Ce que tout le monde doit savoir sur la cyberpsychologie

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« Nous sommes encore bien loin de la reconnaissance de la cyberpsychologie », Dr Djalila Rahali

Première cyberpsychologue en Algérie, depuis 1999. Psychothérapeute et cyberpsychothérapeute spécialisée en addictions à internet (aux réseaux sociaux, jeux en ligne, smartphones et hacking). Ex conseillère de ministres chargée de l’e-communication. Chercheur en comportements des cybers délinquants et cybercriminels. Membre du Laboratoire des Moyens d’Investigation et Techniques Thérapeutiques des Troubles du comportement à l’Université d’Oran. Auteure de plusieurs articles autour de l’addiction à internet, et du passage chez l’algérien de la citoyenneté à la « netoyenneté » par des processus psychologiques. Activiste dans les opérations de sensibilisation des parents d’élèves et des écoliers en milieu pédagogique.

(CIO Mag) – La psychologie est actuellement en train de se digitaliser de plus en plus  en allant vers la numérisation des tests psychologiques ainsi que l’application des psychothérapies à travers internet. L’utilisation de la réalité virtuelle ainsi que la réalité augmentée pour guérir quelques troubles et quelques pathologies telles que la phobie, la dépression, l’anxiété post traumatique, etc. ; ne sont plus des manières de faire nouvelles. Ce passage de la psychologie classique à la psychologie digitale a un nom : la cyberpsychologie.

Cette dernière consiste à étudier l’impact des nouvelles technologies sur les comportements humains. Selon Dr Rahali « les nouvelles plateformes numériques surtout connectées ont valu l’émergence de nouveaux troubles psychologiques et psychopathologiques tels que le FoMO (anxiété de rater quelque chose sur internet), le selfitis (addiction au selfies», la cyberchondrie, l’addiction à internet et aux réseaux sociaux, le jeu pathologique en ligne, etc

Pour cette psychologue, « la cyberpsychologie gagne de plus en plus de terrain et touche actuellement même à la cybercriminologie. Tantôt elle est utilisée pour analyser les cyber-comportements des internautes en danger, surtout quand il s’agit de cyber-harcèlement, de cyber-escroquerie, de sextortion  ou de cyber-pédophilie ; et dans d’autres cas, elle peut être utilisée dans le domaine juridique pour aider la jurisprudence à comprendre mieux la personnalité de l’attaquant et les mobiles et motivations derrière son acte criminel commis dans l’espace cyber ». En ce qui concerne l’Algérie, Dr Rahali Djalila estime « que nous sommes encore bien loin de la reconnaissance de la cyberpsychologie comme spécialité à part entière ».

La cybercriminalité : ravage dans le milieu féminin

Pour information, le Dr Rahali a adopté cette discipline, il y a presque une vingtaine d’années, par des recherches scientifiques académiques en construisant son propre site web qu’elle a dédié aux consultations et conseils en ligne puis aux psychothérapies en ligne dans le cadre de la recherche scientifique. Elle ne s’est pas arrêtée là mais à travers ses nombreuses activités et conférences nationales et internationales, elle présente cette spécialité et met en exergue son importance au profit de la transformation numérique,  des investigations sécuritaires pour avoir des résultats plus rapides ; et même prédire les actes cybercriminels avant leur survenance.

La veille cyber sécuritaire sur les réseaux sociaux en se basant sur des éléments psychologiques sont, à son sens, importants surtout qu’elle estime que la cybercriminalité fait ravage dans le milieu féminin sur les réseaux sociaux et qu’elle est un réel danger pour certains jeunes qui se voient recrutés par des groupes cyber terroristes.

Dans ce contexte, Dr Rahali parle dans ses conférences de cyber profiling psychologique au profit de la société civile ainsi qu’au profit des cyber-agents et n’exclut pas que l’addiction à internet est sous-estimée quand il s’agit de comportements cybercriminels commis par des enfants, adolescents ou jeunes adultes (hackers criminels).

Élue parmi les dix personnalités qui contribuent au développement des TIC en Algérie, Dr Rahali espère aller encore plus loin dans ses recherches au profit de l’éducation au numérique dans les établissements scolaires à partir de l’école préparatoire ainsi que de la sensibilisation de la société civile, de la formation pour la chaire universitaire et aussi l’aide spécialisée pour la lutte contre la cybercriminalité et le cyber terrorisme. Une première en Algérie.

Youcef MAALLEMI – Alger

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