Gfi mise sur l’implantation locale pour conquérir l’Afrique

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Vincent Rouaix, PDG GFI

(Cio Mag) – Vincent Rouaix est le président directeur général de Gfi, un leader français et européen des services informatiques présent dans plus de 22 pays et comptant plus de 20 000 collaborateurs dans le monde pour un CA de 1, 395 milliard d’euros en 2018. Dans cette l’entretien accordé à Cio Mag à Yaoundé au Cameroun, consécutivement à l’annonce de son intégration dans l’entreprise Bridgeo – premier partenaire Sage en Afrique Centrale, il s’est prononcé sur sa stratégie de développement numérique en Afrique, mais aussi sur les enjeux de la ville intelligente.

« Durant les années à venir l’Afrique connaitra une croissance significative », est convaincu Vincent Rouaix. Raison pour laquelle il s’emploie très activement à son positionnement sur le marché Africain. À l’entendre il compte occuper les premiers bancs de la transformation importante que pourrait connaître le continent.

Pour cela, il dit s’être engagé dans une stratégie de localisation et d’implantation locale sur laquelle il souhaite avoir une dynamique d’inclusion du tissu industriel. Mais également celle d’accompagnement de la formation et la pérennité des emplois dans les pays où son entreprise se trouve. D’après Vincent Rouaix, cette stratégie se base sur trois axes.

« En Afrique nous avons fait un choix d’implantation locale, nous avons décidé de mettre en œuvre une stratégie basée premièrement sur l’accompagnement de nos clients internationaux dans la transformation locale. Deuxièmement, être un acteur de référence auprès des gouvernements et du tissu industriel local. Troisièmement, pousser nos offres dans toutes les facettes d’accompagnement digital tels que le conseil et les services d’intégration de système auprès du tissus industriel et administratif », a t-il cité.

C’est d’ailleurs dans ce qu’il appelle « Stratégie volontariste de pénétration » de ce marché qu’il dit avoir effectué des acquisitions comme celle de Bridgeo le 5 décembre dernier au Cameroun.

Avec cette acquisition, Gfi totalise désormais plus de 1000 collaborateurs au service des entreprises africaines et confirme sa volonté de développement sur le marché africain.

L’intégration de Bridgeo, c’est donc 3 ambitions majeures pour le Groupe Gfi. C’est à la fois, accélérer la croissance locale de Bridgeo, grâce à l’élargissement de son panel d’offres de services et de solutions métiers issues du Groupe Gfi, de devenir un des leaders des services IT en Afrique Centrale grâce à la double maîtrise des enjeux métiers et technologiques et d’accompagner les clients grands comptes du Groupe, notamment issus des secteurs de la Banque, des Télécoms et de l’Industrie, dans leur développement régional.

Selon Vincent Rouaix, une telle démarche doit permettre à Gfi de « tisser un réseau sur l’étendue du continent pour se projeter sur les sous régions et accompagner la dynamique de développement ».

« …Apporter des solutions pragmatiques concrètes et très opérationnelles »

D’après le dirigeant de Gfi, Bridgeo vient compléter et renforcer leur ligne de services d’intégration des systèmes Sage.

« Nous sommes un partenaire significatif de Sage au niveau mondiale. Avec l’acquisition de Bridgeo, nous confortons, notre position de partenaire stratégique pour Sage. Nous renforçons également notre proposition de valeur unique pour les entreprises et administrations africaines, allant du conseil métier jusqu’à l’implémentation des solutions. En plaçant le digital au cœur de la stratégie de ses clients, Gfi leur permet d’accélérer leur transformation et de faire la différence dans leur expansion », a expliqué Vincent.

« Et pour l’Afrique, notre volonté est avant tout, de consolider cette ligne de business. C’est-à-dire, être encore plus prédominant sur le marché pour accompagner le développement numérique. Mais aussi grâce à cette nouvelle implantation locale, être capable d’apporter au Cameroun et à la sous-région d’autres services pouvant être digitalisés. Comme par exemple d’autres systèmes ERP que nous pouvons aussi promouvoir en Afrique », a t-il ajouté.

Par ailleurs il se dit aussi convaincu que « la transformation digitale est un axe majeur de développement de l’Afrique, pour plusieurs raisons ».

«  Nous savons notamment que c’est un sujet qui impacte tous les secteurs d’activités et tous les sujets à la fois comme la sécurité, la collecte, la transparence, la digitalisation des procédures administratives, ou comme la capacité de monétiser les services étatiques », a-t-il noté.

Le fournisseur de services informatiques a aussi rapporté des améliorations en termes de transformation digitale en Afrique.

« En Afrique, nous remarquons des améliorations certaines et concrètes à travers la digitalisation des processus, la monétisation de certains services et l’amélioration des collectes. Il s’agit de sujets majeurs aujourd’hui. Je pense que le numérique peut être un sujet de transparence, d’amélioration du désendettement qui va impacter fortement la capacité des investisseurs à venir se projeter sur ce territoire. Certains pays comme le Togo ont évolué de façon significative dans le doing business. Il y a une vraie prise de conscience et un vrai phénomène d’accélération qu’il faut enclencher et développer au niveau des États », a-t-il déclaré.

Interrogé sur la transformation des villes en smart cities, Vincent Rouaix revient sur l’approche de Gfi qui combine son expertise technologique transverse et sa démarche innovante pour s’inscrire comme un acteur clé de la chaîne de valeur numérique de la smart city.  « Étant impliqués dans ce concept en Afrique, notre stratégie est d’avoir à la fois une compréhension globale des enjeux mais aussi d’avoir sur la base des infrastructures en place, des développements de sujets très pertinents de la smart city. Lesquels viennent contribuer à une amélioration de la vie sociétale et de la performance des administrations et des gouvernements. Gfi s’appuie sur son programme City Digitalisation pour accompagner les gouvernements en Afrique dans leur projet de e-administration ».

Face à ces enjeux majeurs, nombreuses sont les solutions sur lesquelles Gfi démontrent la pertinence d’actions. On peut concrètement mettre en œuvre des solutions rapides et obtenir un impact sociétal significatif sans passer par des développements globaux difficilement bancables. Vincent Rouaix considère que face à certaines problématiques simples, des démarches pragmatiques, concrètes et très opérationnelles doivent être développées.

Aurore Bonny, Yaoundé

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