Propulsé par l’expertise du groupe Orun, le Village de l’Innovation du MASA 2026 transforme Abidjan en épicentre de la création numérique, fusionnant arts de la scène et technologies immersives pour l’Afrique.
(CIO Mag) – Au cœur de la capitale économique ivoirienne, le Marché des arts du spectacle d’Abidjan (MASA) 2026 qui se déroule du 11 au 18 avril connait une ambiance particulière suscitée par l’installation d’un Village de l’Innovation. En prenant les rênes de cet espace d’exposition, le groupe Orun entend poser les fondations d’une véritable souveraineté numérique pour les créateurs du continent.
Cette initiative repose sur une conviction profonde défendue par les dirigeants du groupe : si le talent africain est une ressource inépuisable, seule la technologie permettra de transformer ce potentiel brut en une industrie économique structurée, capable de s’imposer sur l’échiquier mondial.
Le constat de départ est sans appel. Bien que la créativité africaine innerve les tendances mondiales de la musique, de la mode et du cinéma, le continent ne capte qu’une infime fraction de la richesse générée. Les chiffres soulignent cette disparité flagrante. Sur un marché mondial des industries culturelles estimé à 2 000 milliards de dollars, l’Afrique n’en retire que 3 %. Ce manque à gagner ne résulte pas d’un déficit de génie artistique, mais d’une absence criante d’infrastructures pour protéger, distribuer et monétiser les œuvres.

Orun s’est donné pour mission de briser ce plafond de verre. En doublant sa part de marché d’ici 2030, l’Afrique pourrait voir ses exportations créatives atteindre 150 milliards de dollars, à condition d’adopter les outils technologiques de demain.
Au sein du Village de l’Innovation, cette ambition prend vie. Orun y orchestre une rencontre inédite entre les traditions ancestrales et les technologies de pointe comme l’intelligence artificielle, la réalité étendue et le vidéomapping. Pour Mohamed Dieng, président directeur général de MIR Holding et de la fondation MRD, l’approche est purement industrielle. Il ne s’agit plus de célébrer l’art de manière ponctuelle, mais de construire une chaîne de valeur solide où chaque création est traitée comme un actif financier protégé et valorisé.
Cette vision est partagée par Habyba Thiero, fondatrice et présidente d’Orun, qui voit dans Orun Studios une passerelle entre l’héritage africain et les outils du futur. Pour elle, l’Afrique doit s’emparer des moyens techniques pour imposer son propre récit avec assurance.
L’un des moments forts de ce Village de l’Innovation est sans conteste la collaboration internationale avec la compagnie taïwanaise Very Theatre. Dirigée par Chou Tung-yen, cette troupe est une référence mondiale dans la fusion des arts de la scène et du numérique. La présentation de l’œuvre Free UR Head à Abidjan illustre parfaitement la stratégie d’Orun : importer l’excellence mondiale pour stimuler l’écosystème local.
En proposant des expériences immersives hybrides où le corps du danseur dialogue avec l’espace virtuel, Orun prouve que l’innovation ne connaît pas de frontières. Cette ouverture sur le monde, déjà amorcée lors du Salon International du Contenu Audiovisuel ou lors de la Fashion Week de New York avec l’opération Orun x Designers, démontre que le groupe joue désormais dans la cour des grands.
Pourtant, le défi reste de taille. Le financement des industries culturelles en Afrique accuse un retard important par rapport à d’autres secteurs comme la technologie financière. En 2024, moins de 1 % du capital-risque sur le continent a été dirigé vers la culture. Face à cette frilosité des investisseurs, des institutions comme Afreximbank ou l’Agence française de développement commencent à déployer des mécanismes de soutien significatifs, mais le chemin reste long pour combler les besoins en infrastructures lourdes. C’est ici qu’Orun intervient comme un catalyseur, prouvant par l’exemple que l’investissement dans la culture produit un effet multiplicateur majeur sur l’économie globale.
Le Village de l’Innovation du MASA 2026 n’est donc pas une simple parenthèse festive. C’est le laboratoire d’une Afrique qui maîtrise ses données, ses images et ses sons. En intégrant verticalement des métiers comme l’animation 3D et le licensing de propriété intellectuelle, Orun prépare une génération de créateurs à devenir des entrepreneurs culturels.
L’enjeu est de transformer l’imaginaire, cette ressource renouvelable par excellence, en un moteur de croissance durable. Comme le rappelle avec force Mohamed Dieng, si les empires du passé se sont bâtis sur les ressources naturelles, ceux de demain se construiront sur la puissance de l’esprit, à condition d’être armés des bons outils technologiques. À Abidjan, le groupe Orun vient de prouver que l’avenir de l’art africain est déjà en marche, connecté et résolument tourné vers l’innovation.





