Douglas Mbiandou, le président d’OBJIS, décidé à former 10 000 codeurs africains à l’horizon 2025

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26 février 2015 au Tech Hub d'akendewa, Côte d'Ivoire. A gauche sur la photo, ce jeune est venu de Bouaké pour la séance d'information sur le programme de formation "Développeur Java Web Mobile". Il rencontrera Douglas Mbiandou en tête à tête le demain.

L’Afrique est la terre d’ancrage d’OBJIS. Dix ans après sa création, en France, le centre de formation informatique Java, présidé par Douglas Mbiandou, s’est arrimé au continent. Des centres dédiés aux métiers du développement d’application Java Web mobile ont été ouverts au Maroc, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Congo.  

(CIO Mag) – En misant sur l’Afrique, le continent où il a vu le jour, il y a quarante ans, le président fondateur d’OBJIS, a réussi son pari : faire participer la jeunesse africaine à la transformation digitale. Aujourd’hui, OBJIS forme et accompagne les jeunes africains à la création de logiciels. La formation d’ingénieurs développeurs d’application lui est confiée. Parmi ses clients : Orange Sénégal et Mali, les douanes du Mali, du Sénégal et du Bénin, la BCEAO, ECOBANK, CNSS Togo, CNSS Congo Brazza, Ministère Finances Brazza… « OBJIS forme et on accompagne à la création de logiciels. Et nous fournissons les compétences opérationnelles à ceux qui montent des startups technologiques. » Au Sénégal, par exemple, une stagiaire d’Objis a créé un logiciel dans le secteur de la santé, lequel logiciel assure la gestion automatique des données médicales des patients.

#10 000 codeurs d’ici à 2025

Au départ, rien ne destinait le président d’OBJIS et sa dizaine d’associés à ouvrir des centres de formation en Afrique. Après avoir obtenu, en 2000, son diplôme d’ingénieur à l’Institut national des sciences appliquées (INSA) de Lyon, Douglas Mbiandou a travaillé, pendant six ans, chez Capgemini, en France, en Suisse et aux Etats-Unis, comme développeur d’applications. En 2005, il a créé OBJIS. Douze ans plus tard, le spécialiste Java a formé 3 000 personnes ! Au nombre de ses clients en France, AXA, Orange, Thales, HSBC, IBM, Accenture…

Très rapidement, OBJIS a investi le marché africain de la programmation informatique. « On a voulu s’implanter sur le continent pour répondre durablement aux besoins de nos clients. Et pour contribuer au développement de l’Afrique en offrant, aux jeunes chômeurs, une formation de qualité. » La première tentative n’est pourtant pas concluante. OBJIS réinvestit alors le marché français de la formation. Quelques années plus tard, Douglas Mbiandou récidive. Et signe un gros contrat à Brazzaville, au Congo. Rebondissant sur cette opportunité, il crée OBJIS Congo, en 2013. « J’ai profité d’une mission avec l’Etat congolais pour lancer une structure juridique. Et j’ai mis en place une formation pour le lancement d’un centre de développement off shore. L’ambition est de former 10 000 informaticiens Développeurs Web et mobile entre 2015 et 2025 ».

Nouvelle génération de programmeurs

Confiant en l’avenir du numérique en Afrique, Douglas Mbiandou prépare une nouvelle génération de programmeurs. A raison de trois heures, trois fois par semaine, les jeunes stagiaires s’initient, en cours du soir, à la programmation informatique. La formation est à 90% financée par OBJIS, les 10% restant étant à la charge de l’apprenant. « On a commencé ce programme de formation en cours du soir en Côte d’Ivoire et au Sénégal.»

Conscient des besoins du marché africain, l’ingénieur français d’origine camerounaise se sent investi d’une responsabilité à l’égard du continent. En transmettant les connaissances qu’il a acquises en France, c’est toute une jeunesse qu’il prépare à la vie professionnelle. OBJIS leur apporte des réponses en termes de formation. « Il y a une prise de conscience politique que le numérique peut être vecteur de développement et qu’il peut infléchir le chômage des jeunes africains », fait  remarquer Douglas Mbiandou. A charge pour les décideurs de soutenir ces partenaires qui ont à cœur de participer au développement numérique du continent en accompagnant la montée en compétences des jeunes africains.

Véronique Narame

Article paru dans CIO Mag N°47 disponible en ligne. 

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