African Digital Week 2021 : Cissé Sakandé prône l’avènement de GAFAM africains

Cissé Sakandé reste convaincu que l’avènement de GAFAM africains est le socle pour bâtir une Afrique intelligente par la gestion de ses données et la souveraineté numérique. La posture du manager ivoirien peut paraître trop ambitieuse, mais si la Chine l’a réussie à travers les BATX, alors l’Afrique réunie peut bien y arriver.

(Cio Mag) – « Je reste convaincu, que nous aussi pouvons le faire si la volonté y est », a martelé le directeur général de Snedai Technologies. Cissé Sakandé a semé cette graine de résistance à la suprématie des GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) à l’occasion de l’African Digital Week 2021. Il s’exprimait sur le thème ʺBâtir le socle d’une Afrique intelligente par la gestion de ses données et sa souveraineté numériqueʺ.

« L’Afrique intelligente devra être numériquement souveraine par la maîtrise de la gestion de ses propres données, a déclaré l’informaticien. Et d’ajouter : « Cette Afrique Smart, cette Afrique Intelligente devra dompter le numérique autant que les Américains à travers les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) et les Chinois qui ont développé leur équivalent GAFAM, c’est-à-dire les BATX (Baidou, Alibaba, Tencent, Xiaomi).

BigTech et souveraineté numérique

La technologie est une passerelle vers la souveraineté numérique, la volonté politique, la clé du succès. Aussi, les décideurs africains sont invités à opérer un changement radical dans leur approche pour la maîtrise des technologies du numérique. Pour le directeur de Snedai Technologies, l’exemple des Chinois dans les années 2000 est à mettre au crédit de cette politique. Mais qu’ont fait les Chinois face aux multinationales de l’informatique et de l’internet ?

« Eh bien, ils ont décidé de créer leurs BigTech pour assurer leur souveraineté numérique. Quelques années plus tard, la Chine dispose des BATX qui affichent une capitalisation boursière de 1000 milliards de dollars avec en plus, l’assurance d’une souveraineté numérique qui la protège », a soutenu l’Ivoirien.

Stratégie de rupture

Sur la scène de l’ADW2021, Cissé Sakandé a montré sa détermination à voir l’Afrique relever ce défi. Aussi a-t-il défini une stratégie de rupture accordant un fort mandat pour le développement d’un capital humain IT de qualité et en quantité dans tous les domaines de pointe comme l’Intelligence artificielle, la blockchain, la robotique et les drones, l’internet des objets, la réalité virtuelle et la réalité augmenté sans oublier les spécialités de protection des données et de cybersécurité.

A cette préconisation, le spécialiste en architecture des systèmes d’information ajoute la construction d’autant de datacenters que nécessaires pour stocker localement les données produites sur le continent et les y sécuriser. Le manager soutient également la fabrication par les Africains de leurs propres équipements de collecte et de stockage de données dont les terminaux (smartphone, tablette), les PC et les serveurs.

« En effet, ces équipements laissent des traces numériques sur le NET et ces traces digitales sont récupérées par les GAFAM et nous sont revendues « enrichies » après traitement comme exactement nos matières premières (agricoles, minières, …) que nous vendons moins chères et que nous rachetons très chères après valorisation de celles-ci », a-t-il argumenté.

En sus, il recommande la création d’un système d’exploitation africain, soit à partir d’une feuille blanche soit en se basant sur un operating system existant Open Source comme l’Android de Google. Enfin, l’Afrique devra investir dans les infrastructures de connectivités (câble sous-marins, VSAT, …) en créant son propre réseau internet.

Selon lui, c’est à ce prix que le continent, qui ne concentre que seulement 1% des centres de données, pourra avoir une Afrique Smart, une Afrique intelligente, une Afrique numérique, une Afrique Augmentée.

Anselme AKEKO

Anselme Akeko

Anselme Akeko

Anselme Akéko est journaliste ivoirien spécialisé en économie numérique. Passionné de web journalisme et de fact-checking, il est correspondant permanent de Cio Mag en Côte d'Ivoire depuis 2013.

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