Sénégal : le numérique dans l’enseignement supérieur passé au peigne fin à Dakar

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(CIO MAG) – La première édition du Colloque international sur le numérique dans l’éducation s’est achevé ce vendredi à Dakar. Ouvert jeudi, l’événement qui a fait un large focus sur les difficultés du secteur a réuni de hauts responsables du monde universitaire allant du Recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), Ibrahima Thioub, au ministre de l’enseignement supérieur, Mary Teuw Niane, en passant par les directeurs des infrastructures et des systèmes d’information de plusieurs universités. Pour le directeur de l’Ecole Supérieure Polytechnique de Dakar (ESP), les défis à relever sont encore énormes. « Dans le contexte de nos pays marqué par des infrastructures et équipements encore insuffisants et un manque de spécialistes dans certains domaines, les solutions qui s’offrent à nous sont la mutualisation des ressources existentes, l’utilisation plus poussée des technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement et le renforcement de la collaboration », a expliqué Papa Alioune Ndiaye. Et de plaider que « notre profond souhait est que ce colloque sur le numérique éducatif puisse nous permettre de renforcer et de faciliter la mutualisation de nos ressources ».

Le numérique, une nécessité aujourd’hui

De l’avis du ministre de l’enseignement supérieur qui reconnait qu’en dépit des efforts consentis jusqu’ici, tout n’est pas parfait, le digital joue un rôle prépondérant dans la démocratisation de l’accès au savoir d’autant plus que la forte massification ne donne plus le choix.  » Il est question d’être ou ne pas être », précise l’ancien Recteur de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis dans un un discours qui semblait focaliser toutes les attentions. Et comme preuve de ce rôle de créateur d’inclusion sociale, Mary Teuw Niane cite l’UVS qui  » a fini de convaincre qu’il n’est pas utopique de miser sur le numérique ». « En seulement 5 ans d’existence, l’Université Virtuelle du Sénégal se positionne aujourd’hui comme étant la seconde université publique du Sénégal avec plus de 20.000 apprenants avec son dispositif innovant constitué d’Espaces Numériques Ouverts », relève le professeur de mathématiques qui dit en attendre « une vingtaine d’ici la fin de l’année, et à la fin du programme en 2022, en construire 50, soit un au moins dans chaque département du Sénégal » grâce à l’appui de partenaires dont le Fonds universel de développement du service universel des télécommunications (FDSUT) présidé par l’ancien ministre Aly Koto Ndiaye.

Pour une politique de financement viable des équipements et infrastructures technolgiques

Pour sa part, le directeur des infrastructures et des systèmes d’information de l’UCAD a plaidé, entre autres, pour « une connexion très haut débit mutualisée » sans laquelle il serait difficile de dispenser des cours dans un contexte où il est beaucoup question de MOOCs et d’enseignement à distance. Et pour Ibrahima Niang, le modèle de financement, de ce point de vue, doit évoluer puisque assuré jusqu’ici par les structures publiques. Comme pistes de réflexions, il suggère un prélèvement de 1000 francs CFA sur chaque étudiant par exemple pour « financer le numérique éducatif » tout en fustigeant le fait que la prise en charge budgétaire de ce besoin vital d’équipement et de connectivité pour les étudiants et les structures universitaires ne soit vraiment pas une priorité pour certains responsables. A côté de l’Université Virtuelle du Sénégal, l’Ecole Supérieure Polytecnique de Dakar, l’Université Gaston Berger, il faut noter l’implication de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne en Suisse avec une large fenêtre sur les cours en ligne ouverts communément appelés MOOCs de plus en plus d’actualité en Afrique.

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