Rwanda : les vélos en libre-service, une petite révolution dans le transport

Le Rwanda a marqué l’actualité dans le domaine du e-transport au cours de ce mois de septembre, suite au lancement des vélos en libre-service à Kigali. L’intégration de ce mode de transport marque un nouveau tournant dans la lutte contre la pollution de l’environnement au pays des mille collines. Tony Adesina, fondateur de la société Guraride à l’origine de cette innovation, nous en dit plus sur ce nouveau projet ambitieux.

(Cio mag)- 80 vélos uniformément répartis sur 12 stations d’accueil connectées ont été présentés au public, par les autorités rwandaises et la société Guraride, à l’occasion du lancement de la première phase du programme des vélos en libre-service à Kigali, le 9 septembre dernier. Ce programme ambitieux du Rwanda s’inscrit dans le cadre de sa vision de 2030 pour la mobilité électrique.

« Nous avons décidé de nous lancer dans le transport vert aux cotés des infrastructures de bornes de recharge pour véhicules électriques en Afrique. Le Rwanda a mis en place des mesures pour développer une mobilité propre et le transport des biens, des services et des citoyens. », a déclaré Tony Adesina, fondateur de la société Guraride qui exécute le programme des vélos en libre-service au Rwanda.

« Nous avons actuellement 4 000 téléchargements, et notre fréquentation totale est de 1,700 utilisateurs, en tenant compte de notre phase de test qui a été réalisée une semaine avant le lancement. C’est un nombre qui augmente relativement quotidiennement », précise l’entrepreneur d’origine américano-nigériane, qui a fondé plusieurs sociétés actives dans le secteur des transports verts et l’e-mobilité.

Une initiative appréciée par le public

Après le lancement de ce programme, Kigali affiche une réelle volonté collective de s’adapter à ce nouveau mode de transport. « Depuis que nous avons mis nos vélos dans les rues, nous avons été émerveillés par l’intérêt que nous avons constatés de la part de tous les citoyens et de toute la population rwandaise », fait remarquer M. Adesina, au cours d’une interview exclusive accordée à notre média.

Pour l’entrepreneur, le choix du Rwanda était une évidence pour ce projet. « J’aime dire que le Rwanda est le meilleur pays au monde! Sur le plan pratique, en tant que pays avec une vision claire de devenir une économie verte, le Rwanda a mis en place des mesures pour développer une mobilité propre et le transport des biens, des services et des citoyens. Conformément à sa vision 2030 pour la mobilité électrique verte intelligente dans le pays, nous avons trouvé le Rwanda comme le pays le plus prêt d’Afrique ».

D’après lui, cet engouement observé autour des vélos en libre-service renforce l’engagement de Guraride à œuvrer pour « la durabilité des transports verts en Afrique afin d’aider les villes à réduire les émissions de carbone, la pollution de l’environnement et à rendre le transport de point à point plus pratique et abordable pour le public », ajoute-t-il.

Un message fort à d’autres Etats

Le recours à ce mode de transport à la fois propre, sain et à faible émission de carbone est un message fort que le Rwanda lance à d’autres Etats d’Afrique face à la pollution de l’environnement causée par la croissance démographique et les énergies issues du secteur des transports. « L’Afrique subsaharienne, en particulier, connaît une révolution de la mobilité déclenchée par une urbanisation rapide et une forte croissance démographique qui se traduit par une répartition massive de la population. Par conséquent, les gouvernements dépensent maintenant beaucoup d’argent pour répondre à la demande d’énergie toujours croissante dans le secteur des transports. Dans l’ensemble, ces facteurs imposent des coûts énergétiques élevés afin de soutenir la mobilité des citoyens et des biens au sein de nos pays », explique Tony Adesina.

« Les formes de mobilité propre telles que la micro-mobilité deviennent désormais les alternatives ultimes. Elles offrent plus de valeur ajoutée que de simples coûts d’énergie réduits. Elles contribuent également à un environnement plus propre et plus sain en réduisant les émissions de co2, en stimulant les économies locales et en offrant des opportunités d’emploi massives », poursuit-il.

Mais pour l’entrepreneur, des défis majeurs subsistent afin de pouvoir développer ce type de transports dans d’autres pays africains. « Premièrement, il y a un engagement politique limité en termes d’adaptation des politiques et des mesures qui facilitent cette transition à travers les nations africaines. D’autre part, il y a un manque de volonté de faire face aux adversités posées par le marché africain en matière de micro-mobilité. Par exemple, il existe une idée fausse répandue sur notre continent selon laquelle le vélo est pour les pauvres », déplore-t-il.

Pour autant, l’entreprise ne baisse pas les bras. Après le Rwanda, la société Guraride envisage étendre son réseau des vélos électriques dans tous les Etats de la communauté d’Afrique de l’Est, en vue de renverser les obstacles à la conduite imposés par le paysage des terrains et lutter contre la pollution de l’environnement.

Enock bulonza

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