Mali : pourquoi la 3e licence de téléphonie peine à se rendre opérationnelle ?

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Poursuivi devant le Tribunal international de Commerce de Paris par son ex-associé Cessé Komé, le Pdg de Planor, Apollinaire Compaoré, est interpellé par une entreprise malienne pour non-respect de leur protocole d’accord. A cela s’ajoute le fait que la justice malienne veut faire la lumière sur l’opacité autour de l’attribution de cette 3e licence de téléphonie mobile, acquise depuis bientôt deux ans.

 

Deux nouvelles affaires viennent s’ajouter à l’imbroglio juridique qui complique la mise en activité de la 3e licence de téléphonie mobile attribuée à Planor Afrique-SA, au prix de 55 milliards de FCfa. Celle-ci met aux prises Apollinaire Compaoré, Pdg de Planor Afrique-SA, et la Société Ouest-Africaine de Développement (SOAD-SARL). Selon le protocole d’accord liant les deux entreprises, dont le Canard déchaîné s’est procuré copie, Apollinaire Compaoré a sollicité la médiation de la SOAD, en qualité d’intermédiaire auprès du gouvernement d’alors dirigé par Cheick Modibo Diarra, pour acquérir cette 3e licence. En contrepartie du service rendu, la SOAD devrait percevoir, à l’issue de la signature de la convention, une commission fixée au taux de 10% du prix d’achat de la licence. Soit la somme de 5 milliards de FCFA. En plus, Planor Afrique-SA s’est engagé à céder à la SOAD, 10% des actions qu’elle détient dans la société Alpha Telecom-SA, filiale burkinabè du Groupe d’Apollinaire Compaoré. Accord auquel le Pdg de Planor Afrique-SA ne s’est pas encore soumis, deux ans après la signature de la  convention entre le gouvernement malien et Planor Afrique-SA. Pour contraindre Apollinaire Compaoré à respecter ses engagements, la SOAD a porté plainte devant le Tribunal du commerce de Bamako. La SOAD réclame également le versement de 500 millions de CFA à titre de dommages et intérêts.

 

L’ancien ministre Bréhima Tolo interpellé

L’autre raison pour laquelle Planor tarde à rendre opérationnelle cette 3e licence est celle qui concerne l’opacité qui entoure son attribution. Pour faire la lumière sur toutes les tractations autour de cette licence, Bréhima Tolo, ministre des Télécommunications et des NTIC à l’époque des faits, a été convoqué par le juge du Pôle Economique et Financier, le 21 octobre dernier. Selon Maliactu, il a été prié de rester à la disposition de la justice, après avoir été entendu, des heures durant.

 

La contestation de Cessé Komé

Face à cette situation embrouillée et compliquée, Apollinaire Compaoré pourra-t-il rendre opérationnelle la 3e licence de téléphonie mobile du Mali ? Question préoccupante. Dans la mesure où une autre affaire l’attend devant le Tribunal international de Commerce de Paris. Il y est poursuivi par son premier associé Cessé Komé. Opérant dans l’hôtellerie et l’import-export, ce dernier proteste contre l’attribution de la 3e licence à Planor Afrique-SA. Et pour cause ! Dix jours après la signature des termes de référence, l’unique partenaire d’Apollinaire Compaoré dans la course à la 3e licence a été déclaré défaillant. Selon le protocole d’accord liant les deux partenaires, Apollinaire Compaoré devait verser 33 milliards de FCfa. Cessé Komé, qui devait s’acquitter des 22 milliards de FCfa restant, n’aurait pas rempli sa part du contrat. La médiation entreprise par l’Etat malien avait abouti à l’attribution de cette licence à Planor. Ce que Cessé Komé conteste depuis.

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