Sénégal : des risques d’atteinte à la vie privée, après l’adoption de la stratégie nationale de cybersécurité

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(CIO Mag) – C’est peu de dire que l’étude critique de la stratégie sénégalaise en matière de cybersécurité jette un pavé dans la marre. La consultante juridique et formatrice Fatou Diop dit y avoir décelé un certain nombre d’atteintes aux droits de l’homme et aux droits numériques. A en croire la spécialiste, il s’agit notamment des passages relatifs à « la mise en place des formations obligatoires liées aux investigations numériques et à la manipulation des preuves pour le personnel des services de sécurité, des autorités judiciaires et autres organismes oeuvrant dans la détection et la poursuite d’actes de cybercriminalité ».

Citée par le journal sénégalais La Tribune, dans sa parution de ce 15 mai, Madame Diouf fait état de possibles risques d’intrusion dans la vie privée des citoyens dès lors qu’il y a une imprécision de la réglementation. La juriste pointe surtout la législation sénégalaise sur les interceptions des données puisque ne prévoyant pas certaines conditions de sauvegarde de la vie privée expressément exigées par le rapport explicatif de la convention de Budapest sur la cybercriminalité.

Pour l’experte, « il en résulte ainsi, de l’impossibilité d’exercer un recours contre la décision d’intercepter ». D’où son appel à revoir les dispositions en question puisque ce sont des insuffisances, à ses yeux, qui seraient de nature à favoriser des atteintes à la vie privée des citoyens sénégalais. Elle invite le gouvernement, lui-même prestataire de données, à adopter des mesures strictes ainsi que des systèmes d’information pour éviter d’éventuelles atteintes.

Elimane, Dakar

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