Ouverture des ATDA avec la Banque Mondiale, le Congo, le Burkina Faso et Smart Africa

« Comment et pourquoi investir dans l’innovation en Afrique ?» C’est le thème de la 9ème  édition des Assises de la Transformation Digitale en Afrique (ATDA) organisée par Cio Mag, et ouverte mercredi 25 novembre sur une plateforme de conférence en ligne inédite développée par Thomson Broadcast, un fabriquant français d’électronique.

Par Aurore Bonny

(CIO Mag) – Plus de 1000 personnes ont manifesté leur intérêt en s’inscrivant à ce rendez-vous qui se déroule en ligne pour des raisons liées à la crise sanitaire mondiale. La pandémie du Covid-19 a certes limité les mouvements mais pas l’esprit de créativité et d’initiative ayant permis de profiter du tout nouveau dispositif numérique de discussions de Thomson Broadcast, constitué d’un système de traduction de plus de 200 langues et dialectes.

Comme l’a reconnu en ouverture Makhtar Diop, le vice-président de la Banque Mondiale en charge des infrastructures, « depuis le début de la pandémie, les technologies numériques sont en première ligne », et « nous avons tous dû nous adapter à ce monde virtuellement connecté ».

En témoigne l’organisation de ses Assises par Cio Mag. Depuis plusieurs années, le magazine panafricain d’actualité numérique offre à travers les ATDA un cadre de dialogue aux  principaux décideurs de l’écosystème digital en Afrique. Démontrant par ailleurs que « le numérique est une chance pour le continent ».

« La pandémie du Coronavirus prouve plus que jamais le rôle et l’importance du numérique pour permettre au continent de réaliser de gigantesques sauts de grenouille vers son développement« , a affirmé Mohamadou Diallo le fondateur de Cio Mag et président des ATDA.

« Au-delà de la résilience, dira-t-il, le digital a démontré cette nécessité impérieuse de dématérialiser les processus administratifs pour redéfinir une autre façon d’interagirde se soigner, de s’éduquer ou encore de travailler »

Dans son allocution de bienvenue, il a salué la décentralisation de la gouvernance citoyenne, la redéfinition et le renforcement des convictions sur les nouvelles relations et expériences clientes pour les entreprises privées.

Autant d’interactions rendues possibles grâce à l’agilité offerte par le numérique.

Mohamadou Diallo a également évoqué le cadre conceptuel de cette neuvième édition appuyé de 3 exemples concrets qui selon lui offrent de réelles opportunités d‘investissements.

À savoir l’identité numérique, vu le manque d’identification des personnes en Afrique, et le domaine agricole avec le faible taux de participation mondiale du continent et celui de la formation dans lequel « les besoins sont incommensurables ». 

Cependant, « ces 3 exemples ne couvrent pas les vastes domaines à combler notamment la bancarisation, la microfinance, l’assurance, l’énergie, la santé et bien d’autres. Il est évident que nous ne pouvons pas combler l’ensemble de ces besoins suivant des schémas classiques », a expliqué M. Diallo. 

Pour l’organisateur,  « il faudra beaucoup plus d’imaginations et sortir des sentiers battus pour emprunter d’autres voies afin d’adresser au plus vite les besoins ». En s’appuyant notamment sur les nouvelles opportunités offertes dans les domaines de l’e-Santé, de l’Edtech, de la Blockchain, de l’impression 3D, de la Big Data et des Fintech.

5 chantiers de connectivité nécessaires

Des recommandations ont également étoffé les propos de Makhtar Diop. Selon lui, la crise sanitaire actuelle est encore beaucoup plus difficile à traverser pour les pays qui ne disposent pas d’infrastructures numériques nécessaires.  « Ils risquent d’être laissés pour compte », a t-il averti.

« Sur les 25 pays les moins connectés au monde, 20 se trouvent en Afrique. De plus, 60% de la population africaine est encore hors de portée de réseaux 4G », a-t-il illustré.

Face à cette réalité peu flatteuse, il a précisé que la connectivité n’est pas un luxe mais une nécessité. Laquelle connectivité devra être établie en 5 chantiers constituant les fondements de l’intervention de la Banque mondiale dans l’économie numérique en Afrique.

Il s’agit premièrement du déploiement des plateformes numériques dans les divers domaines, en poursuivant les reformes visant à accroitre la compétition dans un secteur où l’innovation est la clé de la réussite. Mais aussi en évitant la création des situations défavorables à une compétition saine et importante favorable à l’octroi de la qualité de service à moindre coûts aux populations.

Deuxièmement, l’accélération de l’accès au numérique via l’usage optimal des infrastructures existantes.

Troisièmement, l’augmentation des ressources dédiées à la mise en place des bases d’une économie numérique.

Quatrièmement, le renforcement des compétences et la requalification de la main-d’œuvre.

« En Afrique, nous devons mettre l’accent sur l’inclusion des femmes et des jeunes qui sont le moteur de la croissance dans un continent encore très jeune », a souligné Makhtar Diop.

Cinquièmement, il a cité la création d’un écosystème favorable en matière de réglementation pour assurer la compétitivité du secteur des télécoms.

Léon Juste Ibombo, le ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Economie numérique en République du Congo ainsi que son homologue Hadja Ouattara Sanon du Brukina-Faso ont également participé à l’ouverture de ces assises du digital. Ils ont présenté les atouts de leurs pays respectifs en matière d’innovation et d’attraits d’investissements.

« Le Burkina-Faso dispose d’avantages pertinents à cet effet. Ils se ramènent à l’environnement juridique, aux infrastructures de base et aux capacités humaines », a déclaré la ministre Ouattara Sanon.

Selon elle, son pays est doté d’un cadre règlementaire du numérique prévisible et intégré. Il protège, organise et sécurise les investissements.

« Notre cadre juridique est complet et conforme aux organisations communautaires auxquelles nous appartenons et aux règlements internationaux pertinents. Il a été complété par d’importants textes et instruments de planification ces dernières années », a-t-elle ajouté.

Entre autres, ce pays d’Afrique de l’ouest, s’est également d’un code des investissements contenant des régimes fiscaux privilégiés aux bénéfices des investisseurs.

Le Burkina s’active aussi à la digitalisation de son administration, la promotion des compétences numériques  à travers les formations ou les compétitions  encourageant la créativité mais aussi à la réalisation d’infrastructures de base avec par exemple 3000 km de fibres optiques déployées dans le pays.

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Des efforts similaires sont conjugués au Congo. D’après Léon Juste Ibombo, il y est question de promotion du développement de l’innovation technique et technologique, et d’une Stratégie Congo vision digital 2025 fondée sur l’E-Citoyen, l’E-Gouv et l’E-Business.

Un cadre juridique a été promulgué pour protéger les libertés individuelles dans l’espace numérique et les systèmes d’information, le développement de contenus numériques locaux, le renforcement de capacités, la confiance numérique et le développement de services à valeur ajoutée.

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Le numérique au Congo, c’est aussi la convention de l’Union Africaine sur la cybersécurité et la protection des données à caractère personnel, l’interconnexion en fibre optique avec les pays voisins, l’encadrement juridique et technique d’un avant-projet de loi portant statut des startups et plus encore.

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Confiant sur l’avenir et les projets dans lesquels son pays est engagé pour sa transformation digitale, ainsi que les autres pays africains par les efforts de leurs gouvernants, le ministre congolais est convaincu que l’Afrique dispose des cartes pour changer l’imaginaire collectif. Lequel  « continue de renvoyer une image déformée d’un continent sans évolution technologique ».

Du coté de Smart Africa représenté par Lacina Koné son directeur général,  la transformation digitale est perçue comme une voie sans pareil pour atteindre les objectifs de développement durable.

«Nous sommes fiers de constater au quotidien que nos 30 Etats membres choisissent pleinement cette transformation en faisant d’elle une priorité dans leur stratégie socioéconomique. Il s’agit désormais d’envisager l’innovation en Afrique comme transverse à tous les secteurs », a t-il affirmé.

D’après lui,  l’évaluation faite par Smart Africa sur les besoins des startups africaines et sur l’écosystème TIC a montré la nécessité d’une vision nationale claire et d’une stratégie  forte pour le développement de l’écosystème digital. Mais aussi des mesures réglementaires fortes; un financement suffisant et adapté; des installations d’incubation, de soutien des talents et de la recherche de développement; des infrastructures de connectivité mobile, une culture propice et l’accès aux marchés.

Les ATDA s’achèvent le 26 novembre. 60 intervenants spécialisés poursuivront les discussions autour de la transformation digitale en Afrique avec des sous thèmes importants au sein des panels de haut niveau.

Dossier ATDA 2020

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