DAT Sénégal 2020 : tour d’horizon des modèles économiques pour l’accessibilité des télédiffuseurs en Afrique

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CIO Mag organisait le mardi 13 octobre, la 10ème édition du Digital African Tour (DAT) 2020, étape du Sénégal, en partenariat avec la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale, Franco-Fil et TDS-SA. Le thème général retenu pour cette édition en ligne porte sur « l’avenir de l’audiovisuel en Afrique à l’ère du numérique. » Le premier panel a abordé le thème : « vers quel modèle économique pour assurer la viabilité de l’activité des télédiffuseurs en Afrique ? » avec l’intervention des responsables africains de la télédiffusion. (1ère partie)

Michaël Tchokpodo

(CIO Mag) – Pour répondre à la question du type de modèle économique pouvant assurer la viabilité de l’activité des télédiffuseurs en Afrique, plusieurs hauts responsables africains ont partagé l’expérience de leurs pays respectifs. Etaient présents au panel : Amadou Diop, Directeur général de la société de Télédiffusion du Sénégal (TDS-SA), Ismaël Togola, Directeur général de la société malienne de transmission et de diffusion (SMTD) et Epey Dotse, Directeur général de la télévision togolaise.

L’ensemble des pays africains ont entamé le processus de transition de l’analogique au numérique dans les années 2010. Dix ans après, la plupart de ces pays se retrouvent presque au bout du processus mais avec l’inquiétude pesante de la pérennité des modèles d’affaires pour maintenir le cap. Chaque pays envisage le modèle de monétisation qui lui paraît le plus accessible. « Au Sénégal, informe Amadou Diop, nous avons adopté un modèle de partenariat public-privé que nous sommes en train d’évaluer. »

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Selon lui, il convient d’envisager le plus rapidement possible « des relais de croissance qui permettront de garantir la pérennité de l’activité. Il faut une contribution de l’Etat mais également arriver à générer des ressources à travers les services offerts. Si nous n’arrivons pas à équilibrer nos modèles sur les ressources générées par notre activité, cela peut poser un problème. Au-delà de nos revenus traditionnels, il faut que nous aillions chercher des revenus complémentaires à travers des solutions à valeur ajoutée qui peuvent être l’archivage, de la mutualisation satellitaire, des OTT, etc. »

Augmenter les flux financiers

Au Togo, la réalité est toute autre puisque depuis 2013, l’Etat a déployé tous ses émetteurs sur la dizaine de sites repérés sur l’étendue du territoire national. Au total, 26 milliards de francs Cfa ont été investis sur fonds propres pour le déploiement de la télévision numérique terrestre (TNT). « La société de diffusion n’est pas encore créée mais la loi a été votée à l’Assemblée nationale en octobre dernier. Il ne reste que les décrets d’application pour créer la société de diffusion et la société d’édition. C’est après cela que nous allons rentrer dans le vif du sujet parce qu’il faut une entité pour diriger ces sociétés », explique Epey Dotse, Directeur général de la télévision togolaise.

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De son côté, la société malienne de transmission et de diffusion a entre autres pour missions, d’assurer la transition de l’analogie au numérique. Dans ce contexte, il est envisagé un modèle économique TNT évolutif dans la mesure où le Mali utilise, non seulement les liaisons satellitaires, mais aussi la fibre optique pour le transport des flux. Selon Ismaël Togola, « les éditeurs locaux vont se retrouver en free to air sans besoin de cryptage, ni de décodeur pour y accéder. Nous allons à terme avoir nos propres décodeurs pour permettre à ceux qui n’ont pas de téléviseur numérique de pouvoir bénéficier de l’accès au contenu de la TNT toujours sans abonnement. »

Il poursuit : « pour avoir un peu plus de revenus avec la TNT, nous travaillons avec les éditeurs qui paient la diffusion afin d’analyser leurs besoins. En plus des liaisons qu’ils auront à nous transmettre, ils pourront aussi utiliser le confort de la fibre optique en prenant des capacités payantes. En plus, ils pourront utiliser le data center pour stocker des données. Nous comptons sur cela pour augmenter nos flux financiers. »

Ouverture du marché

Alors qu’ils envisagent des possibilités de pérennisation de l’accessibilité des télédiffuseurs en Afrique, les pays africains sont confrontés à divers défis. Ils ont rapport à la libération de ces fréquences, l’exploitation technique des infrastructures et l’équilibre en termes de service. Sur la question du dividende numérique, alors que le Mali s’est basé sur les recommandations de l’Union internationale de télécommunications (UIT) pour financer la transition vers la TNT, le Sénégal pour sa part confie à l’Etat la mise en concession des fréquences quitte-à soulager le secteur audiovisuel enclin à des difficultés de diverses ordres.

Etes-vous disposés à recruter de nouveaux éditeurs ? « Nous sommes engagés dans des discussions avec certains éditeurs qui viennent de l’international. Nous en avons déjà recruté une dizaine pour notre TNT à Bamako. Nous continuons à démarcher d’autres », répond Ismaël Togola. Avec un opérateur de bouquets payants qui exploite une quarantaine de chaînes, le Sénégal offre de belles perspectives aux télédiffuseurs sur son territoire telles que le taux de pénétration d’internet de la TNT.

Vous pouvez revoir l’intégralité de la conférence dans notre vidéo ci-dessous

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