RDC : « SOS Secours », l’application mobile pour alerter en cas de violences sexuelles

« SOS Secours » est une application mobile développée pour les jeunes de YanguRDC, une start-up basée dans la province du Sud-Kivu, dans l’est de la République Démocratique du Congo. Cette solution numérique vise à aider les femmes et filles à dénoncer tous cas de viol, violences sexuelles ou autres formes de violence basée sur le genre dans leurs milieux.

(Cio Mag)- C’est une solution numérique qui veut combattre les violences sexuelles au Sud-Kivu, une province en proie à ce phénomène qui entrave l’élan de plusieurs femmes. La conception de cette application est partie d’un constat fait par le journaliste Amisi Musada et l’ingénieur Didier Bacigale. Les deux jeunes ont remarqué que « de nombreuses femmes sont souvent victimes des violences conjugales  mais elles ne sont pas toujours aidées par leurs proches. » Des cas qui sont loin d’être isolés dans cette partie du pays où le taux de violences sexuelles est en hausse après des décennies marquées par des conflits armés. « Nous avons finalisés le développement de SOS Secours en février dernier. Près de 3 ans après le début des travaux », explique M. Musada.

En effet, selon le rapport 2018 intitulé : « La voix des survivant.e.s de violences sexuelles en temps de conflit », l’hôpital Panzi à Bukavu, structure sanitaire gérée par le Dr Dénis Mukwege, prix Nobel 2018, « traite entre 1300 et 1900 femmes » victimes de viols par an. A travers cette application, les jeunes concepteurs espèrent aider les femmes à « dénoncer tous cas de violence » et « prévenir » leurs proches grâce au système d’alerte. « L’application SOS Secours est notre contribution dans la lutte contre ce fléau qui retarde le développement de notre province et notre pays », confie notre source.

Mode d’utilisation

L’utilisation de « SOS Secours » ne demande pas des connaissances poussées en numérique. Il suffit juste d’avoir un smartphone pour télécharger l’application mobile sur son site internet ou sur d’autres plateformes de téléchargement en ligne. Après cette étape, suit celle de configuration et d’indentification. En cas d’une situation inhabituelle ou un cas de viol, la victime est tenue d’ouvrir son application et secouer son téléphone cinq fois pour qu’une « alerte et une géolocalisation soient envoyées sous-forme de message à ses proches qui figurent dans sa base de données, explique Musada. Ce dernier ajoute que cette alerte sera aussi envoyée à un réseau d’associations locales partenaires de SOS Secours, telles que les organisations œuvrant dans la promotion des droits des femmes. » Cette application n’est pas destinée seulement aux utilisateurs des smartphones. Elle possède aussi une version unstructured supplementary service data (USSD) permettant aux utilisateurs des téléphones mobiles basiques d’accéder à ses services grâce à un message d’alerte et au code.

L’amélioration des fonctionnalités

Quatre mois après son lancement, l’application est bien accueillie par les acteurs engagés dans la promotion des droits de l’homme, qui saluent son apport dans la lutte contre les violences dans cette partie du pays en proie aux conflits armés. « Cette solution numérique est un plus dans la lutte que nous menons contre les violences ciblant les femmes en province », témoigne une jeune activiste engagée dans la promotion du genre au Sud-Kivu. Ce retour positif nourrit l’ambition de la start-up YanguRDC qui veut améliorer « les fonctionnalités de son application, en vue de contribuer efficacement à la protection des victimes des violences sexuelles dans la façade est du pays », renchérissent les promoteurs.

Enock Bulonza

Journaliste correspondant de Cio Mag en RDC.

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