Mehdi Alaoui : « La Factory, ce n’est ni un incubateur ni un accélérateur »

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Crédit photo : Digitalbusiness.africa

Les startups et le numérique font partie de son ADN. Président de la commission Economie numérique de la CGEM, Mehdi Alaoui est aussi vice-président de l’APEBI qui organise l’AITEX. Dans cet entretien réalisé le jeudi 24 octobre pendant la quatrième édition du salon marocain, il explique ce qui fait la particularité de La Factory Digital, sa marque de fabrique.

Propos recueillis par Anselme AKEKO, à Rabat

CIO Mag : Expliquez-nous les objectifs qui ont milité à la création de La Factory Digital ?

Mehdi Alaoui : J’ai fondé La Factory Digital il y a quasiment trois ans, avec une prise de conscience que les incubateurs sont des outils pour pousser les jeunes à innover et être entreprenants. J’ai trouvé que cela était bien inspiré jusqu’à présent mais qu’il fallait transformer le modèle existant.

Pourquoi transformer ce qui est déjà bien inspiré ?

Parce qu’aujourd’hui on a besoin d’un continent qui aide ses jeunes de manière durable. C’est ça le concept de La Factory. Ce n’est ni un incubateur ni un accélérateur. Mais un hub d’innovations qui utilise la démarche d’open innovation (l’innovation ouverte). La démarche est extrêmement simple et claire : aider la startup à collaborer avec une grande entreprise étatique ou privée, et déployer de l’innovation via un contrat qui lui permet de se rémunérer. Tout le travail qu’on fait va tourner autour de ça. In fine, la startup décroche un contrat, déploie son innovation et gagne de l’argent.

Comment procédez-vous quand on sait les difficultés que rencontrent les startups pour gagner des marchés ?

Nous avons trois actions. La première action consiste à booster effectivement ces startups. C’est-à-dire les préparer via des programmes d’incubation et d’accélération. La deuxième chose, quand les startups sont prêtes, on les connecte avec les entreprises, pour identifier les besoins de celles-ci, et faire en sorte que ce type d’innovation soit déployée chez l’entreprise qui va leur offrir un contrat. Troisième action, quand elles ont deux ou trois contrats qu’elles déploient, on les finance de cinq mille euros jusqu’à deux millions d’euros. Via des micro-crédits, des dons, des prêts d’honneur. On a aussi créé un groupe de business angels dénommé « Angels for africa » dans lequel on a aujourd’hui vingt-deux investisseurs qui seront bientôt rejoints par dix autres.

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L’objectif, c’est de permettre à ces business angels d’investir dans ces startups qui gagnent en maturité. Elles vont avoir du capital en euro, frapper à la porte des entreprises, qui leur donnent des conseils pour les faire grandir. Il y a aussi la mise en relation avec des fonds d’investissement qui permet aux startups d’avoir plus de fonds pour aller sur le marché international.

A combien chiffrez-vous l’investissement que vous réalisez sur une startup via le groupe « Angels for africa » ?

L’investissement par startup part de cinquante mille euros à trois cent mille euros.

Dans le cadre de l’AITEX 2019, vous avez sélectionné des startups dont les trois lauréates qui ont été présentées ce soir [jeudi 24 octobre 2019, Ndlr] ? Pouvez-vous nous en dire davantage sur le processus de sélection ?

On a lancé un appel à projet qui s’appelle STARTEX, qui est divisé en trois étapes. D’abord l’Université d’été à la CGEM, puis ici à l’APEBI pendant l’AITEX, et ensuite à Emerging Valley, à Marseille. Ce qui veut dire que les meilleures des meilleures startups iront à Marseille. Sur une centaine de candidatures, on en a sélectionné vingt-cinq.

Tout à l’heure pendant l’après-midi, il y a eu un pitch à l’issue duquel on a sélectionné les trois startups qui ont été honorées ce soir. Ce sont : Lifi-Led Côte d’Ivoire ; Ciwa, une application d’origine marocaine qui permet de créer des tontines ; et Go Mobile du Maroc également. Cette dernière réalise des appels téléphoniques en masse pour délivrer de l’information, du recouvrement, le rappel des échéances, etc. Elle marche très bien, parce que l’année dernière, elle a réalisé six millions d’appels en Europe, et elle vient de commencer à l’international.

De manière générale, comment ces trois startups se sont démarquées des autres ?

Elles ont fait la différence par la team, c’est-à-dire la qualité de leur équipe, et leur niveau de maturité sur le marché.

Quelle sera la prochaine étape, après cette cérémonie de distinction ?

Il y aura une sélection pour Marseille. A chaque étape une sélection. Ce n’est donc pas sûre que les trois startups lauréates de ce soir iront à Marseille. Cette sélection sera faite avec Emerging Valley qui va sélectionner la startup qui lui convient.

Que deviennent les startups lauréates des éditions 2016 et 2017 de l’AITEX ?

Elles ont grandi, elles ont eu des contrats, des levées de fonds. L’évolution est très rapide, et ça va vite.

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