Le projet « Adiyèaba » remporte le 1er prix du concours Labfrancophone de Lomé

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"Adiyèaba" (ou la couveuse connectée) permet à l’éleveur d’éliminer les étapes qui ralentissent la productivité et d’incuber un plus grand nombre d’œufs (110 œufs incubés par an, par poule), avec une couveuse connectée. La solution a remporté, dimanche, le 1er prix du concours Labfrancophone sur l’Internet des Objets (IoT) à Woelab, à Lomé.

Le projet Adiyèaba – poule couveuse en Youruba – a remporté, dimanche, le 1er prix du concours Labfrancophone sur l’Internet des Objets (IoT) à Woelab, à Lomé. La ministre des Postes et de l’Economie numérique, Cina Lawson, s’est déplacée en personne pour remettre au groupe gagnant le prix de 10.000 euros (6,5 millions de FCFA environ) mais aussi pour encourager les jeunes à participer à l’émergence d’une économie numérique au Togo par l’entrepreneuriat.

(CIO-Mag) – « Adiyèaba » est un projet purement agricole qui mise sur l’innovation technologique. Il promeut une couveuse artificielle dotée d’objets connectés pour améliorer la productivité des éleveurs. Les porteurs d’Adiyèaba (El-mi-iradj Sanni, Kémal Dara, Rachid Ali, Amouzou Gérémie) ont identifié le fait qu’une poule pond en moyenne 30 œufs par an, avec la période de couvaison et autres, ajouté aux risques de pertes, soit des œufs et/ou des poussins. Leur solution permet à l’éleveur d’éliminer ces étapes qui ralentissent la productivité et d’incuber un plus grand nombre d’œufs (110 œufs incubés par an, par poule), avec une couveuse entièrement produite en Afrique, et donc bien moins chère.

Se servir des objets connectés pour impacter le développement, en se focalisant sur le numérique, les IoT ! Voilà l’essence du concours qui portait sur le thème « Objets connectés au service du développement durable ». « C’est un projet qui s’intéresse à l’élevage et a pour objectif de redynamiser l’économie villageoise », confie El-mi-iradj Sanni, porte-parole du projet. « On est heureux, nous allons développer et vulgariser le projet, finaliser le prototype, vulgariser le produit sur le marché afin de faire bénéficier les éleveurs », rassure El-mi-iradj.

Remise du 1er prix aux porteurs du projet Adiyèaba par la ministre des Postes et de l'Economie numérique, Cina Lawson.
Remise du 1er prix aux porteurs du projet Adiyèaba par la ministre des Postes et de l’Economie numérique, Cina Lawson.

L’engagement du gouvernement à accompagner ces initiatives

La présence de la ministre Cina Lawson des Postes et de l’économie numérique à la soirée finale de ce concours sur les IoT est un signal d’engagement du gouvernement du Togo à accompagner toutes les innovations technologiques. Madame Cina Lawson a donc réaffirmé cette volonté politique aux jeunes à ce concours en leur déclarant : « Vous êtes l’avenir du Togo. On veut que de plus en plus de jeunes comme vous soient familiers aux TIC, à la culture de makers, trouvent des solutions aux problèmes qui existent et envisagent l’entrepreneuriat ». « Les projets que je vois là sont des exemples de l’ingéniosité des jeunes togolais », a-t-elle ajouté. Après ces mots de félicitation et d’encouragement, l’honneur lui est revenu de remettre officiellement le chèque de 10.000 euros au groupe du projet « Adiyèaba ».

Stylet et poubelles connectées

Le deuxième pris, 6000 euros est remporté par le projet Majji. Une solution qui va détecter la pollution de l’eau de consommation. Il s’agit d’un stylet doté de capteurs que le consommateur pourra utiliser pour détecter en quelques secondes la qualité de son eau. Le gadget va mesurer, entres autres, la température, le ph et bien d’autres oligo-éléments avant de renseigner le consommateur.

Le troisième projet, Milédou-Gbélonou (poubelle connectée) remporte 4000 euros. Il prévoit doter les marchés de poubelles connectées. Ces poubelles seront munies de capteurs pour renseigner sur leur état de remplissage. Des GPRS embarqués vont permettre aux promoteurs de géo-localiser les zones dont les poubelles sont déjà pleines et de mieux organiser les enlèvements. Ces trois projets ont été retenus sur sept projets en compétition depuis trois jours non-stop d’innovathon.

Woelab, plaque tournante de l’innovation 2.0

Démarré lundi 22 mai avec une formation de quatre jours, le concours est rentré dans sa phase de compétition vendredi. De vendredi à dimanche, les candidats ont travaillé en mode continue sans relâche. A Woelab Prime où se sont poursuivies les activités, le rythme était bien dense. Prototypages, préparation des pitchs, recherche de solutions aux questions permanentes autour des solutions… les trois derniers jours n’ont pas été de tout repos. Au bout du compte, trois projets seront retenus. Mais, tous ont gagné en expérience. De plus, les projets recalés ont tous eu l’engagement de Woelab à les accompagner pour leur amélioration.

Sénamé Koffi Agbodjinou, fondateur de Woelab, s’est estimé heureux à la fin de ce concours, de voir ces jeunes se battre pour innover dans le numérique afin de proposer des solutions centrées sur les IoT. « Les trois lauréats vont intégrer maintenant un programme d’incubation », signale Sénamé. Pour les autres, « à force de travailler, ces projets vont devenir des signaux intéressants dans cet écosystème des objets connectés », conclut le fondateur de Woelabs (ndlr : il existe désormais deux labs à Lomé).

La francophonie en action…

Avec cette première édition du concours sur les objets connectés, le fonds francophone pour l’innovation numérique franchit un nouveau cap. Le vœu de la francophonie est de voir l’écosystème numérique de la zone francophone booster le développement, en tenant compte des Objectifs du développement durable (ODD), et en s’appuyant sur les énormes possibilités qu’offrent les IoT.

Souleyman Tobias, Lomé

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