Le Cameroun au taquet contre la cybercriminalité

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Depuis la semaine dernière le Cameroun bat une importante campagne contre la cybercriminalité. Avec des pertes importantes causées par ce fléau, il est question de prévenir, de sensibiliser et de développer davantage de moyens de lutte.

(CIO Mag) – « La cybercriminalité est un phénomène qui n’épargne aucun Etat, aucune institution, aucun individu. Le Cameroun n’en est pas épargné et subit les conséquences désastreuses de ce fléau, tant sur les biens que sur les individus », a déclaré Minette Libom Li Likeng, la ministre des postes et des télécommunications lors d’une conférence de presse tenue le 12 août dernier.

D’après elle, le contexte qui prévaut actuellement au Cameroun est marqué par la montée en puissance de ce phénomène. Cela se traduit par l’incitation à la révolte contre les institutions de l’Etat, la diffusion sur les réseaux sociaux d’informations erronées et images montées de toutes pièces, pour désinformer, choquer, semer la psychose au sein de l’opinion, et jeter le discrédit sur le pays et le piratage des sites web et comptes Facebook de hautes personnalités et institutions.

L’on peut remarquer que depuis la semaine dernière, la cybercriminalité est à la une des tables rondes et constitue la raison d’un important déploiement des acteurs du secteur numérique au Cameroun et des autorités publiques.

En effet, il y a quelques jours le pays a organisé sa seconde édition de l’Atelier sur la protection des données. Elle s’est tenue du 12 au 14 août. Période au cours de laquelle Minette Libom Li Likeng a lancé une vaste campagne nationale pour la promotion de la culture de la cyber sécurité et la sensibilisation à l’usage responsable des réseaux sociaux.

Ladite campagne organisée sous le thème : « tous mobilisés pour la cybersécurité au Cameroun », se veut une initiative visant à contribuer à l’expansion de l’économie numérique dans le pays.

Elle s’inscrit dans la « stratégie mise en place par le Gouvernement pour lutter contre la cybercriminalité et toutes formes de délinquances dans le cyberespace, en vue d’une véritable gouvernance numérique au Cameroun », a expliqué la ministre.

D’après elle, la nécessité de cette campagne repose sur une reconfiguration radicale des usages, des relations aux autres et des rapports au travail avec une importante dépendance aux outils numériques. Surtout après que le contexte sanitaire actuellement lié au Coronavirus (Covid-19) ait semé désolation et désarroi.

Qui dit numérique dit également cyber menace. Avec cette campagne, les autorités camerounaises visent à  éveiller l’attention des citoyens sur les menaces en provenance du cyberespace mondial et  susciter leur adhésion dans la mise en place de mesures de cyber sécurité.

Il est également question d’attirer l’attention des décideurs et responsables des structures de l’Etat ainsi que des entreprises, en vue d’une prise de conscience et de l’implémentation des protocoles de sécurité des réseaux.

Mais également de sensibiliser toutes les couches sociétales sur l’usage responsable des réseaux sociaux qui sont utilisés de plus en plus à des fins malveillantes.

Entre aussi en compte la mise en place d’une coalition nationale de promotion d’un usage citoyen des réseaux sociaux.

6 milliards de FCFA perdus en 2019

Hier également s’est ouvert le Forum de la société civile sur les questions relatives à la cyber sécurité au Cameroun.

Ce, dans l’optique de construire une coalition digitale autour du sujet. À cette occasion les acteurs de ladite société ont préconisé la création d’une entité nationale d’intelligence cybernétique et le renforcement des capacités des équipes du centre d’alerte et de réaction aux attaques informatiques de l’ANTIC.

L’attention portée sur la cybercriminalité au Cameroun est d’autant plus importante que par escroquerie aux faux ordres de virement (Fovi), technique privilégiée par les cybercriminels, 6 milliards de FCFA ont déserté les caisses du pays en 2019. Soit près de la moitié supérieure aux 14 milliards de FCFA débloqués pour combattre ce fléau entre 2016 et 2017 dans le pays.

D’après l’ANTIC relayée par l’Agence Ecofin, les cybercriminels sont parvenus à ce résultat en procédant par des demandes de virements non planifiées à caractère urgent et confidentiel, des changements de coordonnées téléphoniques ou d’emails mais aussi en passant par un usurpateur se faisant passer pour un membre d’une société.

Plusieurs facteurs ont été propices à leurs procédés. Notamment des stratégies de cybersécurité non harmonisées au sein des différentes structures, les référentiels et mesures correctives proposées par l’ANTIC non respectés et un cadre multi acteur de gouvernance de la sécurité des systèmes d’information absent.

Sont aussi en cause, le manque de stratégie opérationnelle de communication digitale et le non-respect de la loi. Précisément celle sur la collecte des données de trafic et à l’identification des abonnés par les opérateurs.

Aurore Bonny

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