Mozambique : Agata Correia, une scientifique et entrepreneure au service des femmes d’Afrique australe

Le parcours de la scientifique et entrepreneure Agata Correia est tout sauf ordinaire. Elle est titulaire d’une Licence en Biomédecine de l’Universidade Eduardo Mondlane (UEM) de Maputo, au Mozambique, avec une spécialisation en Recherche Ethnobotanique et Phytomédicale. Engagée dans l’autonomisation des femmes et la promotion de l’agriculture, l’entrepreneure participe à plusieurs projets favorisant l’égalité des genres. Sa collaboration avec le Centre de coordination des questions de genre de l’UEM (CeCaGe) y contribue.

Actuellement, Agata Correia est cheffe de projet pour FemBioBiz Mozambique de SANBio, un réseau mondial de biosciences, qui œuvre à l’amélioration des moyens de subsistance en Afrique australe. A travers cette organisation, elle participe « au renforcement des capacités humaines et à l’accompagnement des femmes dans la commercialisation des produits issus de l’entreprenariat », précise-t-elle.

La scientifique travaille aussi avec Future Agro Challenge Mozambique, une plateforme de soutien à l’entrepreneuriat agricole dans ce pays d’Afrique australe.  

Promouvoir la recherche et l’éducation

Agata Correia est actuellement en phase de développement de SATIVA, sa propre entreprise. « Dans ce contexte marqué par l’essor des technologies, j’ai choisi de développer une entreprise sociale axée sur la préservation des systèmes de connaissances autochtones et sur le développement de produits », déclare-t-elle.  Car, actuellement, plus de 10 millions de Mozambicains vivent dans une extrême pauvreté et subissent l’insécurité alimentaire. Cette situation constitue un frein au développement de ce pays d’Afrique australe. Alors, en dépit des nombreux défis, notamment ceux liés au manque de financement et de ressources, Agata Correia s’engage dans la lutte pour le changement des mentalités et dans l’accompagnement des jeunes et des femmes vers l’entrepreneuriat.

« Ma mentalité de scientifique me pousse à perpétuellement chercher des réponses aux questions de développement du Mozambique. Il y a encore beaucoup de résistance et le financement de la recherche et de la préservation des connaissances n’est pas suffisant. Le potentiel de ce domaine pour l’avenir de la médecine est négligé. Peu d’efforts ont été déployés pour promouvoir la recherche, l’éducation et l’intégration de ces connaissances dans le courant universitaire. Si nous voulons vraiment favoriser l’innovation, nous devons être inclusifs. Nous devons être prêts à intégrer d’autres domaines de connaissance avec le même effort et le même respect. C’est, à mon avis, mon plus grand défi ». Pour l’heure, la chercheuse est ambassadrice de Next Einstein Forum (NEF), une plateforme de référence en science et innovation sur le continent africain. 

 Développement de produits naturels  

S’agissant des perspectives d’avenir, Agata Correia se positionne sur l’apprentissage et le développement de SATIVA. « Je suis une machine à apprendre. Je me concentre sur la poursuite de mes études universitaires. Au plus j’apprends et j’accumule des expériences, au mieux je serai en capacité de développer mon projet, lequel a vocation à innover dans l’industrie du développement de produits naturels. L’objectif consiste également à provoquer, dans mon pays et dans le monde, une révolution autour de la santé », atteste cette entrepreneure engagée dans le développement du Mozambique.

Enock Bulonza

Enock Bulonza

Journaliste et chercheur spécialisé en économie des médias, transformation digitale, inclusion numérique et relation entre les médias et les GAFAM. Il est correspondant de Cio Mag en RDC.

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