Haweya Mohamed (Afrobytes) : « Etre un pont entre la Tech Africaine et Européenne »

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Haweya Mohamed, Co-fondatrice et Directrice Générale de Afrobytes

A l’occasion de la journée mondiale de la femme, mardi 8 mars 2017, CIO MAG a décidé de mettre à l’honneur les femmes de l’écosystème numérique africain : ministres en charge de l’économie numérique, dirigeantes de grandes entreprises et entrepreneuses innovantes. Voici le portrait de Haweya Mohamed.

(CIO Mag) – Le parcours professionnel de Haweya Mohamed a démarré dans de grands groupes audiovisuels internationaux comme Endemol, Channel 4 et RTL. Elle fut également Chef de cabinet d’Alain Afflelou et Secrétaire Général de sa Fondation.

En 2014, elle créé sa première structure, une agence de communication spécialisée dans les relations publiques stratégiques, les relations presse et médias.  Elle part ensuite au Maroc pour collaborer à la transformation structurelle et travailler sur la communication internationale de la SNI, holding royale du Maroc.

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Haweya Mohamed est aujourd’hui Co-fondatrice et Directrice Générale de Afrobytes (www.afrobytes.com) dont la mission est d’être un pont entre la Tech Africaine et la Tech Européenne.

A notre demande de retracer son parcours, Haweya Mohamed a préféré plutôt insister sur la trajectoire qu’elle souhaite donner à cette nouvelle aventure entrepreneuriale, à sa vision de la trajectoire numérique du continent et au rôle des femmes dans cette révolution digitale.

Haweya Mohamed porte tout d’abord une conviction. Celle que les piliers du développement des économies africaines ont aujourd’hui pour suffixe le mot « Tech » : FinTech, AgriTech, EduTech… Ils ont aussi comme préfixe la lettre « m » comme Mobile: m-Health, m-Payment… L’Afrique est le continent dit « Mobile First » et est devenu le territoire par excellence de la « transformation digitale ». Le numérique contribue aujourd’hui à plus de 5% du PIB du continent, et en 2020 ce sera plus de 8%.

Nul n’imagine que cette omniprésence du numérique puisse décroitre dans le temps, bien au contraire. Il est probable que l’arrivée massive des grands acteurs de la Tech mondiale et les progrès effectués dans la mise en place des infrastructures accélèrent encore la contribution des TIC aux richesses nationales. Les données, nouvelles matières premières du continent africain, seront au cœur des nouveaux défis économiques et sociétaux de celui-ci.

Haweya Mohamed fait également un constat. Si l’entrepreneuriat féminin en Afrique est certes l’un des plus importants au monde, il existe aussi une immense inégalité entre les sexes en ce qui concerne l’accès aux technologies. Les inégalités dans l’accès à l’éducation, le taux d’illettrisme féminin, le faible pouvoir d’achat des femmes face aux coûts d’accès aux données ou encore les normes culturelles et sociales conservatrices, sont autant de facteurs qui font que le nombre de femmes menant une carrière dans le secteur des nouvelles technologies ou créant des « startups » est largement inférieur à celui des hommes. Si l’on souhaite que les femmes participent pleinement à la création de richesse, il est alors impératif de créer les conditions pour qu’elles puissent accéder aux technologies et pour qu’elles soient en capacité de développer les innovations qui impacteront positivement le quotidien des communautés. Aujourd’hui, le plus grand danger pour elles serait qu’elles restent tenues à l’écart de la société de l’information.

La Conférence Afrobytes dédiée à l’innovation africaine met en avant les réussites de femmes dans la Tech. Elle a ainsi accueilli la « serial entrepreneuse » et « Business Angel » Rebecca Enonchong qui a pu évoquer ses succès obtenus entre la Silicon Valley et le Cameroun. Juliet Waniyiri, 25 ans, experte en robotique formée au MIT, a partagé sa passion de l’ingénierie pour la conception de produits pensés pour le marché kenyan. Lucy Mbabazi, également présente et à la tête de m-Visa à Kigali, mène aujourd’hui le programme devant supprimer l’usage d’espèces au Rwanda afin que les échanges se fassent uniquement en monnaie électronique.

Le souhait d’Haweya Mohamed est d’inspirer modestement les jeunes femmes mais également d’inciter les chefs de famille à effectuer le même effort d’éducation que pour les garçons. La présence des femmes dans toutes les composantes du secteur Tech ne doit plus être inattendue mais doit devenir naturelle.

La conférence Afrobytes se tiendra les 8 et 9 juin 2017 à Paris. Elle sera l’occasion pour le monde de l’IT Africain de rencontrer les startups qui œuvrent à transformer les usages numériques du continent. En effet pour Haweya Mohamed, il est nécessaire de créer toujours plus d’interactions entre le monde de l’IT et le monde des startups. Les uns ont besoin du savoir-faire de ceux qui pensent et opèrent les infrastructures, les autres ont besoin de créateurs des services qui utilisent leurs infrastructures. C’est ainsi que l’on accélèrera un thème qui nous est tous si cher : la transformation digitale du continent africain.

Pour plus d’informations sur la conférence: www.afrobytes.com

LinkedIn: https://www.linkedin.com/in/haweya-mohamed-7987238/

Twitter: https://twitter.com/haweyam

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