Covid-19 : les mesures barrières contre les campagnes d’emails frauduleux

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Président-directeur général du Groupe ivoirien Soft Computer, Kouassi Touvoli Luc est spécialisé dans la sécurité informatique, la géolocalisation et l’énergie solaire. Fort de ses plus de 20 ans d’expérience, ce diplômé de l’Université d’Abidjan (Côte d’Ivoire) livre des solutions pour faire face aux campagnes d’emails frauduleux qui utilisent les banques et le Covid-19 comme prétexte.

CIO Mag : Nous constatons ces derniers jours une augmentation des mails véreux qui utilisent les banques et le Covid-19 comme appât. Qu’en pensez-vous ?

Kouassi Touvoli Luc : Votre constat est juste. Les hackers ont pour habitude de profiter des mouvements de tendance pour perpétrer des attaques. Pendant cette crise, les internautes doivent être vigilants. Les attaques informatiques utilisent ce qu’on appelle souvent le cheval de Troie. A partir d’un fichier ouvert sur votre terminal, ils peuvent prendre possession de vos données. Les banques comme tout établissement financier ou encore des plateformes de décision sont souvent les cibles privilégiées des hackers. Aussi, nous conseillons de ne point ouvrir de mails venant d’une source inconnue ou de mails avec des noms inhabituels. Nous recommandons à toutes les structures, la sécurité de leurs bases de données par des solutions qui font la force d’une société protégée.

Comment détecter un email corrompu ou suspect ?

La détection d’un email corrompu commence par de simples mesures de sécurité. Votre environnement de travail est identique à votre lieu d’habitation. A l’intérieur, vous avez vos biens. Vous y accédez, soit par la voie normale, soit par effraction. Si votre environnement est protégé, l’intrusion d’un fichier malveillant est repéré par un antivirus ou une « mesure barrière » pour emprunter l’expression en vogue. Votre terminal muni d’un antivirus à jour, c’est-à-dire les mesures barrières, identifie le fichier corrompu et l’empêche de l’infecter. Ici aussi, il faut adopter des mesures barrières. Il ne faut pas ouvrir son terminal à n’importe quel fichier. Il faut, si possible, utiliser des pare-feu, c’est-à-dire les masques, et désinfecter les fichiers, c’est-à-dire se laver les mains.

Cette crise sanitaire appelle aussi au télétravail. Dans ces conditions, quels sont les bons gestes de sécurité à adopter ?

Il faut s’assurer de la meilleure protection par un antivirus. Une bonne utilisation de votre outil informatique passe par un bon comportement de protection. Au sein du Groupe Soft Computer, nous utilisons le télétravail pour échanger avec nos partenaires à travers le monde sur des questions de transfert de compétences. Ici en Côte d’ivoire, nos agents sont sur le terrain et transfèrent les données dont nous avons besoin. Nous avons un serveur dédié qui permet ces transferts. C’est pourquoi chez nous, on ne parle pas d’isolement mais d’objectifs à atteindre quel que soit l’endroit où nous sommes. Notre objectif aujourd’hui, c’est de mettre notre solution à la disposition du ministère de l’Education nationale pour lancer ses programmes de télé-enseignement.

Pensez-vous que la géolocalisation peut permettre aux autorités ivoiriennes de maîtriser l’expansion du Covid-19 ?

Cette question est d’actualité, pas à cause du Covid-19. Voyez dans les rues d’Abidjan, il existe des caméras partout, non pas pour des films d’action mais pour la sécurité. L’utilisation de ces caméras est basée sur la géolocalisation. Ainsi, l’Etat peut à travers les caméras contrôler les mesures de sortie et d’entrée de zones. Aujourd’hui, on utilise des puces pour géo localiser des individus ou des véhicules. Mais le recours à cette technologie est du domaine régalien de l’Etat, y compris la manipulation de données personnelles. Grâce à la géolocalisation, les services des ministères de la Santé et de la Sécurité peuvent observer les déplacements des populations en cette période de crise et constituer une base de données. En Chine, une application du nom de Hangzhou attribue un code aux utilisateurs en fonction de leur état de santé après avoir rempli des formulaires relatifs à leurs déplacements et contacts. Des solutions similaires existent en Côte d’Ivoire.

En conclusion, quelle pourrait-être votre contribution dans la gestion de cette crise ?

Cette crise est sociale, économique et scientifique. A ce titre, nous conseillons les mesures barrières comme dans tout système de sécurité informatique. Le Covid-19 est un virus et la solution utilisée pour les fichiers reste valable pour les humains. N’ouvrez pas les fichiers inconnus ou les emails suspects. C’est peut-être un cheval de Troie. Pas de fichiers suspects ouverts, pas de visiteurs suspects chez vous. Je souhaite que les mesures barrières nous protègent contre toutes formes de virus.

Propos recueillis par Anselme AKEKO

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