Les chiffres clés des levées de fonds en Afrique en 2023

4,1 milliards de dollars ont été levés par l’écosystème des start-ups en 2023. C’est ce que révèle le rapport de la société Briter Bridges sur l’investissement en Afrique. Ce montant est en baisse de 21 %, par rapport à 2022 qui a connu une ration de 5,2 milliards de dollars. Le point sur les grandes tendances de l’écosystème pour l’année écoulée !

(Cio Mag) – L’écosystème des start-ups en Afrique poursuit son ascension en matière des levées de fonds. En 2023, les jeunes pousses du continent ont mobilisé 4,1 milliards de dollars. Ce montant en baisse marque la fin d’une période de croissance linéaire du financement après la pandémie de 2020.

En effet, la diminution des tours de table de 21 % en 2023 s’explique par le ralentissement mondial des investissements en capital-risque sur l’échiquier international. Au cours de l’année écoulée, « les marchés mondiaux du capital-risque ont été touchés et des milliers d’entreprises ont été contraintes de fermer leurs portes », a déclaré Dario Giuliani, fondateur de Briter Bridges, une société de renseignement et de recherche fournissant des données et des informations sur l’évolution de l’écosystème des start-ups en Afrique.  

Répartition sectorielle

Le rapport « The Africa Investment Report 2023 » de Briter Bridges met en évidence le financement et les transactions dans les différents secteurs stratégiques des start-ups du continent. Ainsi, à l’instar de l’année 2022, les fintech ont dominé les tours de table avec une part de financement de 23 %. D’autres secteurs ont enregistré des scores inférieurs à 15 %. À titre d’exemple, la healthtech a atteint 12 %, l’éducation 10 %, l’e-commerce 6 %, la mobilité 6 %, les cleantech 6 % et la logistique 6 %. Pour Yann Azendegbe, analyste en investissement à Digital Africa, « outre les fintechs, l’agritech et la greentech gagneraient davantage de terrain en Afrique, car les startups sont capables de concevoir des modèles commerciaux compétitifs ou légers en actifs. »

Le Big four

En effet, sur 4,1 milliards de dollars levés en 2023, 68 % de l’ensemble de levée de fonds sont détenus par le Kenya (805 millions de dollars), l’Égypte (675 millions de dollars), le Nigeria (575 millions de dollars) et l’Afrique du Sud (565 millions de dollars). Les quatre pays consolident donc leur position en tant que « quatre grandes » destinations de financement en Afrique. « Cette croissance concentrée reflète l’attractivité de ces pays pour les investisseurs croissants en tant qu’épicentres régionaux pour les entreprises internationales cherchant à se développer sur le continent », note le rapport.

Situé en Afrique de l’Est, le Kenya maintient sa première position, soutenu par des initiatives privées et l’amélioration du climat des affaires. Depuis 2013, le pays met en œuvre le projet ambitieux « Konza Technopolis », visant à créer une ville intelligente conforme aux exigences technologiques et urbanistiques actuelles. Suite à son élection à la présidence, William Ruto s’est engagé à placer la promotion de l’entrepreneuriat et des technologies émergentes au cœur du développement national. Une autre stratégie qui suscite l’intérêt des investisseurs pour ce pays.

En outre, le rapport a répertorié 1 080 transactions au cours de l’année 2023. En termes de volume, le Nigeria occupe la première position avec plus de 250 transactions, suivi du Kenya avec plus de 160 transactions, de l’Afrique du Sud avec 130, et enfin du Ghana avec 65.

Les marchés émergents

D’autres pays ont sorti l’épingle du jeu. Il s’agit de la Tunisie avec 460 millions de dollars levé, du Rwanda avec 350 millions de dollars, de la République du Bénin avec 125 millions de dollars et du Sénégal avec 70 millions de dollars. D’autres pays comme l’Ile Maurice, la Tanzanie et l’Ouganda se taillent également leur propre niche dans le domaine de l’investissement. La montée des start-ups de ces pays est de bon augure pour l’écosystème africain. « Nous sommes convaincus que la qualité et le vivier de talents en Afrique continueront de croître.  (…) Cela incitera les startups à créer des produits en gardant à l’esprit le marché mondial », a déclaré Offiong Isyah, investisseur en microtraction, en guise de commentaire au rapport de Briter Bridges.

Le rapport complet ici

Enock Bulonza

Tech Journaliste et correspondant de CIO MAG en RDC

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