Maroc : Rédouane El Haloui et Abdelkarim Mazouzi élus à la tête de l’APEBI

La Fédération marocaine des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring (APEBI) renouvelle ses instances. A l’issue d’une assemblée générale élective, Rédouane El Haloui et Abdelkarim Mazouzi ont été élus respectivement président et vice-président de la fédération pour le mandat 2022-2024.

(Cio Mag) – Prévue initialement le 3 février 2022, l’assemblée générale élective de l’APEBI s’est finalement tenue ce jeudi 7 juillet à Casablanca.

Deux candidatures étaient soumises au vote des membres de la fédération. Il s’agit de Mohcine Benachir (CEO de Prestige Informatique) avec son colistier Tibari Jlil (CEO de Beamtel). L’autre binôme est celui de Rédouane El Haloui (CEO de RED TEC) et d’Abdelkarim Mazouzi (CEO de DBM). Ce dernier binôme a été élu à la présidence et la vice-présidence de l’APEBI pour les deux prochaines années. La nouvelle équipe dirigeante a recueilli 181 voix, contre 157 pour le tandem Benachir/Jlil.

Fédérer pour réussir

Le binôme vainqueur se félicite de sa victoire à l’issue de cette assemblée générale élective, qualifiée de “démocratique”. “Aujourd’hui, notre objectif est de fédérer tous les acteurs autour d’un projet commun. Nous voulons que le prochain conseil d’administration soit représenté par tous les acteurs affiliés à l’APEBI. Nous voulons aussi augmenter le nombre des membres de la fédération. Pourquoi pas passer de 150 membres actuellement à 500, voire 1 000 d’ici un an et demi”, affirme Abdelkarim Mazouzi, vice-président de l’APEBI.

Même son de cloche du côté de Rédouane El Haloui qui nous confirme sa volonté de fédérer le maximum de personnes. “L’élection était serrée mais elle s’est déroulée dans un cadre respectueux. Maintenant, notre objectif est de fédérer tous les membres autour d’un seul et même projet. C’est la raison pour laquelle nous avons proposé à Mohcine Benachir de participer au conseil d’administration de la fédération. Même s’il a décliné la proposition”, précise-t-il.

La nécessaire refonte de l’APEBI

Le nouveau président de l’APEBI insiste aussi sur la nécessaire refonte de la fédération. Selon lui, l’objectif est de repenser le modèle actuel pour représenter tous les secteurs du numérique et renforcer l’APEBI dans son action. “La refonte de la fédération est notre priorité. N’importe quel binôme qui se serait présenté à cette élection, ne pourrait représenter tous les secteurs numériques. Aujourd’hui, l’APEBI ne représente plus uniquement les acteurs de la bureautique informatique, comme son nom historique l’indique. Nous avons des acteurs de la blockchain, de l’IA, de l’offshoring, de la FinTech, de l’AgriTech et de l’IoT, entre autres. Il est donc primordial pour nous de fédérer l’ensemble de ces écosystèmes.”

Abdelkarim Mazouzi abonde dans le même sens et affirme sa volonté de voir tous les secteurs représentés au sein du conseil d’administration de l’APEBI. “Nous voulons impliquer tout le monde. Aussi bien les petites que les grandes entreprises, les startups, les entreprises marocaines mais aussi les multinationales. Nous voulons constituer un groupe solide et homogène pour défendre au mieux nos intérêts vis-à-vis des autorités compétentes”, dit-il.

Faire du numérique un facteur de rentabilité

La nouvelle équipe dirigeante de l’APEBI a une vision assez claire des enjeux et des défis de la transformation digitale au Maroc. Certes, la transformation s’est accélérée depuis l’avènement de la crise sanitaire. Les administrations publiques se digitalisent, les entreprises également. Mais le binôme insiste sur la nécessité de faire du numérique une source de rentabilité pour le Maroc.

“Il faut que le numérique devienne un pôle de devises pour le Maroc”, atteste Abdelkarim Mazouzi. Prenant l’exemple du Portugal où 25% des rentrées de devises se font grâce au digital, le vice-président de l’APEBI plaide pour une accélération soutenue et rentable du numérique dans le royaume. “Nos entreprises technologiques doivent devenir des champions du numérique, pour qu’elles puissent exporter leurs savoir-faire, notamment en Afrique”, poursuit-il.

Idem pour Rédouane El Haloui qui appelle à accompagner d’avantage les entreprises marocaines pour qu’elles puissent exporter leurs technologies, notamment les éditeurs de solutions logiciels ou d’IoT. En même temps, il insiste sur le renforcement de la compétitivité du Maroc dans le secteur de l’Offshoring. “Aujourd’hui, nous exportons notre expertise dans ce secteur sans nous déplacer. Nous exportons de la matière grise depuis le Maroc, mais nous devons mettre en place un plan d’accélération dédié à l’offshoring pour maintenir notre compétitivité”, affirme-t-il.

Enfin, Rédouane El Haloui milite également en faveur d’une nouvelle approche pour attirer les talents du numérique. Il appelle de ses vœux la mise en place d’un « visa talent » au Maroc pour aller chercher des profils qualifiés et expérimentés sous d’autres cieux. “Si le vivier de talents locaux est épuisé, il faut que l’on donne les moyens à nos entreprises pour qu’elles puissent aller chercher d’autres profils, en mettant en place des dispositifs adéquats. La France l’a fait avec son passeport talent, elle ne se prive pas pour nous prendre nos ressources. Nous devons en faire de même pour être plus compétitifs“, conclut le président de l’APEBI.