameroun à 21 % de sa population. De son côté, la plateforme de Jumia indiquait aussi que sur les 24 millions de Camerounais, 5 millions sont régulièrement sur internet. C’est sûr qu’avec ces multiples élections qui s’annoncent à grandes enjambées, ce chiffre va connaître une hausse.

Jean Claude Noubissié, Cameroun
jcnoubissie17@gmail.com

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